Rencontre à Moyrazès avec Didier, ancien candidat aveyronnais de « l’Amour est dans le Pré » : sincérité, simplicité et humour

Vous connaissez Didier Marvesy? J’avais rendez-vous avec lui, ce vendredi de juillet, au restaurant « Les Coquelicots » à Moyrazès. Mais si, souvenez-vous, Didier, l’Amour est dans le Pré. Dans la saison 14 de cette emblématique émission, il y a six ans, nous faisions la connaissance de cet aveyronnais. Un personnage haut en couleurs à l’accent rocailleux, en mini-short et au parler nature.

Scène de vie ordinaire… ou presque, en terrasse

Je suis déjà installée en terrasse. je m’impatiente. Il est en retard. Didier arrive, enfin, d’un pas décidé. « Bonjour, tu vas bien ? » me lance-t-il avec son impressionnant débit vocal. Nous voilà à nous faire la bise et nous tutoyer, tout naturellement, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Les regards discrets de nos voisins de table ne laissent pas de place au doute. Ils l’ont reconnu.

Tout vient à point pour qui sait attendre

Connu et reconnu Didier l’est, indubitablement, depuis son passage sur M6. Tout a commencé le jour où « des amis m’ont inscrit à cette émission« . Premiers contacts ont été pris par la production. « Puis, plus rien. Mes copains insistaient pour que je rappelle; » Mais Didier ne voulait pas forcer le destin. « Un coup de fil sur le fixe, un an plus tard » allait changer sa vie. « Ma première candidature était trop tardive pour la saison 13. Le casting était déjà bouclé. Mais, ils m’avaient gardé sous le coude. Ils cherchent, toujours, des candidats qui ont un petit plus. C’est bon pour l’audience. Je l’avais. Je le savais pas ! » s’étonne -t-il encore.

Didier et son intérieur : des images inoubliables

Deux jours de repérages et de tournage auront suffi à l’équipe pour mettre en boîte le portrait de Didier, présenter son univers et filmer son intérieur atypique à Capdenac- Gare. « On n’en parle encore de cet encadrement de porte. Mais, depuis les travaux sont terminés ! » s’amuse Didier. Les photos qu’il me montre sur son téléphone font foi. « On me demande souvent les mêmes choses ! » Au rang des questions récurrentes, il y a l’incontournable Karine le Marchand… « Bien sûr qu’elle est belle ! » Mais nous ne sommes pas là pour parler de la jolie présentatrice..

Sincère et naturel tout au long du programme

Vedette ou pas Didier s’est présenté à elle, comme il s’est présenté à moi, dans sa tenue estivale préférée, un tee- shirt et ce fameux short court qui a marqué les esprits des téléspectateurs. « Je n’aime pas les bermudas. Alors pour trouver des shorts courts – je vais te dire, me lâche-t-il d’ un sourire malin – je les achète au rayon fille ! » Une confidence faite avec ce même naturel déconcertant transpirant dans tous les épisodes de l’aventure télévisuelle. « Pourquoi tricher? Je me suis présenté comme j’étais, caméra ou pas. Je n’avais jamais fréquenté de femme. Je l’ai dit. Mais je sais qu’il ne m’ont pas cru. Et regarde, depuis que je suis passé dans cette émission les jeunes osent dire qu’ils n’ont connu personne« .

Un ambassadeur de l’Aveyron à sa façon

Et Didier de poursuivre dans ses anecdotes accréditant sa spontanéité. « J‘ étais assis pour le speed dating. Je me lève et je me dis, là, mon Didier, tu es en train de perdre le pantalon. Je demande : y’ a pas quelqu’un qui a une ceinture? J’allais quand même pas tenir mon pantalon en disant à mes prétendantes : bonjour comment ça va ? » note-t-il avec le bon sens paysan qui le caractérise. « J’ai vécu cette aventure normalement. Je n’ai pas joué un rôle. Après j’aurai aimé que ça marche mais ça ne l’a pas fait, c’est comme ça » déclare Didier qui poursuit « Et rien ne m’a gêné ou ne me gêne ! » . Pas même, d’ailleurs, les sous-titres que la production a jugé indispensables pour comprendre tous ses propos. « C’est vrai, je parle vite. Même moi, quand les gars du son me faisaient ré-écouter, souvent, je t’assure, j’avais du mal à me comprendre. » commente-t-il avec beaucoup d’autodérision. Sa sincérité, son authenticité, et son honnêteté ont crevé l’écran, sans aucun doute. Elles ont attiré quelques moqueries, mais surtout un énorme capital sympathie. Cet Aveyronnais est devenu, par là même et à sa façon, un ambassadeur de notre département. « Ambassadeur? Oui, un peu… Parce que je suis Didier de l’Aveyron ! »

Être soi-même en toutes circonstances

Didier « ne regrette rien » de cette aventure.

« Je n’étais jamais sorti de chez moi, aborder une fille m’était impossible et même encore, car je suis très timide.

Timide, toi ? Pourtant tu as vécu ton aventure sous les caméras ? » lui fais -je remarquer.

Oui mais c’était les filles qui venaient à moi et non l’inverse. , Et ça change tout, c’est beaucoup plus simple. Pas de risque de râteau, tu comprends! » souligne-t-il justement.

L’une de ses prétendantes aura vécu deux ans avec lui . « C’est elle qui est partie. J’avais bien conscience que ça ne pouvait plus continuer » avoue-t-il, avec lucidité. Après cette séparation, Didier a noté sur les réseaux sociaux « l’incroyable nombre de voyants qui prédisaient une issue fatale dès le début de cette relation. C’était une jolie femme, mais ce n’est pas parce que l’on est agriculteur avec un physique très moyen que l’on ne doit rencontrer que des « thons ». Je te dis ça, tu l’arranges comme tu veux. Mais si j’ai pu donner espoir à quelques hommes comme moi, tant mieux ! » se réjouit-il. Une seconde belle histoire, hors caméra, avec une prétendante éconduite par un agriculteur (saison 17) a ponctué, plus discrètement, le quotidien de Didier. Mais c’est terminé. Son état d’esprit est différent maintenant. « Je ne cherche plus. Si ça doit arriver, ça arrivera. » conclue- t-il fataliste.

Didier fait, maintenant, joyeusement rimer célébrité et simplicité

Gérer cette soudaine notoriété n’a pas toujours été facile. Ce n’était pas tant pour lui, mais « quand tu es avec ta compagne, que sans cesse on t’accoste. On te demande des photos… La personne qui est avec toi subit ». Désormais célibataire et heureux retraité- il a vendu ses 50 à vaches à veaux- Didier profite de plaisirs simples. « J’ai quatre chevaux de trait, je jardine, je marche, je passe mes week-end avec les copains, je me repose… Pour moi, maintenant , tout est simple ». Son seul mot d’ordre est « profiter de la vie ».

Didier à table à Tarbes

Didier invité d’honneur du comité à la fête de Moyrazes cette année

Cet impact télé trouve encore et toujours écho aux quatre coins du pays. Jusqu’à Moyrazès, puisque pour la fête votive, en mai dernier, il était invité par le comité. « J’ai rencontré des gens très sympathiques dans ce joli petit village. J’ai discuté, je me suis amusé, j’ai fait un tour de manège, avant d’être gentiment invité au repas ». Il sait parfaitement ce que l’on attend de lui et se prête facilement au jeu. « Si ça fait plaisir tant mieux. Je le fais de bon cœur et gracieusement. Tiens, je vais te raconter une indiscrétion. Une dame de Moyrazès m’ a dit que sa fille était fan de moi, elle avait ma photo sur sa table de nuit. Pour me le prouver elle est même allée la chercher et me l’a montrée; incroyable! » Comme quoi, Didier, ta popularité est grande et parfois insoupçonnable !

Didier, une vie riche de rencontres

Des évènements Didier en partage beaucoup. Il est régulièrement invité dans des discothèques, des fêtes, des manifestations, des marchés, des mariages… Et bien au delà du département. « Quand tu vas dans ces trucs, il te faut souvent un badge. Moi, je dis non, pas de badge. Je suis assez connu comme ça. Partout où je vais je m’amuse et c’est la condition pour que j’y aille. A Tarbes, par exemple, pour la fête, chaque année, il y a des soirées mémorables. Je ne manquerais ça pour rien au monde ! » Il a bien conscience de sa popularité et de ce qu’elle engendre. « Mais je ne suis pas là pour voler la vedette à qui que ce soit. Surtout pas ! » se défend-t’il. « Faire des rencontres, échanger, partager… C’est ça la vie et à tout instant ! » martèle-t-il. Et Didier de me le prouver sur- le- champ.

Deux, trois mots échangés : c’est ça la vie !

Laurent Bastide, le restaurateur, s’enquiert de notre satisfaction gustative. Il se confie, aussi, sur sa difficulté à recruter du personnel. Alors la conversation embraye rapidement sur la situation politique et économique du pays. Quand Dominique Bastide, son frère, se plaint de la chaleur « n’oublie pas de boire de l’eau » lui conseille-t-il. Au jeune apprenti qui part à la fin de son service, Didier lance un généreux « au revoir ! » et engage la conversation. « Ah mais tu travailles ici, tu fais quoi ? Tu es en apprentissage …. » Avec la jeune serveuse, il parlera agriculture … « Tu vois, avec les gens si tu es intéressant, ils s’intéressent à toi. C’ est pas grand chose, trois mots. Avant, ça, je ne le faisais pas. Avant, les gens ils s’en foutaient … Mais maintenant quand Didier te parle… C’est ça la vie et ça fait du bien. » s’enthousiasme-t-il..

« Tu as vraiment le tutoiement facile?

Ah oui, je tutoyais même mes profs. C’est pour ça quand je vais chez des gens, un peu… Enfin, tu vois, le maire par exemple, j’avertis : il se peut que je te tutoie. C’est pas volontairement , mais ça va arriver dans la conversation. Ce qui n’empêche pas le respect , mais c’est comme ça, ça part tout seul ! » justifie Didier avec son naturel désarmant.

Didier et Francis, l’amitié, aussi, peut se trouver dans le pré

Didier et Francis, une belle complicité

Depuis sa participation à l’émission Didier déplore « un changement énorme. Il n’y a pas autant de complicité qu’avant. Les agriculteurs ne se connaissent pas. Ils ne se rencontrent qu’au bilan. L’ambiance est différente, les téléspectateurs le ressentent. Nous, on se voyait, on ouvrait nos lettres ensemble. C’était des journées inoubliables. Quand un avait moins de courrier; on lui remontait le moral. » Didier avoue aussi être exaspéré « par certains candidats qui étalent leur vie privée sur les réseaux sociaux ». Il a gardé quelques contacts avec d’anciens participants de l’Amour est dans le Pré. Ils se retrouvent tous une fois par an. Mais Il a noué une amitié solide et sincère avec Francis de l’Aude. « Et ça, ça compte! » Tous les deux commentent parfois « l’Amour vu du Pré ». Il a aussi rencontré la candidat de Pont de Salars qui participera à la prochaine saison de l’émission. « Mais tu ne peux pas dire à un type, vas-y fais cette émission ou n’y vas pas. Il ne faut pas qu’il se compare à moi. On ne peut pas dire s’il aura de la popularité ou pas. » avertit sagement Didier.

Silence ! On tourne !

Quatre heure de l’après midi, déjà et nous sommes toujours attablés en terrasse.

« Bon Didier, il faudrait que je passe quelques images et vidéos pour illustrer l’article.

– Bien sûr je vais te montrer. Regarde, j’arrive comme ça et puis je salue les restaurateurs. Tu filmes, t’es prête?« 

Le voilà metteur en scène, décidément Didier n’en a pas fini de me surprendre !

Profitons en pour faire une photo avec des aînés de Moyrazès, qui se retrouvent au restaurant à Moyrazès tous les vendredis pour leurs parties de belote.

« Et dis ton article tu le finis avec un peu d’humour, non mais parce que si tu veux une blague… Tu sais pourquoi il ne faut jamais se mettre en couple avec une femme de ménage? »

– Non, Didier je ne vois pas… »

La réponse étant un peu grivoise je ne la donnerais pas ici, mais rien ne vous empêche de la laisser en commentaire!

Didier, un homme vrai

« Tu vois on est là, on a parlé de tout et de rien, on a passé une bonne après midi. » conclue Didier. Oui, une excellente journée. Merci Didier pour ta confiance, ta sincérité, ta simplicité, ton bon sens . Des qualités de cœur que certains auraient, bien tort, de confondre avec de la naïveté. Tu es un homme aussi sensible qu’altruiste, bienveillant que drôle, généreux que truculent, très touchant et attachant. Pour tout cela tu mérites les honneurs de ma Gazette et de ses lecteurs.