Festival des Livres, La Fouillade, un village plus que jamais à la page !

Samedi dernier, jour du « Festival des livres », le village de La Fouillade écrivait une nouvelle page d’un beau roman. C’est, en effet, une belle histoire qui le lie au public depuis 27 ans. Séances de dédicaces, rencontres avec les auteurs, ateliers créatifs… Je vous invite à une promenade dans les allées de cette belle manifestation. Ici, on flâne, on échange, on discute, le temps s’écoule au fil des pages…

Au fil de l’histoire…

Cet événement littéraire, en milieu rural, s’est imposé, en presque trois décennies, comme incontournable dans le paysage culturel aveyronnais. Jean-Louis Pesh, père de « Sylvain et Sylvette » – disparu depuis – est à l’origine de sa création. Il habitait le village voisin de Bor. Il y a deux ans une nouvelle association « Festi’livres » a pris en charge la gestion de ce festival. Il est depuis « plus axé sur les livres que sur la BD« . Son président est Michel Lombard. Une armada de bénévoles et de bonnes volontés du village s’investissent dans sa préparation et sa logistique le jour « J ».

Un festival qui a bonne presse

Cette année, 70 auteurs avaient répondu à leur invitation. Parmi lesquels, des journalistes et écrivains à l’accent pointu, connus et reconnus. qui n’ont pas été déçu de leur voyage ! Ils saluaient d’une même voix, cette « ambiance bonne enfant ». Ils le confessaient volontiers : « Ici on est un peu comme en vacances ! «  . L’accent chantant du Rouergue, du Lot, du Tarn, du Cantal y était aussi très présents. Ces habiles plumes qui dépeignent leur terroir dans des romans, le magnifient dans des récits historiques, le révèlent dans des recettes de cuisine … y ont toujours rendez-vous avec leurs lecteurs. Les touristes en sont curieux et les habitants du secteur toujours aussi friands. . Qu’ils jouent de leur inspiration poétique, historique, biographique, qu’ils s’affirment au travers de récits fantastiques, de contes pour enfants, les locaux de l’étape jonglent, habilement, avec les mots, citons : Michel Lombard, Maxime Roumagnac, Eve Abad, Bruno Delmas …

Droit au chapitre du public

C’est bien là, la force de ce festival, un mélange des genres, mais toujours qualitatif . De quoi nourrir généreusement cet esprit familial, convivial et sympathique, marque de fabrique de ce bel événement littéraire en ouest Aveyron. Le défi a, donc, été parfaitement relevé par la nouvelle équipe. Ainsi, ce samedi de juillet signait l’aboutissement de plusieurs mois de contacts, de travail et d’organisation rondement menés. Une ambiance, une simplicité, une proximité que les visiteurs apprécient. La réputation du festival dépasse largement les frontières du département. Ce couple de touristes et leurs enfants, en vacances à Villefranche, le confirme. « Ici on mesure ce qu’est une frénésie. C’est difficile de faire des choix, difficile de résister à la tentation, tant pour nous que pour les enfants. Alors, nous allons faire un énième tour, histoire de ne pas avoir de regrets! »

L’envie de croquer, une passion dévorante

Il fallait être patient autour des stands des bédéistes. C’était le seul moyen d’obtenir le graal : une dédicace personnalisée de la plume de son dessinateur. Philippe Laffitte n’a pas laché son crayon de la journée. « Bibi Fricotin ? Mais mon père lisait cela, je pensais que cela n’existait plus ! » s’étonnait une sexagénaire devant son stand. « Bibi Fricotin a plus de 100 ans. J’en suis le dessinateur depuis deux ans. Jean Tibéri, également auteur des Pieds Nickelés, en est le scénariste.. » répétait, amusé, Philippe aux visiteurs . Un public, ravi de cette plongée inattendue dans les souvenirs d’enfance. Philippe est naucellois d’adoption, il y vit et y travaille. Dessiner est sa passion.

Sur commande, avec beaucoup d’humour, il a croqués quelques personnages aveyronnais notoires, illustré traditions, événements locaux et patrimoine sur deux fascicules. Le premier en 2023 « On ira tous en Aveyron » et le dernier sorti en juin dernier « le Ségala dans tous ses états » sont des odes drôles et incontournables au département et à notre Ségala! Ségala , terre insoupçonnée mais manifestement incontestable « de champions en tous genres, irriguée par le Viaur barrière naturelle contre les doryphores« .

Auteurs et éditeur à livre ouvert

Philippe tout comme Eve Abad, dans un tout autre style nous ont fait les honneurs de la Gazette. Eve est auteur de livres pour enfants. Le dernier « Trouille noire » s’inscrit dans un registre différent. Il s’agit d’un polar. « Parce que les enfants aiment bien, aussi, se faire peur » justifie-t-elle. Comme chacun de ses ouvrages il se veut porteur d’un message…

La page du festival des livres 2025 est définitivement tournée mais elle aura forcément une place de choix dans le grand livre des souvenirs. 2026 nous promet de nouvelles rencontres avec ces belles plumes qui sont déjà au travail pour revenir chatouiller notre curiosité.