Sur son piton rocheux, la cathédrale de Rodez se dresse avec orgueil et majesté. Elle projette son imposante silhouette sur la place d’Armes. Les ruthénois sont fiers de ce clocher qui approche les 500 ans. Mais combien d’entre eux lèvent encore les yeux sur ce bel édifice ? Trop peu … Magali Sirac et Jackie Deverchy l’ont fait pour nous. Ils proposent à l’Évêché une exposition de dessins de gargouilles et chimères de la cathédrale. Ces dessins sont accompagnés de textes courts et percutants. Entrée libre à découvrir absolument.
Un monde chimérique au dessus de nos têtes
Ces créatures mi-humaines, mi-animales sont tout aussi fascinantes qu’énigmatiques, monstrueuses que poétiques, mystérieuses que grotesques. Les gargouilles se veulent protectrices. Elles assurent l’évacuation des eaux de pluie. Pour ce faire, ce sont des sculptures plus allongées que les chimères. Ces dernières sont décoratives, souvent inspirées de l’imagination collective ou de légendes. C’est donc un monde insoupçonné, fantastique et chimérique que les ruthénois ont au dessus de leur têtes. En effet, on recense plus de 200 sculptures sur les murs de la cathédrale de Rodez. Magali Sirac et Jackie Diverchy nous en présentent vingt et une.
Une rencontre, une exposition
« Cette exposition n’a pas été préméditée » se défend d’un large sourire Jackie. Comme il l’explique le projet est né d’une conversation on ne peut plus banale. » Magali me faisait remarquer que l’on ne prêtait plus guère attention au détails et à ce qui nous entoure. J’ai trouvé qu’il y avait là matière à interroger. » Un réflexe très naturel pour Jackie surtout lorsque l’on sait qu’il est professeur de philosophie dans un lycée ruthénois. « Puis j’ ai découvert les talents de dessinatrice et peintre de Magali. Elle s’était, déjà, intéressée au détails d’une gargouille. De là est née l’idée de cette expo. »

Magali, une artiste aux anges
Magali Sirac, ruthénoise d’adoption, est passionnée de dessin depuis son plus jeune age. Ce n’est pas son métier. Elle signe ici sa première exposition pour « redécouvrir ce que l’on ne voit plus ». « Les bâtiments du passé me parlent plus que les contemporains, confesse-t-elle, peut être parce qu’ils ont plus de détails. Là, on est sur des sculptures qui renvoient des émotions et ont un message à faire passer. » Cette exposition est une ode au patrimoine architectural. Elle est aussi un hommage aux bâtisseurs anonymes de ces cathédrales. C’est l’occasion de découvrir le talent de la jeune femme qui explique son travail ci-dessous.
Les mots de Jacky pour sublimer les dessins de Magali
Jackie a effectué, en vain, des recherches sur les gargouilles ruthénoises . « Il y a des recherches statutaires, mais rien sur les gargouilles , même les plus fins connaisseurs du secteur n’en ont pas! ». Finalement je dirais : c’est tant mieux ! Car, Jackie, l’amoureux des mots, a pu ouvrir grand la porte à l’imagination. De là est née son idée, d’offrir aux visiteurs des petits textes de grands auteurs français et d’autres tout aussi charmants de sa production. « Mais il ne fallait pas des textes longs, le plus important ce sont les dessins. » insiste-t-il. Cette farandole de mots accompagne à merveille la déambulation picturale à laquelle je vous invite, au cœur de l’ Évêché.
Si proches et si lointaines…
Ici, se décline toute une symbolique qui renvoie à la religion et à l’histoire (le Moyen Age). Une symbolique qui acte aussi « l’idée que ces gargouilles et chimères nous soient très proches. Il suffit de lever les yeux au ciel pour les admirer et très lointaines dans l’espace et dans le temps. Je n’avais jamais pris le temps de les comptempler, Magali nous permet de le faire. » la remercie Jackie.
« Ces arts décoratifs sont aussi une porte d’entrée à l’architecture gothique et l’histoire de la cathédrale. Une éducation au regard qui se fait dans l’enseignement » note Jackie. « Mais on accorde encore peu de place et de moyens à cette éducation artistique » déplore le professeur de philo.

Offrir un regard singulier
En 2026 la cathédrale fêtera ses 500 ans. Ce sera l’occasion de mettre en valeur et en exergue ce patrimoine. Certes, il traverse les siècles mais, malheureusement, sous l’oeil de moins en moins aiguisé des passants… Viollet Le Duc, architecte qui a dirigé la restauration de Notre Dame de Paris au XIXème siècle, disait : « Le dessin apprend à voir juste, à se souvenir de ce que l’on a vu et à donner corps à la pensée ». Magali nous offre généreusement, talentueusement d’un trait de crayon précis « un regard singulier sur ces ornements oubliés ».

L’Evéché se trouve, 13 avenue Victor Hugo à Rodez. On dit, parfois, qu’il n’y a pas de hasard… Victor Hugo est quand même l’auteur qui a inscrit, avec force, gargouilles et chimères dans la littérature et l’imaginaire collectif ….
Vous pourrez aussi découvrir le travail de Magali sur Instagram : les dessins de mg
Horaires d’accueil pour l’expo à l’Évêché
Du 28 juillet au 8 août 2025
Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi : 9h00 / 12h00
Du 11 au 17 août 2025
Fermeture exceptionnelle
A partir du 18 août 2025
Lundi : 9h00 / 12h00 et 15h30 / 17h00
Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi : 9h00 / 12h00 et 14h00 / 17h00
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