Où est Romain Assier? Ce père de famille de 45 ans, domicilié à Manhac, près de Baraqueville, est porté disparu depuis le 28 juin dernier. Un mois et demi d’incertitude, d’angoisse, de recherches ponctuées de lueurs d’espoirs, la dernière en date : ce lundi 11 août… Tel est le quotidien de sa famille et ses proches qui continuent inlassablement de le chercher.

Des questions, aucune réponse
Ce que l’on sait avec certitude est que le matin du vendredi 27 juin, en fin de matinée, Romain quitte son domicile de Manhac. A ce moment là, il est sensé être au travail sur un de ses chantiers. Il est ascensoriste. A partir de là, se posent les premières litanies de questions. Pourquoi se rend-t-il à l’aéroport de Rodez ? Pourquoi laisse-t-il son véhicule sur le parking ? Pourquoi part-il , ensuite, à pied en direction de Rodez ?
Les dernières images de Romain
Ce jour-là, c’est canicule. A marcher sous ce soleil de plomb, Romain est victime d’une insolation. En fin de journée, il sera secouru par les pompiers, non loin de l’hôpital de Bourran où il sera conduit. A 3h30 du matin, il est autorisé à quitter l’établissement. Les caméras de surveillance enregistrent, alors, les dernières images du quadragénaire. Romain est en short, torse nu, en claquettes avec un sac à dos. Puis plus rien. Un appel à témoin pour disparition inquiétante sera diffusé par la gendarmerie le 30 juin qui, depuis, poursuit les investigations. C’est donc, logiquement, dans ce secteur que famille et amis, rejoints par des bonnes volontés, organisaient, rapidement une première battue citoyenne.
Une première piste au bout de 15 jours
Quelques signalements seront faits. Un, en particulier, trois semaines plus tard, retiendra l’attention des proches de Romain. Un homme paraissant désorienté- correspondant parfaitement à sa description- a été vu le 14 juillet, vers 15 heures, place de l’église à Souyri, près de Salle-la-Source, tout près, aussi, de l’aéroport ruthénois. Une situation géographique qui pouvait accréditer une certaine logique… Romain aurait -il tenté de rejoindre l’aérodrome pour récupérer sa voiture ? C’est une hypothèse… Informée, quatre jours plus tard, de ce témoignage, famille, amis, connaissances, bénévoles orientaient aussitôt des recherches sur ce secteur. En vain.
Et l’espoir renaît…
Mais, trois semaines après la disparition de Romain la découverte de son sac à dos, par un agriculteur, derrière une cabane en bois- toujours dans ce même secteur- relançait tous les espoirs. Les deux jours de recherche aussitôt diligentés par les forces de l’ordre entre Onet l’Église et Souyri et la battue citoyenne, en suivant, ne donneront rien non plus, malheureusement.

Une rencontre intrigante et si…
Le dernier épisode, ce mardi 12 août, a eu une résonance toute particulière, très troublante et surtout extrêmement douloureuse pour les filles de Romain et leur maman Séverine. « Je me trouvais là, car les gendarmes avaient eu un signalement qui finalement s’est avéré fausse piste, toujours dans secteur entre l’aéroport et Souyri. » explique Séverine. « Nous étions près de l’endroit où a été retrouvé le sac de Romain, autour du lieu dit Veyrie. Dans ce coin boisé, je me suis enfoncée dans la forêt. Mes filles sont restées plus en retrait. Elles ont entendus du bruit, ont vu quelqu’un qui s’enfuyait. Elles lui ont couru après en criant « papa! » sans pouvoir le rattraper… Elles sont persuadées que c’était lui. » Alors hier, encore, famille et amis se sont retrouvés dans l’urgence pour une cinquième battue citoyenne. » Aidez nous à retrouver Romain » lançaient, une nouvelle fois, les proches du disparu sur les pages Facebook . « C’est très souvent dans l’urgence car, explique Aude, soit nous avons un temps de retard car les signalements nous parviennent quelques jours après, soit ils nous parviennent, immédiatement, auquel cas nous devons agir sur le champ ».

Un groupe pour retrouver Romain
Séverine se dit très entourée, bien au delà de son cercle personnel. « J’ai créé un groupe WhatsApp qui compte 90 membres et nous permet de communiquer et de nous organiser rapidement. Il y a beaucoup de personnes que je ne connais pas, qui ne connaissent pas Romain, ça en est même très impressionnant. Elles proposent gentiment leur contribution pour les recherches de terrain, la communication sur les réseaux, par exemple… Nous les remercions » . On peut l’entendre, autant de soutien, de solidarité et de bienveillance vont droit au cœur de cette famille. Aude, l’amie de Séverine mettra de côté les quelques appels malveillants de personnes qui profitent du malheur d’autrui, les témoignages fantaisistes et retiendra la volonté d’aider des voyants qui la contactent.

L’espoir, point culminant des montagnes russes émotionnelles
Tellement de questions se pressent dans leur têtes. « Mais je ne pense pas qu’il faille chercher à comprendre ni à trouver un raisonnement logique dans cette situation » confie Séverine « Moi, je n’ai d’autre but que celui de le chercher. Je suis uniquement dans l’action. Je ne cherche pas d’explications, ce n’est pas le moment. Je cherche juste Romain. On me dit : mais comment il fait pour manger, pour boire? Ce sont des questions qui , presque, m’agacent. On a dépassé la rationalité et je sais Romain capable de se débrouiller. Il connait bien la nature, il chasse, il pêche… Il est en mode « je me cache » et je le cherche. » répète-t-elle, inlassablement, avec cette conviction qui a eu, parfois, le goût du désespoir. « Ce sont de véritables montagnes russes émotionnelles. La découverte de son sac à dos m’a vraiment redonné espoir. Le témoignage du 14 juillet aussi, cela voulait dire qu’il avait su passer les grosses chaleurs… « confesse-t-elle. Aude avoue, elle « des moments de colère ou de découragement ». Mais elles persistent, toutes deux. « Ne pas savoir, c’est supporter l’insupportable, on s’épuise mentalement et physiquement. Mais on ne lâchera pas. »
Affronter au quotidien défis émotionnels et administratifs, une autre épreuve
Cependant la vie continue et faut gérer le quotidien. Il y a deux adolescentes désemparées, tristes, pour qui disparition rime si facilement avec abandon. » Je rempli la fiche d’inscription en lycée d’une de mes filles, pour le père je mets quoi? » s’interroge Séverine, décontenancée. Voilà juste un petit exemple de ces défis administratifs, juridiques ou économiques auxquels elle se trouve déjà confrontée, tous les jours. Des vicissitudes sociales qui ne font qu’alourdir le fardeau émotionnel enduré par cette famille: des enfants, des parents , des sœurs…
Un indice, un détail…Appelez !
Alors le moindre indice, le moindre détail – et peut-être tout particulièrement dans ce secteur ruthénois- compte. Appel est lancé à tous. Observez, ouvrez l’œil, tendez l’oreille, promeneurs, agriculteurs, chasseurs, vététéistes, locaux . « Même si vous n’êtes pas sûr, contactez la gendarmerie, appelez-nous (06 73 62 19 43).. Si vous le pouvez, prenez une photo » implore Aude. Contact gendarmerie 05 65 73 70 00 ou 17.
Un portrait de Romain

Romain Assier à 45 ans, il mesure 1, 92 M, il est de corpulence mince. Il a pour signe particulier une tâche sur le front. Romain est, avant tout, un fils, un père, un frère… aimé de sa famille, apprécié de ses amis, estimé de ses connaissances. Un garçon, unanimement décrit comme « foncièrement gentil« , dont l’absence pèse tellement et si cruellement…

