Baraqueville, sous le ciel du Ségala les limousines ruminent leurs rêves de gloire

Vendredi entre discours, visites d’écoliers et de lycéens, défilé des miss à quatre pattes et apéros interminables, le ton professionnellement sérieux et publiquement festif du concours National Limousin a été donné. Retour sur quelques épisodes et anecdotres de cet évènement agricole prestigieux.

A voir toutes ces voitures garées dans Baraqueville et dans les champs transformés en parking on devinait bien que ce week-end était tout particulier. En effet, le Concours National de la race Limousine a pris, ici, ses quartiers d’été jusqu’à ce soir, dimanche 14 septembre. La commune peut ainsi, et à juste titre, s’auto-proclamer capitale éphémère de la race. Un rendez-vous agricole et pas seulement…

Samedi la foule a encore afflué. Comme on vient à une fête de village géante mais ici, les bêtes à cornes tiennent le haut de l’affiche. L’ambiance était à son paroxisme lors de la vente aux enchères « Grand Cru ». Ce n’est pas fini, aujourd’hui, le concours se poursuit avec les grandes finales et la remise des prix.

Des mots simples pour une fierté immense

Vendredi en fin de matinée, les élus montaient à la tribune. micro en main. Et chacun de saluer l’évènement mêlant sérieux et clins d’œil. A l’image de Jacques Barbezange, maire de Baraqueville qui se réjouissait d’accueillir cette manifestation pour la 3ème fois. « Trois étoiles! Plus que l’OM ! » lançait-il. Pour « ce véritable coup de projecteur sur la commune, le département et même l’Occitanie » l’édile soulignait « sa fierté et celle de son équipe municipale ». « L’agriculture fait partie de l’ADN économique du Ségala et nous avons les infrastructures et mettons des moyens tant logistiques que financiers pour mettre en avant cette excellence. » notait-t-il.

Karine Clément, présidente de la Communauté de Communes Pays Ségali, a elle aussi salué « cette opportunité pour le territoire du Ségala, sauvage de caractère. » Heureuse de voir l’Espace Raymond Lacombe rénové et agrandi accueillir un tel concours, elle a insisté sur « le dynamisme du territoire. » N’oubliant pas de remercier « bénévoles, partenaires et surtout éleveurs » dont le travail est ainsi mis en lumière.

Arnaud Viala, président du Conseil départemental, a partagé cette fierté. « Dans le département on aime quand le National nous rend visite et nous inspire. C’est un honneur. On aime aussi inspirer le National et dans le contexte actuel , on a bien besoin de le faire, car le bon sens et le pragmatisme manquent à beaucoup de décisions. » Il a donc appelé à « serrer les rangs et à rester fédéré autour de ce qui nous rassemble ». Défendant « une agriculture nourricière et fière de ses valeurs », il a assuré que « l’ agriculture aveyronnaise continuera à tenir pavillon haut face aux détracteurs idéologues qui cherchent à l’abîmer. »

Le président national de la Race Limousine, Jean-Marc Alibert a remercier les élus et la population « pour leur accueil chaleureux et leur accompagnement. »

La préfète de l’Aveyron, Claire Chauffour- Rouillard a conclu les interventions officielles en rappelant « l’importance de cette race d’excellence » présente dans plus de 80 pays et souligné « la force de son empreinte territoriale. »

Dans les allées, des rencontres au poil

Après les discours les officiels ont pris le temps de flâner dans les allées. Là, ils ont serré des mains, échangé avec les éleveurs, caressé des museaux et fait plus ample connaissance avec les vedettes du week- end: Choupi, Ténor, Tourmante, ADN… Charmeuses aux regards doux et à la prestance indéniable autour desquelles les éleveurs parlaient conformation, aplomb, largueur du bassin avec cette passion fortement revendiquée.

Du pain béni pour le Ségala

Le concours National attire aussi bien au- delà de nos frontières. Comme le soulignait le maire, ce week- end, on croisera dans les allées des visiteurs venus de pays étrangers J’ai d’ailleurs assisté dans une boulangerie baraquevilloise à une scène savoureuse. Des danois qui commandaient « some bread and sandwiches » . L’employé de la boulangerie fort de trois mots d’anglais qu’il avait en réserve et d’une facilité gestuelle a fait front. Il a même noué en franglais le dialogue avec ses clients « Ah vous êtes from (de) ? Vous english? là pour les vaches?  » « Oh yes danois pour limousines Baraqueville! ». confirmait le jeune homme. Preuve indiscutable que Baraqueville est fin prête à accueillir le monde entier!

Quand les limousines roulent des mécaniques

Puis la délégation officielle s’est dirigée vers le grand chapiteau, là où battait le cœur du concours: le ring. On aurait presque pu se croire à Cannes. Oh bien- sûr pas de tapis rouge, pas de star en robe de soirée mais des limousines qui avançaient la tête haute sur un sol doré et sablonneux. Les éleveurs guidaient avec une fierté discrète leurs belles. Et dans le public les commentaires fusaient, ça opinait du chef, ça chuchotait  » belle bête » ou « Ah celle-là elle ira loin ». Le tout avec une ferveur comparable à celle d’un supporter sur le bord d’un terrain!

Les élus du Pays Ségali au rendez-vous

C’est aussi la vitalité de tout un pays et sa convivialité que les élus sont heureux de partager lors de ces grandes manifestations. A la vôtre Messieurs les maires !

Jackie Serieys, présidente de cette belle manifestation annuelle que sont « les Boeufs de Pâques de Baraqueville a également arpenté les allées du Concours National du Limousin vendredi , samedi et y sera encore dimanche. Rien de plus naturel pour cette ardente défenseur de la cause agricole et de l’élevage. Ceux qui la connaissent, le savent « prendre le taureau par les cornes » pourrait être sa devise. Christophe, son compagnon participait aussi à l’évènement.

En visite au pays des limousines

les écoliers de Lardeyrolles

Le vendredi le concours ouvrait aussi ses portes aux écoliers et aux lycéens. Des ribambelles de gamins débarquaient en grappes, prêts à conquérir le terrain. Ils avaient délaissé leurs cartables le temps de faire plus ample connaissance avec ces géantes rousses. Pas de dictée, pas de maths pour cette matinée de classe pas comme les autres mais des éleveurs prenant le temps d’expliquer la musculature, les cornes, les mamelles…. En écoutant les audios ci- dessous vous constaterez que les enfants ont été attentifs! Certains enfants-rares certes – n’avaient vu une vache au plus près que sur un livre de coloriage! Ils se retrouvaient nez à mufle face à Venise ou Ulrich qui les regardaient placidement en ruminant comme si de rien n’était. Les plus hardis tentaient une approche, une timide caresse…Les enfants ou voisins d’agriculteurs affichaient une assurance qui décontenançait les plus méfiants. Les plus petits restaient impressionnés face à ces gigantesques fessiers. Une leçon de choses, grandeur nature, une parenthèse pédagogique dans l’odeur du foin et la chaleur des bêtes au cœur du Ségala, il n’en fallait pas plus pour semer quelques graines de curiosité. Parmi ces jeunes visiteurs, les écoliers de Lardeyrolles ont apprécié cette sortie. Voilà quelques commentaires audio et très spontanés signés Agathe, Alice Léonie Shanna, Louis et Malo.

A l’heure de l’apéro, celui qui passe trinque!

Partenaires et entreprises venues exposer leur savoir- faire sont aussi de précieux alliés pour les éleveurs. Entre deux limousines on croise un concessionnaire, un technicien, un banquier… On parle, ici, technique, innovation, finances, génétique, alimentation… Car ce concours national est aussi une vitrine de toute la grande famille agricole. Mais quand les vaches bien repues se couchent sur la paille fraiche. Quand le grand public s’est éclipsé, ce n’est plus tout à fait pareil. Les hommes reprennent la main.

Autour des stands, c’est l’heure de l’apéro. On sort les verres, les bouteilles circulent et celui qui passe là se fait forcement alpaguer. Je peux en parler en connaissance de cause. Vendredi soir, alors que je photographiais les protagonistes de mon histoire pour illustrer ce sujet, un « aller viens donc trinquer! » était lancé à mon encontre. Invitation à lever le coude à laquelle j’ai, fermement, tenté de résister, bien sûr. Sans succès. Voilà d’ailleurs ce qui m’a empêché d’écrire ces pages vendredi soir: deux bonnes doses de Salers qui ont eu raison de ma prose ! Bref, on ne peut pas refuser. alors on s’attable, on grignote et on se retrouve à parler aussi bien du pays que de l’avenir ou de considérations hautement philosophiques. Ce sont des moments délicieux d’échanges où les langues se délient, où les soucis s’évaporent où l’on refait le monde entre deux rondelles de saucisson et une chiffonnade de jambon… Un épisode nocturne joyeux qui fait que demain sera forcement mieux puisque on en a décidé ainsi un verre à la main. Merci à ceux qui m’ont si gentiment accueillie.

Le bonheur est aussi dans le prix

Aujourd’hui , le concours entre dans sa phase finale. Le jury dévoilera le nom des plus belles limousines (en début d’après midi). Pas de strass, ni de talons aiguilles pour ces miss mais de la paille dorée et des sabots bien plantés. Le public est attendu nombreux pour ce dernier jour. Puis chacun repartira. Toutes ces belles retourneront avec leurs éleveurs ruminer leur bonheur dans les prés.