Baraqueville, pluie fine et limousines divines, clap de fin sur le concours

Dimanche pluvieux, concours heureux

Sous le chapiteau, malgré un ciel capricieux, dimanche, se clôturait, joyeusement, le concours national des limousins. Récompenses ferveur populaire, cette manifestation restera, incontestablement, dans les mémoires ségalies et bien au-delà!

La convivialité au rendez-vous

Au chapitre des souvenirs s’inscrira, également, la soirée du samedi « mémorable et particulièrement festive » si j’en crois les confidences de certains participants dont je tairais, ici, le nom. Leur réputation étant en jeu… Le service de restauration a mis les petits plats dans les grands durant tout ce concours. Pas de temps morts non plus à la buvette !

Ce dimanche, autour du ring, les belles limousines avaient un dernier rendez-vous : la remise des récompenses. La pluie fine, mais tenace, a cru pouvoir jouer les trouble-fêtes… Il n’en fut rien! En haut Ségala, on ne se laisse pas impressionner par trois gouttes quand il s’agit de célébrer les reines du pâturage.

L’élite limousine à l’honneur

Tout au long de l’après-midi, les animaux se sont succédés sur le ring avec une prestance remarquable. Les six juges, tous éleveurs, ont scruté, durant ces quatre jours, chaque détail pour opérer leur sélection : le meilleur du meilleur. La rectitude d’un dos, la finesse d’une attache d’épaule, la longueur d’un garrot.. Rien n’a échappé à ces experts. Autant de qualités qui rapprochent certaines bêtes « d’une forme de perfection » comme le soulignait avec enthousiasme l’animateur de la cérémonie. A noter qu’une femme figurait dans l’équipe du jury. Preuve que la profession se féminise et que les regards changent. Une évolution d’ailleurs saluée par tous, au diapason de l’excellence présentée sur le ring.

De la paille aux paillettes

Ce sont ainsi plus d’une trentaine de limousines qui ont été distinguées dans diverses catégories : viande, génisses reproducteurs… Parmi elles, quelques vedettes qui ont su se faire remarquer. Victoire au nom prédestiné, Ultima au port altier, Pocahontas, belle aventurière, Tic-Tac parfaitement dans le tempo, Piquette dont le nom cache celui d’un grand cru ou encore Pernelle solide et fière et tant d’autres ! Soulignons également les performances de l’aveyronnais Pierre Calmelly véritable ambassadeur de la race limousine à travers la France. Bien évidemment il a été récompensé à Baraqueville.

Quand l’excellence fait vibrer le public

Tout autour de ces élégantes femelles et puissants mâles, l’ambiance était bonne enfant. Le public se massait dans les tribunes et le long des barrières. Chacun tenant sa place pour ne rien manquer du spectacle. Les applaudissements fusaient à chaque passages, bêtes et éleveurs méritaient bien un traitement de champions !

Un jugement d’orfèvre pour trancher

« Un concours est avant tout une compétition et le rôle du jury est difficile. mettre en avant les meilleures et à travers elles le travail des éleveurs n’est pas une mince affaire » expliquait un des responsables du concours. « Face à ces animaux tous d’un niveau exceptionnel, trancher demande un œil exercé, de la rigueur » ajoutait-il justement.

Sur le ring, il y avait aussi le banc des officiels.

Le maire Jacques Barbezange a redit « son plaisir et sa fierté » pour « ce concours qui fait rayonner tout un territoire. »

Karine Clément, présidente de la Communauté de Commune Pays Ségali, ne cachait pas son admiration devant « la beauté des animaux et le nombre de visiteurs ».

Le sous préfet faisait, lui, part de « son plaisir et de l’honneur à participer à cette manifestation. » Il a remis au grand vainqueur un superbe vase de Sèvres. Puis il a tenu en son nom propre et celui du Président de la République à saluer « le travail colossal des éleveurs et des organisateurs ».

A chaque remise de prix, un élu ou un représentant de la race Limousine félicitait et remettait le prix à l’éleveur. Une pointe de solennité pour souligner, à la fois, la reconnaissance de la filière et le soutien des institutions

Écouter et entendre la voix des champs

C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Pascal Mazet, conseiller régional. « Ce concours est une vitrine de l’élevage français et du savoir- faire de nos agriculteurs. La région Occitanie avec sa présidente Carole Delga est aux côtés de toutes nos filières agricoles pour défendre la diversité, la qualité et le travail de ceux qui nourrissent notre pays ». Et de conclure avec ce message, empreint de bon sens : « Soutenir les éleveurs, c’est aussi manger français. »

La promesse d’un bel avenir

La cérémonie a également été l’occasion de mettre en lumière des élèves du Lycée La Roque. On les a vus partout depuis jeudi : aux côtés des éleveurs, dans l’organisation, à la logistique, attentifs et appliqués, mettant la main à la pâte (la patte serait plus appropriée!) avec une énergie communicative. Leur investissement a été salué par tous. « Cette équipe de jeunes déjà très professionnels donne confiance en l’avenir et montre que la relève est bien là » se félicitaient leurs aînés.

Stands pliés, camions chargés, souvenirs embarqués

Puis le rideau est tombé alors sur cette belle édition 2025 du Concours National Limousin. Juchés sur les escabeaux les exposants commençaient à démonter leurs stands, on roulait les banderoles, on échangeait les dernières poignées de mains, le dernier verre… Sur le parking, le ballet bien orchestré des camions débutait. Les reines d’un week-end reprenaient le chemin de l’étable …. Les éleveurs se saluaient déjà nostalgiques de refermer cette belle parenthèse…

Les risques du métier

Moi, j’ai encore sous la semelle de mes chaussures- pas vraiment appropriées à cette aventure champêtre- la preuve éclatante que j’ai marché au plus près de la vérité de ce concours… Il parait que cela porte bonheur. A voir les sourires des éleveurs, les applaudissements du public et la fierté qui flottait encore sous les Espaces Raymond Lacombe en soirée, je crois bien que ce bonheur là nous l’avions, déjà, tous partagé !