Baraqueville, la chorale joue sa partition joyeuse « Au Fil des Chants »

Mercredi soir, j’avais rendez-vous à la répétition de la chorale de Baraqueville Au Fil des Chants. « Juste en dessous de la mairie » m’avait indiqué Viviane une des choristes et responsable du groupe. Précision utile quand on a mon sens de l’orientation. Je m’avançais, donc, un peu à l’aveugle, ,quelques notes de musique s’échappaient d’une porte grande ouverte. Voilà donc la fameuse salle du Fauteuil Rouge. Il est 20h 30 et les murs résonnent d’une harmonie de voix.

Trois, quatre… On reprend !

Au piano, sourire aux lèvres Émilie Combret, la cheffe de chœur du groupe, mène, gentiment, depuis février 2025 tout ce petit monde à la baguette. Une baguette que l’on devine plus magique qu’autoritaire. Devant elle, une trentaine de choristes- sérieux comme des premiers de la classe- les yeux rivés sur leur partitions, donnent de la voix sur un tube de JJ Goldman. Trois, quatre…d’un accord de piano Émilie ramène tout le monde à la mesure. « C’est bien on la tient presque » Et comme il faut monter en gamme, Émilie lance un nouveau défi à sa joyeuse troupe « Mon pays de Christophe Mae. C’est plus difficile mais on peut le faire . C’est aussi ça la chorale une réinterprétation. » encourage-t-elle.

Jurée d’un soir dans le fauteuil rouge

Un léger brouhaha remonte des rangs, entre chuchotements et rires nerveux. Chacun ajuste ses cordes vocales . « Le refrain est un peu bas, le couplet un peu haut mais enfin on n’est pas à The voice, pas de pression inutile. » rassure Émilie. Pourtant, assise dans mon fauteuil rouge, je me tenais, pourtant, prête à me retourner. Preuve que la chorale avait déjà gagné son audition et ses premières notes de gloire dans la Gazette.

Quand le chant prend la clef des champs

C’est un début prometteur, le succès s’annonce crescendo. Dans les semaines à venir deux concerts sont prévus. En novembre, les choristes baraquevillois se produiront à Camboulazet. Ils partageront l’affiche avec La Croche-chœur de Saint Juéry. Mais leur grand marathon vocal sera à Baraqueville le 28 décembre, salle d’animation. Sur scène, 150 choristes seront réunis. Tous sont membres des quatre chorales dirigées par Émilie : Baraqueville, Sébazac, Olemps, Pont-de-Salars ).

Une partition de bonne humeur

Pour la trentaine de choristes baraquevillois, voilà un vrai challenge : un peu plus de deux mois pour apprendre quinze chansons à raison d’une répétition hebdomadaire (en alternance le mardi et le mercredi). Caler les harmonies, répéter les refrains dompter les notes rebelles, noyer les fausses, c’est tout un art. « Mais ces séances sont avant tout des retrouvailles et que du plaisir ! » insiste Émilie. Une philosophie qui se lit dans les sourires et l’enthousiasme de chacun. Ici, on joue d’abord la partition de le bonne humeur.

Entre refrains et émotions

La variété française est à l’honneur sur les pupitres. Pour le spectacle de Noël, Émilie tient « à ce que ce ne soit pas un répertoire trop cliché, même si, bien sûr, quelques chants de Noël se glisseront entre deux tubes : Un homme heureux de William Sheller, Il faudra leur dire de Cabrel ou encore Sauver l’amour de Balavoine. La majorité des morceaux mettra en avant l’amour, le partage, la solidarité… » commente-t-elle.

Bons élèves et sympathiques trublions

« Et les devoirs alors? » Sournoisement la question me taraudait. Chaque choriste a son classeur de chanson, certains ont même des pupitres. Comme à l’école, c’est certain, il y a les élèves studieux et les plus taquins. On devine que le sérieux a pris ses quartiers du côté des dames. Quelques unes, d’un air complice me le confirment : « on répète tranquillement et assidument à la maison ». Du côté des ténors, un monsieur confesse, sous les rires de l’assemblée, qu’il fait ses vocalises… sous la douche. A chacun sa technique, le tout est de trouver le ton juste… ou presque !

Pour rester au diapason de la bonne humeur Viviane raconte : « Tous les trois mois on fête les anniversaires autour d’un gâteau et en juin on fait une sortie ». Et si la chorale n’était qu’un prétexte?

Gisèle et Yvette jouent la symphonie du bonheur

22h30, à la sortie, je rencontre Gisèle et Yvette, un joyeux duo baraquevillois. Ces dames font encore vibrer leurs cordes vocales mais dans des bavardages bien accordés . Yvette, d’un ton espiègle, s’amuse : « J’ai intégré la chorale en 2019, puis il y a eu le Covid, pause forcée évidemment. » Sa particularité ? Elle chante avec les ténors. C’est plutôt rare, les femmes sont généralement soprano ou alti. « Mais je ne vais pas m’en plaindre ! » s’enthousiasme-t-elle. « Les messieurs m’ont gentiment adoptée dans leurs rangs. »

Gisèle, elle, connait bien la chanson, forte de 25 ans de chant choral, elle a rejoint Au Fil des Chants à sa création, Il y a 20 ans. « Je partage cette fidélité d’autres membres comme Michèle Ginestet de Lardeyrolles. » ajoute-t-elle . En deux décennies Gisèle a engrangé les souvenirs comme autant de refrains pétillants. « Je n’oublierai jamais ce formidable week-end à Laguiole, ni la fête des 10 ans de la chorale à Carcenac. C’était génial ! » s’exclame-t-elle. Et, Gisèle de conclure : « Ce que j’apprécie le plus, est ce plaisir de chanter à plusieurs voix. » Alors qu’elle s’ apprêtent à quitter la salle, elles me glissent malicieusement :  » Pour les répétitions on co- voiture, on est voisines. Mais ce sont toujours les messieurs qui prennent le volant pour conduire les dames les soirs de concert !« 

On imagine tout ce petit mode sur la route. On devine les refrains qui s’échappent de la fenêtre, les rires qui ponctuent les fausses notes et peut- être la pointe de tract qui se fond dans cette joyeuse harmonie. A l’unisson, Yvette et Gisèle l’affirment : « Dans ce groupe on ne pleure pas ! » Mais non mesdames, j’ai bien compris, dans ce groupe on chante et on enchante, emportés par toute la magie de la baguette d’Émilie….