Un tragique accident de la route survenu, en fin de semaine, à Baraqueville a emporté Louan Bargues, à l’aube de ses 18 ans, originaire du village voisin de Vors. Ce drame a touché tout notre territoire, semant tristesse et incrédulité sur son passage. « C’était quelqu’un de bien » disent, d’une même voix, ceux qui l’ont côtoyé. Cette simple phrase résume tout ce qu’il était : un jeune homme juste, sincère, passionné, travailleur et respectueux. De sa passion, il voulait faire son métier…
Louan, un stagiaire appliqué
Gérard Sudriès, éleveur naisseur-engraisseur, à Lédergues, ami de longue date de son père, se souvient de Louan « depuis tout petit ». Il l’a vu grandir s’épanouir. « Il marchait naturellement dans les pas de son père » assure Gérard, la voix chargée de souvenir et d’affection. La douleur et la tristesse résonnent , aujourd’hui, profondément au cœur de son foyer : « mon fils était aussi un ami de Louan. » Gérard avait accueilli Louan pour son stage de 3e. En une semaine, à peine, il avait été impressionné par « son sérieux, sa rigueur et sa capacité d’observation. Il apprenait très vite, était très attentif avec une envie sincère de bien faire. »
Louan, dans les pas de son père
Cette passion pour les animaux qui animait Louan, depuis son plus jeune âge, lui venait de son père, Aléxis , à la tête d’une entreprise de commerce de bestiaux. « Une véritable référence dans la profession » souligne Gérard. « Louan a été façonné à l’image de son papa. Il lui ressemblait beaucoup: droit, calme, posé, réfléchi et surtout incroyablement mature pour son âge. » insiste-t-il. « Il savait ce qu’il voulait ».
« Il y a trois semaines, son père lui avait confié une grande responsabilité : le représenter à la vente au cadran à Baraqueville pour acheter des bêtes. » Un moment que Gérard garde, précieusement, en mémoire. Il a été témoin de la confiance que Louan inspirait déjà. « Malgré son jeune âge, il montrait prudence et sens des responsabilités . Ses compétences lui valaient respect et reconnaissance. C’était vraiment une belle personne » . déclare Gérard qui peine à parler de Louan au passé.
Louan, un apprenti consciencieux
Depuis trois ans, Louan était en apprentissage chez Nicolas Andrieu, éleveur bovin à Naves de Manhac. Les deux premières années pour son BAC pro production animalière en alternance au lycée La Roque qu’ il avait obtenu, en juin. Actuellement, il suivait une nouvelle formation, toujours en alternance et chez Nicolas : il préparait son permis poids lourd..
Pour Nicolas , Louan était : « un garçon vaillant, discret et très sociable. Il faisait partie de notre famille. il mangeait avec nous tous les midis. Ma fille le considérait comme son grand frère… » raconte le père de famille. Une proximité si forte qu’elle rend cette absence d’autant plus douloureuse….
Louan, un jeune homme digne de confiance
« Il était parti pour réussir », affirme Nicolas, avec une émotion difficile à contenir. « Toujours attentif et sérieux, il ne comptait pas ses heures. Que ce soit le samedi ou pour assister à des concours et des évènements agricoles » poursuit-il témoignant de la confiance qu’il lui avait accordée.
Louan, quelqu’un de bien
Louan avait participé à la dernière édition des Bœufs de Pâques et plus récemment au Concours National des Limousines. Plus d’un avait déjà remarqué ses qualités, .Nicolas, lui, les mesurait, au quotidien. « Louan était raisonnable, posé et réfléchi. C’était un garçon qui savait ce qu’il voulait et avançait avec assurance. C’était vraiment quelqu’un de bien. » conclut-t-il, simplement.
Louan, un fils, un grand frère…
Prudent, respectueux, Louan inspirait confiance par sa manière d’être, son calme et son sens des responsabilités. De son père, Aléxis, il avait hérité la rigueur et la passion du métier. De sa mère, Émilie, infirmière, il tenait l’attention, la douceur, l’humanité. Entre les deux, il se forgeait une solide personnalité. Il était aussi un grand frère attentif et présent. Un jeune homme, à la fois, solide et sensible, raisonnable et généreux entouré d’amis.
Louan, 18 ans des rêves brisés à jamais
Perdre un enfant, c’est voir s’éteindre un élan de vie, sentir une présence précieuse se fondre dans l’ombre à jamais. Alors, s’installe ce silence, si lourd, et, si douloureux, ce vide impalpable, incommensurable . Louan aurait eu 18 ans en novembre. 18 ans, l’âge des rêves, 18 ans, l’âge des possibles, 18 ans, l’âge des promesses. Une vie balayée par un destin trop cruel et tellement injuste.
Ses parents, grand parents, son petit frère, ses proches et ses amis affrontent aujourd’hui un chagrin qu’aucun mot ne peut apaiser. Autour d’eux, tout un territoire se rassemble, ému silencieux et respectueux pour les entourer de leur soutien dans cette épouvantable épreuve. Tous partagent, avec eux l’incompréhension d’une vie fauchée beaucoup trop tôt.
L’absence de Louan résonne et résonnera longtemps -comme un écho douloureux- au cœur de ces terres où il faisait germer ses rêves et traçait son sillage plein d’avenir.

