Chronique d’une soirée magique : Baraqueville, sous les sunlights et les boules à facettes et ces rythmes qui t’entrainent jusqu’au bout de la nuit…

Samedi soir, salle d’animation de Baraqueville, on aurait pu ressortir les épaulettes, les chemises satinées, la coupe mulet à la Bowie et le brushing de Kim Wilde. Mais inutile d’en faire autant pour cette soirée- là , et on aime tous ces soirées- là, pour replonger dans l’ambiance des années 80. C’était une deuxième édition et ce n’est pas la dernière !

Un bon son, des entrelacs de faisceaux lumineux , l’incontournable boule à facette, un coin bar, et une époustouflante galerie de portraits sur la piste et autour. Voilà on y est au Macumba. Une vraie nuit de folie s’annonce !

Laurent, ce mec est too much !

C’est parti pour une immersion 40 ans en arrière, dont Laurent Mayer est le maître d’œuvre. DJ, depuis plus de quarante ans il a usé ses platines aux quatre coins du pays : Paris, Tourraine, Bretagne… Il y a sept ans il a posé ses enceintes – et accessoirement ses valises – dans un coin de notre Ségala. « J’ai craqué pour la région! ». On le croit bien-sûr sur parole. Ce musicien auteur-compositeur a fondé, il y trente ans, son label de musique électro. Autant dire qu’il connait la chanson. Nous ferons plus ample connaissance avec lui très prochainement.

« Mais pourquoi ces soirées années 80?

« Parce que c’est festif, plein d’enthousiasme et que la musique avait une vraie identité «  s’exclame-t-il.

Embarquons, donc, pour ce voyage voyage sans escale, ni turbulence, juste quelques rythmes endiablés pour enflammer l’élan des divas du dancing.

Où est ma chemise grise ? où où où ?

A l’entrée de cette discothèque éphémère pas de videur ni de physionomiste … juste le joli sourire de Séverine.derrière son comptoir.. Elle est au vestiaire, prête à accueillir chacun avec sa bonne humeur. On garde quand même son petit pull marine, ce n’est que le début de la soirée ! Sur les cintres les blousons et manteaux des premiers arrivés se frôlent. En échange de ma veste, elle me tend le fameux ticket . Vous savez celui que l’on perdait toujours. Petite mise au point ça c’était avant… Un coup de tampon sur le dos de la main et ce tatouage éphémère devient mon un passeport pour les Sunlights des tropiques. J’entre dans ce monde où les démons de minuit n’avaient peur de rien et… surtout pas des courbatures du lendemain !

Les divas du dancing et leurs partenaires particuliers

Derrière les portes, c’est tout un monde qui s’anime : Chacun fait ce qu’il lui plait ! Je suis prête à parier qu’il y a, là, une Sylvie, une Nathalie, une Catherine, une Marie-Christine, et même une Béatrice , joliment pomponnée… Côté messieurs un Philippe, un Pascal, un Eric, un Didier et bien sûr un Jean-Philippe, histoire que ma liste ait un peu de panache, Jean-Philippe, comme une star inattendue dans cette galerie de prénoms.

T’as le look coco

Chez les messieurs, quelques cheveux blanchis deçi -delà, des ventres un peu rebondis n’empêchent pas l’enthousiasme. Ça bouge bien comme la toute première fois . Lunettes sur le nez ou coincées sur le front ils se donnent encore et encore des airs de jeunes premiers. Chez les dames , jolie(s) poupée(s), les talons sont remis à l’épreuve, les jupes un peu plus courtes. Elles affichent un sourire bordé de rouge, ce sont elles les femme(s) libérée(s) ! Les quinquas et les sexas sont de sortie !

Des années 80, ils ne connaissaient que les bêtises

Des trentenaires et quelques quadras leur emboitent le pas …de danse ! Ils n’ont pas vraiment connu ces années ou si peu. Pourtant ils se donnent à fond, explorant en cadence ces pépites musicales, ces trésors chorégraphiques comme s’ils avaient inventé le moon walk dans toutes les discothèque du pays…

David : La musique au bout de ses doigts

Aux platines, ce soir, DJ David Guiye. Il enchaine les tubes avec une énergie contagieuse. Sweet dreams, I love Rock and roll, On va s’aimer, Tropiques, l’aventurier… la salle vibre. Même ceux qui font tapisserie, trop timides pour rejoindre la piste, font claquer leurs talons comme des percussionnistes clandestins.

Viens danser sous les sunlights…

Sur la piste ça se déchaine. Voilà le couple qui danse tout en rock. Un Ouragan musical les transporte en Cargo, Pour eux tout roule aussi bien qu’ une boule de flipper. Ils battent le rythme comme des métronomes en furie. Le « Kéké » fait le vide autour de lui. Il sautille comme un cabri, en levant les bras au ciel, quand il ne fait pas son solo de air guitare!. A côté, une fille en talons aiguilles calcule chaque pas comme si elle dansait sur un fil, pas très rassurée par l’énergie débordante de son voisin. Sa copine, incarnation vivante de Marcia Baila, hypnotise ceux qui la regardent. Elle ne boude pas son quart d’heure de gloire.

Un peu plus loin, un groupe d’amis dessinent des YMCA, base incontournable de l’alphabet disco. D’autres s’aventurent timidement, raides comme la justice : un pas à droite, un pas à gauche sur quelques centimètres carrés. Mal à l’aise mais obstinés, il y a ceux qui s’accrochent aux rythmes des autres, leur crédo : rester dans le tempo sans perdre la face.

Y’a pas de saison pour que vive le son

Le maître du son c’est Christophe. Derrière ses potards et ses consoles, il est un chef d’orchestre un peu rock’n roll et très expérimenté Il a sonorisé Magali Ripoll, la Pride de Rodez, celle d’Albi et la quatrième Big Smile qui se déroulait cette année à Prévinquières, seule Rave Party agréée par la Préfecture. De la salle d’animation il fait un tourbillon musical, où chaque note résonne, chaque basse frappe quand la musique sonne, sonne sonne.

Allez, viens boire un p’tit coup …

Au bar Lucas et Laura font corps avec la musique entre gym tonic et apérobic. Les conversations fusent, un verre à la main, on se déhanche, on bat la cadence. Il y ceux qui n’osent pas aller sur la piste et s’accrochent à leur verre comme à une bouée. Ceux, qui épuisés par les rythmes endiablés, se jettent sur le bar comme des naufragés dont la survie dépend de chaque gorgées. Il y a les copains qui refont le monde… juste pour le plaisir. On trinque, joyeusement, aux souvenirs et à ceux que l’on se crée.

L’amour c’est comme une cigarette

Pause clope en extérieur oblige… Entre deux volutes de fumée et quelques éclats de rire, je rencontre Joe, venue seule de Sauveterre- de- Rouergue, cet ancienne factrice m’avoue : « j’étais là il y a trois mois pour la 1e édition et je reviens. Je kiffe trop ! »

Guilène et son amie Sophie de Baraqueville, n’avaient pas l’âge de fouler le dance floor dans les années 80. «  J’écoute de tout, avoue Guilène, mais les années 80 c’est festif et ça fait du bien ! » Sophie fan absolue de Richard Gere a grandi avec les tubes de Pagny, Oispo et Goldman. « C’est la première fois que je viens, c’est très sympa on voit du mode j’adore. J’ai un petit souci à la cheville, donc, pas de danse ce soir, mais je profite quand même » lâche -t-elle tout sourire. Les deux trouvent « formidables de telle soirées sans avoir à faire de kilomètres pour s’amuser ». Des dames venues en voisines de Moyrazès acquissent, visiblement conquises, elles aussi, par cette nuit magique.

Confidences pour confidences

Laurent et son équipe remettront le couvert samedi 31 octobre. Ils vous donnent rendez- vous, salle d’animation de Baraqueville, pour une soirée Haloween année 80, 90, 2000, restauration sur place de 19 h à 22 h. Ils préparent aussi une surprise pour le 31 décembre, on en reparlera. A 10 euros, l’entrée, c’est bien moins cher et bien plus efficace qu’un pot de crème anti-rides, croyez- moi. Certes, dimanche, au réveil, je me trainais un peu comme un vieux vinyle rayé- et je n’étais sûrement pas la seule – mais ça c’est une autre histoire !