L’APE de Moyrazès a orchestré, ce dimanche, une symphonie automnale pour ses écoliers hauts… comme trois pommes !

Pom’, pom’, pom’, pomme ! C’est la symphonie automnale orchestrée, chaque année, par l’Association des Parents d’Élèves de Moyrazès. Le dernier opus se jouait, ce dimanche, dans la cour de l’école avec : le pressage, la vente de jus de fruit et de bouteilles de vinaigre. Rires des enfants et effluves sucrés des pommes, fraichement pressées, se mêlaient joyeusement, dans la cours d’école, alors qu’une armada de parents s’activait dans une bonne humeur contagieuse.

APE : pas de roi, que du bénévolat !

Cette APE a une particularité : elle est collégiale. « Et c’est un petit plus » se félicite Marion, une de ses membres. « On peut s’engager, plus facilement sans titre officiel, tout le monde est un peu décideur.  » Il y a bien sûr des statuts mais surtout pour la tenue des comptes. Ici, donc, pas de chef tout puissant, mais des responsabilités partagées , des idées, de l’enthousiasme et beaucoup de bonne volonté !

Le fruit de toute une générosité

La cueillette et le pressage des pommes à l’école sont une tradition bien ancrée, comme le confirme Damien en plein tri de fruits. « Ça doit, bien, faire une petite quinzaine d’années » estime-t-il, renseignements pris autour de lui. Toutes ces pommes ont été ramassées chez les particuliers de la commune qui ont généreusement ouvert leurs vergers aux parents d’élèves.

Une pluie de pommes et d’enthousiasme

Ainsi, samedi dernier, la météo capricieuse n’a pas découragé l’entreprenante équipe. « On a bravé la pluie ! » s’ exclame Damien. Comme un petit clin d’œil à cet enthousiasme presque héroïque qui animait cette vaillante troupe. Hier, ils ont continué leur travail acharné, tandis que des « petites mains » s’affairaient à nettoyer les bouteilles recyclées. pour recevoir les précieux nectars.

Récits d’aventures fruitées

De cette montagne de fruits récoltés – trois tonnes huit- la moitié a été transformée en jus. Quant aux pommes les plus cabossées, elles vont connaitre une aventure, plus longue et plus mystérieuse…Elles passeront l’année à macérer tranquillement dans des cuves, pour se métamorphoser en vinaigre qui sera vendu l’an prochain. Une seconde vie pleine de perspectives… et de patience, le temps que les fruits s’enrichissent de la « mère » du vinaigre.

Pour que le jus de pomme s’échappe de la cuve, en filet scintillant, sous les rayons du soleil automnal, chaque équipe- une petite quarantaine de bénévoles- s’activait comme dans une chorégraphie parfaitement réglée. Au triage, les plus belles pommes faisaient de l’œil aux mains expertes avant de passer au broyeur avec un léger fracas. Sous les presses de Terres Paysannes (Najac), elles libéraient leur jus doré, avant d’être embouteillées et bouchonnées avec soin et minutie. Et toute la cour d’école résonnait de cette vibrante énergie collective et de subtils parfums.

Une journée pleine de saveurs

La journée s’annonçait longue, mais pleine de promesses. Dès l’aube, autour de savoureuses cochonnailles, le groupe avait engrangé quelques forces. A midi, la soupe au fromage préparée par Dominique et Laurent Bastide, les restaurateurs du village, a été savourée comme un interlude gourmand et chaleureux. Une pause salvatrice avant que les clients se pressent, à nouveau au portillon.

La ruée vers l’élixir doré

Tout le village semblait, en effet, s’y être donné rendez-vous. J’y croisais mon voisin, l’ancien épicier du village, des papis des mamies, des jeunes… Tous fiers de participer à leur façon à la vie de l’école, coeur battant du village. Et chacun de se galvaniser de ce petit air de fête dans la cour très animée. La vente a été officiellement ouverte à 11h , un quart d’heure avant, les premiers trépignaient déjà pour acheter le précieux breuvage. « Certains n’hésitent pas à prendre jusqu’à 60 litres ! » s’amuse Marion. « C’est dire à quel point notre jus est apprécié et attendu chaque année. »

Comme un air de kermesse…

Les enfants aussi avaient gaiement investi les lieux. Au diable les cartables ! Place aux jeux, au courses, aux rires à plein poumons. Dans cette ambiance de kermesse, ce dimanche avait le goût sucré des jeudis d’antan…

Une opération qui porte ses fruits

Cette animation, véritable moteur de la vie de l’école, constitue, à elle seule, la moitié du budget de l’APE. Marion salue aussi le geste éco-responsable de toutes ces personnes qui ont rapporté près de 1500 bouteilles vides. « Ce qui nous permet de réaliser des économies substantielles pour notre petite entreprise de bénévoles » se réjouit-elle. Une opération gourmande très réussie, fruit de l’engagement d’un village autour de ses petits écoliers, hauts, bien évidemment, comme… trois pommes !