Pains et gourmandises de Sanvensa s’invitent à Paris, l’odyssée savoureuse de la boulangerie Bedel



Dès demain jeudi, et jusqu’à dimanche, la Maison Bedel, Sanvensa, portera fièrement les couleurs du département au Salon du Made in France, à Paris. Labellisée « Fabriqué en Aveyron », cette boulangerie pâtisserie familiale emmène, avec elle, les saveurs de notre terroir et tout un savoir- aire d’antan, sans cesse enrichi d’un souffle de créativité. Elle tisse l’histoire d’une lignée d’artisans boulangers qui transmettent leur passion comme on léguerait un trésor…

Pour cette entreprise familiale, c’est une belle vitrine pour mettre en lumière leur métier et leurs produits authentiques. « C’est un gros évènement. Nous avons été sollicités par le Département et sommes très heureux d’y participer. C’est une vraie opportunité, un aboutissement pour valoriser notre artisanat » s’enthousiasme Monique.

Au total, quinze artisans commerçants aveyronnais exposeront sur les 100 mètres carrés dédies au département. La Maison Bedel sera la seule boulangerie à représenter l’Aveyron lors de ce salon parisien.

La Maison Bedel au fil des générations pétrie de bonnes intentions

La Maison Bedel a vu le jour en 1930 sous l’impulsion de Sylvain Bedel. Roger, son fils, avec son épouse Solange, ont pris sa suite avant que Jean-Luc, son petit-fils n’inscrive, à son tour, son prénom au fronton de la boutique. Au fil des générations, les idées nouvelles et les saveurs inédites se sont glissées aux côtés des recettes ancestrales, jalousement préservées.

Une addition de compétences

L’histoire de la famille Bedel s’écrit maintenant à plusieurs mains. Cinq associes – Monique, Frédéric, Jean-luc, Sylvain, Romain – conjuguent leur talents, à sa tête. « C’est un mariage de compétences » souligne Monique. Chacun met son énergie au service de l’entreprise : de la gestion à la fabrication, de la communication à la commercialisation… Jean-Luc, désormais retraité, veille toujours avec bienveillance, sur la boulangerie. Au fournil , la fabrication des pains et pâtisseries repose sur le talent des équipes de boulangers et pâtissiers. « Les uns viennent, les autres repartent » explique Monique, « mais on accueille ceux qui ont la passion du métier. »

Transmettre et inspirer

C’est là que Jean-Luc a toujours placé son engagement : transmettre son savoir et sa passion, formant de nombreux apprentis et enrichissant son expérience par des formations toujours renouvelées. « Et c’est important » relève Monique « de toujours se remettre en question. Pour allier tradition et modernité, il faut accepter de sortir de ses habitudes et apprendre continuellement. » Dans cette dynamique, la Maison Bedel a, par exemple, accueilli Joël Defives, meilleur ouvrier de France. Chaque geste, chaque recette est, ainsi, nourri de cette volonté d’évolution : ne jamais se cantonner à ce que l’on sait, mais chercher à progresser à enrichir son savoir-faire. L’esprit de transmission ne se limite pas aux apprentis et boulangers de la maison. Les écoliers aussi découvrent le fournil et mettent la main à la pâte. Monique souligne combien : « ce salon est important » – au delà de mettre en lumière des pains et les douceurs de l’Aveyron- « il pourra peut- être inspirer des vocations… »

Un parcours façonné au fournil

Animé par cette volonté de partager son savoir, Jean-Luc a formé de nombreux apprentis. Rafaël illustre parfaitement cette philosophie de la transmission. Il a débuté, ici, son apprentissage, à seulement 14 ans. Dix ans plus tard, il reste fidèle au fournil. Aujourd’hui en tant que prestataire de service avec son entreprise l’Ami du pain, il continue de parfaire son art, là où il a grandi professionnellement.

Une partition nocturne orchestrée à quatre mains

Depuis début octobre, Sarah et Rafaël préparent avec soin les produits destinés au salon. Alors que le village dort encore, bien avant que le chant du coq ne résonne, les pétrins s’activent doucement. Le fournil se réchauffe, l’air se parfume d’effluves de levain et farines mêlés qui accompagnent leurs gestes. Chaque jour le levain est rafraichi et se marie dans une danse gourmande aux farines bio locales et label rouge des Moulins Marty et Calvé. Du façonnage à la cuisson, chaque mouvement guidé par la rigueur et la maitrise, fait naitre des goûts authentiques , respectueux de l’histoire de la boulangerie. Comme une chorégraphie silencieuse, gracieuse où s’harmonisent héritage et dévotion. Ces journées s’étirent, longues et riches, longues comme un jour sans pain…

Des fournées aveyronnaises aux chalands parisiens


De cette patience naissent les fournées qui, aujourd’hui ont pris la route pour Paris. Là-bas, dès demain, les gros pains seront à l’honneur, véritables joyaux d’un métier généreux et vivant. Les pains de campagne, aux croûtes dorées et chantantes, façonnés dans le respect du temps et d’une main experte exhaleront des parfums qui réchauffent le cœur. Le tranchoir, paré de noisettes, de graines, de raisins et d’une touche de miel déploiera sa mie moelleuse et aérienne. Les pavés de 500 grammes, fidèles à la tradition, côtoieront les grandes miches de 2,5 kg, aux croutes ambrées et chantantes sous le couteau. De chaque tranche s’échapperont les parfums de blé chaud et de levain, promesses de beaux instants de partage et de convivialité autour du stand parisien.

Quand l’Aveyron se fait douceurs

Pour prolonger cette ode au terroir, les jeunes boulangers pâtissiers ont préparé les douceurs aux accents de l’Aveyron : les échaudés au croquant subtil, les croc’ Aveyron tout ronds et dorés. La traditionnelle fouace nature ou fruits confits, savoureux emblème de notre département, s’acoquinera aussi sur l’étal de quelques moelleux muffins et autres galettes pur beurre fondantes. Chaque création raconte une histoire et invitera le chaland à goûter la richesse du territoire. Voilà de quoi garnir une table de partage et d’abondance, qui fera, tout à la fois, écho à la générosité de notre Aveyron et à la noblesse de leur métier.

Le 12, le numéro chance

Le fameux Douze aura aussi sa place sur le stand parisien. Cette création originale, imaginée à l’occasion de la participation de l’équipe à l’émission « la meilleure boulangerie de France sur M6 en 2021. Cette recette leur avait permis de décrocher une place en finale. Pensé pour être dégusté avec l’aligot, le douze est une sorte de brioche en croûte qui enveloppe une chipolata délicatement parfumée d’ail et de persil. Elle témoigne aujourd’hui de la créativité et de l’attachement aux saveurs du terroir de la boulangerie pâtisserie aveyronnaise.

Un autre symbole de tradition et transmission s’est rallumé au coeur du village au printemps dernier. C’est tout naturellement Jean-Luc qui a fait dansé les pâtons de pains et pizzas et a régalé tous les villageois.


Au cœur de la capitale ces ambassadeurs de la gourmandise aveyronnaise incarneront l’élégance discrète d’un métier noble et la richesse vibrante de l’Aveyron. Durant ces quatre jours, ils auront certainement beaucoup de pain sur la planche…