Fidèle à la tradition, les vœux diocésains se sont déroulés à la Maison Saint-Pierre à Rodez en présence de Monseigneur Luc Meyer, Évêque de Rodez et de Vabres. Loin de la litanie habituelle des discours, ces vœux ont su surprendre par des parenthèses rythmées et dépaysantes. En cette fin janvier, prêtres, laïcs, religieuses, jeunes et moins jeunes, élus locaux…étaient réunis pour partager ce moment singulier.
Responsable du Service Diocésain de la Communication et de l’Information, Aude Bauguin a lancé la soirée. Elle donnait le coup d’envoi à deux séquences: un temps de rencontre et un temps de voyage.


Retour sur une année bien ancrée dans le territoire
Le premier voyage, celui dans le temps, offrait une rétrospective de l’année écoulée. Sur grand écran les images défilaient, rappelant combien le diocèse est présent et engagé sur son territoire. Concerts de louanges, pèlerinages diocésains et à Rome, actions de grâce, 150 ans des cisterciennes de Bonneval, transhumance, festival rural de la Saint-Boudou… Et bien d’autres initiatives qui témoignent d’une Église en mouvement, proche des réalités locales et pleinement inscrite dans la vie aveyronnaise.
Escapade au pays des sourires et de la grâce
Le deuxième voyage transportait l’assistance vers des cieux plus lointains. Le décor changeait totalement avec un départ pour l’Asie et plus particulièrement le Vietnam guidé par les sœurs dominicaines du couvent de Monteils. Fondée à Bor en 1850 la congrégation y est restée longtemps, avant de s’établir définitivement à Monteils.




Aujourd’hui, la communauté compte une trentaine de religieuses, parmi lesquelles des jeunes vietnamiennes. L’une d’elle a présenté avec simplicité et un doux sourire son pays et leur communauté. Elle a chaleureusement invité le public à découvrir leur univers. Moment suspendu, ensuite, avec une danse vietnamienne exécutée, en direct, sur scène. Grâce, délicatesse et poésie ont transporté l’assemblée loin, très loin… La vidéo (ci-dessous), à elle seule, vous racontera ce moment.


Odyssée spirituelle en terre de couleurs et de saveurs
Nous avons ensuite été transporté au cœur des couleurs, des senteurs et des visages de ce pays fascinant qu’est l’Inde. Mgr Luc Meyer, accompagné d’ une délégation d’une trentaine de personnes – dont le père Jubilé – revenait tout juste de ce pèlerinage diocésain. Sous nos yeux défilaient les premières images, marchés et ruelles animées, temples et églises baignés de lumière, visages souriants des habitants qui semblaient partager avec nous un peu de leur quotidien et de leur chaleur.


Des visites et des rencontres…
Les visites des aveyronnais s’y sont succédées avec une étonnante richesse : basilique et reproduction de la grotte de Lourdes à Pondichéry, cathédrale Sainte-Marie de Kumbakonam, fête des Moissons à Pongal, temple de Shiva… Ces couleurs éclataient l’écran, les senteurs des épices semblaient presque flotter dans l’air, nous étions transporté dans un bain foisonnant de lumière et de vie. Et puis, détail qui n’a échappé à personne : l’évêque avait troqué son costume habituel pour des tuniques dorées et de larges colliers, paré comme on ne l’avait jamais vu. Une image forte, joyeuse, presque déconcertante, qui disait mieux que de longs discours, de cette rencontre des hommes et des cultures.


Souvenir inattendu de voyage…
Petit clin d’œil aussi à un souvenir ramené « malgré lui » par Mgr Luc Meyer : un beau coquard à l’œil, conséquence d’un accident domestique en Inde. Rassurez-vous, la piètre photographe que je suis a su capter son meilleur profil, et l’évêque, fidèle à lui-même, a accueilli l’épisode avec humour.

Ce petit tour du monde c’est achevé avec les voeux de Mgr Joseph Kakou Aka, évêque du diocèse de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire rappelant que fraternité et espérance chrétiennes dépassent les frontières.
Les vœux de l’économe : marcher ensemble et servir la rencontre
Après ces voyages, retour à l’essentiel avec la prise de parole de Thierry Ducruet, économe diocésain. Un discours dense, posé, profondément ancré dans le réel.

Il a rappelé que le diocèse est aujourd’hui traversé par « un véritable dynamisme, notamment avec l’augmentation des demandes de baptême et de confirmation chez les adultes ». Une réalité réjouissante, mais qui appelle aussi une conversion des communautés chrétiennes : « pour annoncer le Christ, encore faut-il continuer sans cesse à le redécouvrir soi-même ».


Au cœur de son message, une conviction forte
L’Église ne se place ni au-dessus, ni à côté de la société, mais au milieu d’elle, à son service. « Servir la rencontre plutôt que défendre une position. Servir les personnes avant les structures ». Thierry Ducruet a souligné l’importance « du travail collectif, de la diversité des talents, du lien entre les équipes, de l’attention portée aux plus fragiles : migrants, personnes âgées, malades, jeunes en quête de sens. » Il a insisté sur cette idée simple mais exigeante : chaque geste de service construit l’avenir. « Une Église vivante est une Église qui prend soin, qui relie, qui accueille ».

Les vœux de l’évêque Luc Meyer : quatre axes pour 2026
Enfin, Monseigneur Luc Meyer a prononcé ses vœux en direct. Un discours à la fois spirituel, très incarné, et profondément tourné vers l’avenir. Il a également offert un récit vivant et coloré de son voyage en Inde. Il a articulé ses vœux autour de quatre grandes intentions.
D’abord, un vœu pour chacun : « se laisser bénir, accueillir la paix comme un don, et poser sur soi-même et sur les autres un regard qui ouvre l’avenir. Un regard qui encourage, qui relève, qui fait grandir. »
Ensuite, un vœu pour l’Église diocésaine : « continuer à écrire des chapitres d’espérance, en particulier dans le service de l’éducation, de la jeunesse et de l’attention aux plus pauvres. » Une Église qui choisit toujours la vie, l’accompagnement et la dignité.
Troisième vœu, adressé aux élus et responsables publics : Alors que les échéances électorales approchent Mgr Luc Meyer a encouragé les candidats « à trouver de la joie dans le service du bien commun, à savoir débattre sans se déchirer ». Faisant écho aux débats actuels sur la fin de vie , il incitait « à faire confiance aux consciences humaines sans vouloir tout réduire à des cadres rigides. »
Enfin, un vœu pour le monde, marqué par les conflits et l’augmentation des dépenses militaires. Reprenant les mots du pape, l’évêque a rappelé que « la paix n’est pas une utopie, mais une œuvre à construire, jour après jour, par des artisans discrets mais fidèles ».
L’évêque a aussi rappelé que cette année la cathédrale ruthénoise notre Dame de l’Assomption fêtera les 500 ans de son clocher.



Et pour conclure… un péché de gourmandise très partagé
La soirée s’est achevée comme il se doit autour de petits fours – et puisque le péché de gourmandise n’est pas mortel- personne ne s’en est privé. Les conversations ont continué bon train. Plus qu’une cérémonie, cette soirée a été un moment de rencontre, d’ouverture et de partage, à l’image d’une Église qui voyage, qui écoute. Et d’un évêque dont la disponibilité et la simplicité ont marqué les esprits, rendant les échanges aussi naturels que chaleureux.






