Pour rejoindre la salle au-dessus de la mairie de Moyrazès où se déroulent les cours de gym hebdomadaires proposés par l’association Anim’ à Moy, il faut emprunter un bel escalier de pierre en colimaçon. Un vrai test d’endurance… enfin, pour moi. Les adeptes, elles, montent ça sans même y penser.
Le pouvoir des reines du tapis
Ici, il n’y a que des dames, excepté leur coach. Non pas que les messieurs soient interdits d’entrée — la porte leur reste grande ouverte — mais cette gym-là n’est pas celle des haltères impressionnantes ni des biceps saillants. C’est une gym de bien-être, d’entretien, de mobilité. Une gym pour continuer à bouger avec plaisir, pour entretenir la « mécanique » en gardant le sourire.

La fashion day du legging
18h 30, il est l’heure du premier cours. Dix huit tapis colorés s’alignent au sol, comme tous les mercredis. Les participantes prennent place, ajustent leur posture, respirent profondément. Tout le monde est prêt à bouger, le mot d’ordre est clair : confort absolu avec style en option. La « fashion day » des tee-shirts, baskets, leggings et autres joggings est ouverte !

La discrète symphonie des « Aïes » et des « Ouilles »
La musique douce démarre. Les mouvements suivent : jambes, bras, étirements, respiration. Les ventres se gonflent se dégonflent, debout, au sol les exercices s’enchainent . Dans ce silence appliqué s’échappe parfois un petit « Aïe ! » et en écho quelques « Ouilles ! » discrets parcourent la salle. Car, au-delà des exercices, il y a les regards complices, les rires étouffés… et beaucoup de bonne humeur.

Rémi, l’homme – orchestre des tapis
Rémi Cayrel est l’éducateur sportif de ces dames, et ce, depuis deux ans. Le jeune homme également spécialisé dans l’activité physique adaptée, sait concevoir des séances tout publics, en tenant compte des capacités, des besoins et parfois des petites fragilités de chacun. Il intervient également en EHPAD, où l’activité physique joue un rôle essentiel dans le maintien de l’autonomie et du moral. Son expérience se ressent immédiatement. Les consignes sont claires, les mouvements ajustés, les encouragements mesurés. Il observe, corrige, adapte. Le tout avec toujours beaucoup de bienveillance.

Petite confidence…
Et il l’avoue volontiers, avec un sourire complice : il a un petit faible pour les groupes de seniors. « Elles sont plus attentives, plus appliquées ». Là où les plus jeunes cherchent parfois à aller vite, les premières écoutent, exécutent, respirent… avec sérieux et concentration.

Tapis, musique et … action !
Entre les deux cours, un quart d’heure de battement mais Rémi ne s’accorde pas de répit. Il installe un parcours, prépare le matériel, ajuste les ateliers. 19h 30, l’ambiance change. La musique gagne en rythme.

Le turbo est enclenché !
Le second groupe arrive, plus dynamique. Ici, le renforcement musculaire est plus poussé, le cardio plus présent. Les ateliers s’enchaînent, sans temps morts : pompes, déplacements, enchaînements variés, marches au sol que l’on monte l’on descend d’un côté de l’autre. On passe d’un atelier à l’autre, accélère, on transpire, on se dépasse un peu plus. Les mouvements se succèdent avec intensité, le rythme ne faillit jamais. puis petit à petit la cadence ralentit, les gestes s’allègent et chacune retrouve son souffle . C’est la fin des cours
A chacune, chaussure à son pied !
« A la semaine prochaine ! » lance Rémi à ses gymnastes hebdomadaires . Mercredi dernier, avec ces deux groupes, ces deux ambiances, mais une même énergie collective, j’ai adoré partager – en spectatrice ! – ces séances sportives. En revanche, je confirme préférer définitivement mes talons aiguilles aux baskets !

