Je passe souvent devant la Baraqu’à Fripes, sur l’avenue traversante de Baraqueville. Je me suis toujours demandé : mais quelle est donc cette boutique ? Sa vitrine est avenante, et pourtant, je la vois toujours fermée. Difficile de comprendre si elle est ouverte à tous, ou réservée à quelques initiés. C’est finalement par le truchement des vœux de plusieurs maires que le mystère a commencé à se dissiper. Ils y évoquaient des friperies solidaires à Baraqueville et à Naucelle, ouvertes quelques jours par mois seulement. Je fais le rapprochement. C’est ainsi que, ce mercredi matin, j’ai osé franchir le seuil de la Baraqu’à fripes.

Un accueil tout en sourire et malice
À peine la porte poussée, une bénévole m’accueille d’un large sourire.
— « Bonjour, vous connaissez notre boutique? »
Puis, malicieuse :
— « Mais je vous reconnais… vous êtes la Gazette ! »
Je confirme, amusée, et explique que je souhaite écrire un article.
—« Dans ce cas, il vaudrait mieux rencontrer la responsable » me dit-elle.

Dans l’antre des collaboratrices
Elle me conduit vers les bureaux attenants, où je fais la connaissance de deux collaboratrices de cette fameuse responsable. Toutes deux sont charmantes, très accueillantes. Elles m’informent que ladite responsable est, actuellement, en réunion, et qu’elle ne sera libre que cet après-midi.
C’est un peu embêtant pour moi — la Gazette c’est du bénévolat et personne ne me rembourse ni mes allers-retours ni mon essence. Alors, puisque je suis là, autant en profiter.

Un safari dans les fripes
Je retourne, donc, à la boutique, où trois sympathiques bénévoles me proposent gentiment de faire le tour du propriétaire. Me voilà embarquée dans ce qui ressemble bientôt à un véritable safari textile. Les espaces sont clairement organisés : ici le coin homme, là, le coin femme, les vêtements enfants, bébé. Le portant des ados est un peu moins garni. Un appel aux dons pour compléter ce rayon est donc lancé ! Les vêtements sont soigneusement triés par taille, ce qui facilite grandement la recherche. Ici, tout relève de la seconde main : chaque pièce a déjà vécu une première histoire et s’apprête à en commencer une nouvelle. Fouiller, découvrir, tomber sur une pièce inattendue fait tout le plaisir de cette aventure fripière.

Les bénévoles m’expliquent aussi que les dons peuvent être déposés toute l’année, au bureau voisin, ouvert du lundi au vendredi.

Le rendez-vous malin du week- end
Et deux fois par an, la boutique organise une grande braderie ( septembre/ octobre et en février) destinée à renouveler les stocks. La prochaine aura lieu les 20 et 21 février. Son principe est simple : à l’entrée des sacs seront mis à disposition — les plus petits pour 2 euros, les plus grands pour 4 euros. Il suffit de les remplir. Et le nombre de sacs n’est pas limité. Autrement dit, pour quelques euros seulement, il devient possible de repartir avec de quoi recomposer une garde-robe entière. Une occasion qui transforme la boutique en véritable terrain de chasse aux trésors vestimentaires pour amateurs de seconde main.

A la recherche du Graal…
Au fil de mon exploration, je me laisse tenter, ici une robe, là une ceinture, oh et cette superbe veste : « j’adore ! » Même pas la peine d’hésiter :« Pour 2 euros, on ne risque pas grand-chose! » m’ encouragent les bénévoles. Incroyable mais ici, les prix vont de 1 à 3 euros. Je poursuis ma déambulation, attentive à ce qui pourrait croiser ma route de fashionista : vêtements, mais aussi chaussures, ceintures, sacs…

C’est à ce moment-là qu’on vient m’annoncer que la responsable est désormais disponible. Notre entretien ne m’apprendra rien de plus que ce que je sais déjà. Ah si, cette responsable s’appelle Jessica et son titre est « référente famille »...
Deux friperies solidaires en Pays Ségali
Il existe une boutique similaire à Naucelle, Naucel’fripes. A sa tête Laurence et comme à Baraqueville, une dizaine de bénévoles gravitent autour de cette structure assurant l’accueil, le tri des vêtements, la mise en rayon et la vente. Des petites mains dont l’ engagement discret mais essentiel, qui fait vivre ces lieux de seconde main et leur donne leur âme. . Les deux établissements sont chapeautés par le Centre Social et Culturel du Pays Ségali qui coordonne et soutient ces initiatives solidaires. Le président de cette association est Jacques Gayraud.


Alors que je m’apprête à régler mes trouvailles, mon regard parcourt une dernière fois les portants. Et là, suspendue parmi les autres pièces, une combinaison noire en dentelle se révèle dans toute sa discrète élégance. Je m’arrête. La pièce est fine, presque intemporelle et pour 2 euros…. me voilà donc habillée pour l’hiver !
Si vous souhaitez vous parer vous aussi de pied en cap profitez de l’ouverture exceptionnelle de la Baraqu’à Fripes et de sa braderie vendredi 20 février de 14 heures à 18 heures et samedi 21 février de 9h 30 à 12h 30.
Infos pratiques :
Baraqu’à Fripes, 156 avenue du Centre, est ouvert les deuxièmes mercredis du mois de 9h30 à 12h et de 14h à 17h et les quatrièmes samedis du mois de 9h 30 à 12 h.
Naucel’ fripes, 1 boulevard Justin Bessou, est ouvert Les derniers mercredis du mois, les premiers et troisièmes samedis du mois

