Moyrazès, « Mo’mam d’éveils », un duo de Manon pour accueillir les petits fripons

La Maison des Assistantes Maternelles « Les Mo’ Mam d’Éveils » à Moyrazès, juste à côté de l’école, ouvrira, officiellement, ses portes, le 2 mars. Deux anciennes salles de classe ont été entièrement transformées pour créer cette structure, pensée pour accueillir les tout- petits. Une odeur de peinture fraîche flotte encore dans l’air… Les tableaux noirs ont laissé place aux tapis d’éveil. Les bureaux ont disparu au profit de modules de jeux et d’une farandole de jouets. De tendres peluches sont prêtes à distribuer des câlins. Une cuisine miniature attend les apprentis cuistots… Le décor est planté. Une nouvelle histoire peut commencer.

Un duo pour un projet

A l’origine de cette aventure, deux jeunes femmes, toutes deux prénommées Manon, toutes deux âgées de 28 ans, toutes deux partagent la même passion pour leur métier et désormais le même projet. Une coïncidence ? Peut-être. Mais à les voir évoluer ensemble, on se dit surtout que certaines évidences s’imposent d’elles-mêmes.

A gauche Manon Maravé, à droite Manon Canivenc

Manon Maravé, observer et encourager

Manon Maravé est originaire de Manhac. Titulaire d’un CAP accompagnement éducatif petite enfance. Elle a enrichi son parcours professionnel dans différentes crèches et écoles du Pays Ségali. Ces quatre dernières années, elle travaillait, notamment, dans les crèches de Baraqueville et de Colombiès. Elle y a appris à observer les enfants dans leurs découvertes et à mesurer leurs petits exploits au quotidien. Ce qu’elle aime par-dessus tout, ce sont ces petits moments « où les yeux d’un enfant pétillent de fierté, lorsqu’il réussit seul, pour la première fois, un geste qui lui semblait impossible la veille ». Elle est simplement présente, attentive et bienveillante à leurs côtés, « pour les voir grandir, progresser et prendre confiance en eux », tout en leur donnant les clés pour avancer.

Manon Canivenc, donner sens à l’accompagnement

Manon Canivenc, originaire du Tarn, vit à La Primaube. Elle est titulaire d’un CAP petite enfance et d’un diplôme d’État d’éducatrice jeunes enfants. Depuis quatre ans, elle exerçait à la crèche de Baraqueville au poste de directrice adjointe, assumant responsabilités administratives et organisationnelles. Mais ce qui l’anime au quotidien, c’est le terrain, la présence auprès des enfants. Elle parle volontiers « d’accompagnement ». Encore un de ces mots désincarnés qu’ il est de bon ton d’employer dans un vocabulaire bureaucratique. « Accompagner, c’est être là, veiller, rassurer, encourager, mettre en place, tout ce qu’il faut pour que chaque enfant se sente bien et avance à son rythme. » m’explique Manon, qui d’un large sourire, redonne tout son noble sens à ce mot trop souvent galvaudé.

Complémentarité rime joyeusement avec amitié

Voilà donc, deux parcours, deux tempéraments, deux sensibilités. L’une spontanée, vive et pétillante. L’autre plus posée, structurée, attentive au cadre. Entre elles, un équilibre naturel, une complémentarité évidente. Le grain de fantaisie de l’une rencontre la rigueur rassurante de l’autre. Très vite, leurs échanges professionnels se transforment en complicité, puis en amitié. Une amitié suffisamment solide pour franchir les murs de la crèche, s’inviter dans leur quotidien, et même, les emmener ensemble en vacances. Là, loin des comptines et des biberons, elles apprennent à se découvrir autrement. Et renforcent encore ce lien précieux, celui qui permet aujourd’hui de porter, ensemble, un projet aussi important.

Où, quand et … comment ?

L’idée de créer une Maison d’Assistantes Maternelles n’est pas née du jour au lendemain. Elle a grandi, mûri, mais surtout, elle s’est imposée peu à peu à ses deux jeunes femmes. Encore fallait-il trouver un lieu, un cadre, une possibilité concrète. C’est là que leur projet trouvait écho auprès de la commune de Moyrazès. Car de son côté, la municipalité ségalie disposait de salles et réfléchissait à leur donner une nouvelle utilité.

Au printemps, le projet prend racine

Au printemps 2024, le tandem des Manon rencontre, donc, le maire, Michel Artus. Très vite, les volontés convergent. D’un côté, le duo de demoiselles motivées et engagées. De l’autre, une commune disposée à accompagner un projet utile pour les familles et la vie locale. Des conditions idéales pour que l’idée prenne racine.

Poser les fondations du projet

Ainsi, le projet démarre officiellement en 2024, mais entre l’idée et l’ouverture, il faut du temps, beaucoup de temps. Deux années durant lesquelles rien n’est laissé au hasard : étude de besoins, rédaction du projet d’accueil, élaboration des chartes de fonctionnement, mise en place des règlements intérieurs, démarches administratives, échanges avec les organismes concernés : CAF, MSA, Protection Maternelle et Infantile.

Mais pour exercer au sein d’une Maison d’Assistantes Maternelles, il ne suffit pas d’avoir de l’expérience. Il faut obtenir un agrément spécifique, demandant une formation dédiée auprès de la PMI. Agrément qu’elles ont obtenu. Cette étape indispensable officialise leur capacité à accueillir des enfants dans cette nouvelle structure.

Des idées… au chantier

Parallèlement, en juillet 2025, les travaux de réaménagement débutaient. Les cloisons tombaient, les espaces étaient repensés, redessinés, adaptés. Les anciennes salles de classe changeaient de vocation. Les entreprises locales intervenaient pour donner corps à ce nouveau lieu de vie. « Nous avons toujours été sollicitées pour donner notre avis, sur les aménagements, le mobilier, enfin tout au long des travaux. » racontent avec reconnaissance les deux jeunes femmes. Cette implication attentive et concrète les a profondément marquées. Elles ont vu leur projet compris, soutenu et accompagné avec confiance. « Et c’est une chance! » s’enthousiasment-elles.

Un pari sur l’avenir

De leur côté, elles ont fait bien plus que rêver leur projet. Elles y ont engagé leurs propres deniers. À 28 ans, cela représente un choix fort, un pari sur l’avenir, la preuve tangible qu’elles croient profondément à ce qu’elles construisent. Ici, rien n’est improvisé, tout est voulu, réfléchi, assumé.

Des espaces pour jouer, apprendre, grandir et dormir

Aujourd’hui, la MAM s’étend sur près de 100 mètres carrés, dont une vaste aire de jeu libre occupant près de la moitié de la surface. Les enfants pourront y circuler librement, passant d’un atelier à l’autre : coin cuisine, ferme miniature, tapis d’éveil, jeux, autant d’univers où l’imaginaire pourra s’épanouir. Un espace repas y trouve également naturellement sa place, dans la continuité du jeu et du quotidien.

La cuisine et la buanderie, entièrement équipées par la municipalité, disposent de tout le nécessaire : four, micro-ondes, plaques, cafetière, lave-linge et sèche-linge. Tout est neuf et tout brille !

Deux dortoirs complètent l’ensemble, l’un pour les tout-petits, l’autre pour les plus grands, chacun offrant une vue apaisante sur la campagne ségalie.

Le petit tour de magie des jouets

Et puis il y a les placards bien remplis, suffisamment pour permettre une petite stratégie bien connue des assistantes maternelles : faire tourner les jouets. Certains disparaissent pendant un temps, d’autres réapparaissent comme par magie, donnant l’impression aux enfants d’avoir constamment de nouveaux trésors à découvrir. Une illusion parfaitement assumée. Et si, certains d’entre vous souhaitent offrir un jeu ou un jouet, ils seront accueillis avec plaisir !

Accueillir et partager

Grâce à leur agrément, Manon et Manon peuvent accueillir chacune jusqu’à quatre enfants (de 0 à 3 ans), permettant à la structure d’atteindre sa capacité maximale de huit enfants dans un cadre à taille humaine.

Sur la commune, il n’y a pour l’heure qu’une seule assistante maternelle. Une rencontre est prévue prochainement. L’objectif est aussi de créer du lien, d’imaginer des moments partagés, des promenades, des activités communes.

Demain se construira, aussi, ici

Depuis plusieurs semaines, le bouche-à-oreille a fait son œuvre. Les habitants ont suivi les travaux, observé les transformations. La page Facebook «  Les Mo’ Mam d’éveils » relaie également l’information. Peu à peu, le lieu s’inscrit dans la vie du village. Une inauguration devrait être organisée ultérieurement, rassemblant les différents financeurs et partenaires institutionnels — État, Région, Communauté de Communes — qui ont soutenu la réalisation de ce projet. Le 2 mars, les portes s’ouvriront officiellement et, avec elles, un nouveau chapitre pour Moyrazès. Derrière ses murs fraîchement peints, tout est prêt.