Moyrazès, la joyeuse troupe théâtrale « les compagnons des Arméniès »sur le devant de la scène

Lundi soir, je me suis préparée pour aller au théâtre. Enfin, interviewer des comédiens de la troupe « Les Compagnons des Arméniès ». Mais pourquoi ne pas me laisser croire, l’espace d’un instant, que j’allais … » Au théâtre ce soir » ? Ici aussi, il y a des marches et une rampe majestueuse comme au Théâtre National, mais ce sont juste les escaliers, plus modestes, de la bibliothèque de Moyrazès et le perron n’est qu’un pas de porte. J’entends taper. Un coup. Deux coups. Trois coups ? Je m’arrête. Les fameux trois coups ? Le rideau va-t-il se lever ? Je pousse la porte…

On plante le décor

Pas d’effervescence. Pas de public frémissant. les comédiens s’installent, discutent, cherchent leur un texte. Un ajuste une chaise, l’autre bouge une table, ce n’étaient donc pas les trois coup du brigadier ! Il est 20h40 , le décor de fortune est planté, les répétitions peuvent débuter.

Un quart d’heure de célébrité

« Bonjour ! » Didier Bauguil , président de cette troupe« les compagnons des Arméniès » m’accueille tout sourire. Autour de lui six autres personnes échangent quelques mots et me lancent des regards complices. Voilà, donc, arrivé leur fameux quart d’heure de célébrité dans les modestes pages de la Gazette. L’ambiance est déjà chaleureuse et conviviale. Didier s’excuse presque : « Nous ne sommes que six, ce soir. La troupe répète pièce par pièce et pour « Les Fourre-tout déménageurs », cette petite équipe suffit ! »

De la scène aux coulisses : des rôles bien distribués

La troupe, créée en 1987, compte cependant une bonne trentaine de membres, dont, l’aîné affiche fièrement 79 printemps. Tous ne sont pas que comédiens, il y a aussi des danseurs, des chanteurs. Certains sont tout à la fois. « Nous jouons chaque année trois pièces par spectacle dont une en patois. Elles sont toujours entrecoupées de chants et de danses traditionnelles ( en costumes). Didier accordéoniste nous accompagne. En coulisses, aussi, des bénévoles s’activent côté logistique et technique. » explique le président. Qui aux éclairages, au son, qui à la régie… Ils sont nombreux comme Bernard -nouvelle recrue de la troupe- à mettre leurs compétences, au service de cette joyeuse compagnie, discrètement, derrière le rideau.« Les parents de Bernard étaient d’ici et il est revenu s’y installer » précise Dominique comme pour adouber. ce régisseur providentiel à l’accent plus pointu que la moyenne à Moyrazès.

L’art de la comédie

Le choix des pièces se fait sur un site dédié et répond à certains critères. Ne vous attendez pas à les voir déclamer une tragédie grecque « Ah surement pas, des tragédies il y en a bien assez dans la vie ! «  justifie prestement Dominique. La carte de de la comédie est, donc, ici, l’aout majeur. Vient ensuite la question des longueurs de textes et d’équilibrage des répliques.

Les anges gardiens de la mémoire

« Car Il faut les apprendre ces textes! » soupirent les comédiens et certains – dont je tairais le nom !- d’ajouter « Il y en a pour qui c’est plus facile que d’autres! ». Et c’est là que les souffleuses de la troupe : Christine, Marie-Claude, Huguette, Nicole et Claude entrent en scène. Ces anges gardiens de la mémoire des comédiens ont un rôle de premier plan. Claude, cependant, tient à la discrétion de sa fonction : « Je ne suis qu’une souffleuse  » commente-t-elle humblement.

Des comédiens du cru

« Êtes- vous tous de Moyrazès? »

« Oui pour la plupart ! » me répond-on collégialement

« Moi j’habite Manhac ! » lance Richard qui se ravise aussitôt avec une certaine fierté chauvine : « Mais je suis originaire de Moyrazès ». Certains viennent aussi de Colombiés ou d’Olemps Disons que l’accent ségali résonne fort dans la troupe.

Répétition, les réglages d’usage !

« Allez en place on s’y met! » Je m’installe un peu à l’écart prête à observer le spectacle, avant le spectacle. Les comédiens studieux enchainent leur répliques, les autres essaient de s’en souvenir ! Parfois le texte s’évapore, Claude et les compagnons de scène vont à la rescousse du défaillant. Le décor, il faut, juste, l’imaginer, un accessoire est manquant, on fait comme si, une chaise fera office d’armoire, une bouteille plastique sera flacon d’ivresse, ce soir…. Cathy endosse deux rôles , une des comédienne est absente des répétitions, elle entre côté cour, ressort côté jardin…. Il faut s’adapter ! Un comédien butte sur un coin de table : « Il faudra penser à la mettre plus loin…. » Chaque petite maladresse devient finalement un coup de pouce à la mise en scène. Et j’applaudis des deux mains. Car derrière les hésitations et les décors de répétition improvisés, il y a la passion, la générosité et une belle énergie collective.

Une troupe de joyeux lurons

Comme Richard, entré à l’âge de 10 ans dans la troupe, tous assurent que « la convivialité et les bons moments partagés » sont leur cause commune. Cathy, depuis plus de 15 ans, brûle les planches avec le même plaisir, d’autant qu’elle partage cette activité en famille. Dominique, vice président de l’association, fait, ici, rire le public et travailler sa mémoire depuis 25 ans. Didier, entré, il y a 30 ans comme danseur et aussi devenu comédien. Il met un point d’honneur à entretenir l’ambiance dans cette troupe qu’il préside depuis 2016.

Des entre-actes très conviviales

Leur saison théâtrale s’étend des premières répétitions de janvier aux dernières représentations d’avril. Elle est, volontairement, courte : « Pour ne pas se prendre à la tête ! » souligne le président. « Et ne pas se bloquer tous les week- ends ! » enchérit Richard, l’air malicieux. Voilà donc qui leur offre du temps pour que, cette convivialité trouve, aussi, écho dans des sorties et des voyages !

Les Compagnons des Arméniès en tournée !

Cette année, la troupe interprètera deux pièces en français signées Francis Poulet : « Fourre-tout, déménageurs » et« Les nanas en colo » et une en occitan : « La releva de la garda ». Les 28 et 29 mars « La Compagnie des Arméniès » se produira en avant- première dans son fief, à Moyrazès, bien-sûr nous en reparlerons. Notez,, dores et déjà qu’elle vous donne aussi rendez-vous le 3 avril à Rieupeyroux, le 25 avril à Sébazac , le 26 avril à Séverac l’Eglise et le 30 avril à Carcenac.

Précision finale : les décors ne sont pas de Roger Hart pas plus que les costumes de Donald Cardwell. Mais ils sont aussi le fruit de l’ingéniosité et de la créativité de cette sympathique troupe !