Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas mis les pieds à un bal… et comme les conscrits organisaient le leur, samedi soir, à Moyrazès, je me suis dit qu’il n’y avait pas meilleure occasion pour aller faire un petit reportage. Ni une ni deux, je saute dans mes talons aiguilles, me voilà partie, prête à une immersion au cœur de cette belle soirée pleine d’énergie et de surprises.
Sécurité rimait presque avec musclé, presque !
En arrivant aux abords du parking de la salle des fêtes, j’aperçois, au loin, des gilets fluo. J’imagine déjà la musculature saillante et les regards sévères de ces vigiles auprès desquels je vais devoir négocier mon entrée. Puis au fur et à mesure que je m’approche, mes craintes s’estompent : Il me semble même reconnaitre des têtes familières… Bah oui, forcément, ce ne sont que des parents, souriants et pleins de bonne humeur, qui jouent les gros bras pour l’occasion.



De bien sympathiques vigiles
David, l’un d’entre eux, me lance d’un large sourire « On est là pour impressionner! » Je me garde bien de relever quoi que ce soit…histoire de ne pas les faire tomber de leur piédestal…d’un soir. Philippe, lui s’exclame : « C’est dur, le métier de parent ! » résumant avec humour sa fierté d’être là et de donner un coup de main aux jeunes organisateurs de la soirée.

Christian ajoute : « C’est l’occasion de se retrouver entre parents. On passe finalement nous aussi une bonne soirée ! » Gérard insiste : « À l’époque, on avait été aidés. Aujourd’hui, c’est normal d’ être là, à notre tour ».

Joseph au travail, avec son équipe
Après avoir franchi ce sympathique cordon de vigiles démystifiés, avec lesquels j’ai établi une complicité toujours utile en de telles circonstances – j’arrivais devant la table des entrées. Là, une brochette de conscrits s’activait joyeusement à distribuer bracelets et tickets. Parmi eux, Joseph, le secrétaire de l’association accusé je le rappelle dans un précédent article de ne pas faire grand chose . Usant du droit de réponse que je lui avait octroyé le jeune homme en pleine action me sollicitait. « Regardez, là je travaille! ». J’en profitais pour immortaliser la scène, opposant, au poids des mots, le choc des photos, n’en déplaise à ses camarades médisants !


Les gardiens du temple de la fête
J’atteignais le sas d’entrée où dès 22h 30; Il fallait déjà commercer à jouer des coudes pour entrer. Immobiles, telles deux statues grecques , toutes de fluo vêtues, deux messieurs Greg et Lionel – des parents- l’œil aux aguets jouaient les portiers. Une simple reconnaissance générationnelle suffisait,tel un sésame, à m’ouvrir les portes du temple de la fête !


Derrière le bar : cocktail d’énergie et contrôle des billets
Je m’avançais vers le bar, parce que c’est là que, dès le début de la soirée, tout se passait. La concentration de jeunes au mètre carré m’impressionnait. Collés les uns aux autres, comme des grappes bien serrées autour du comptoir, ils échangeaient rires et regards malicieux, prêts à entamer la soirée en savourant quelques nectars de circonstances. « Est ce que je peux passer derrière le bar pour prendre des photos? »… « Attendez je vais chercher la présidente ! » L’accord d’Emmy obtenu validé d’un large sourire et d’un accueil chaleureux je poursuivais mes pérégrinations derrière le comptoir.






Attablées et studieux Céline et Nicolas- eux aussi parents de conscrits – géraient la caisse du bar. Nicolas m’expliquais : » C’est la première année que je viens aider, mais j’apprécie la musique et puis être là pour soutenir les jeunes, c’est super » Et Céline de relever « oui c’est aussi une façon de participer à la fête car ces jeunes se débrouillent très bien! ».

Coulisse, la ruche de la fête
Du bar, j’apercevais les coulisses, je découvrais Antoine, qui s’affairaient avec ses poubelles dans la cuisine.

Là, s’amoncelaient des cartons de verres et bouteilles, promesses d’une soirée où il n’y aurait pas que la bonne humeur qui devait couler à flots.

La brigade des saveurs s’active
Attirée les volutes de fumée gourmandes venant de l’extérieur, je découvrais Lucas, Lisa et Sylvain, tous conscrits, affairés à faire cuire saucisses et frites avec sérieux, méthode et une bonne dose d’ entrain ! Dans cet antre de la gourmandise, le quatuor distillait des effluves gastronomiques et alléchants, indispensables en de telles soirées, pour éponger le trop- plein d’élixirs de houblon ingurgités et la faim des aficionados de la piste de danse bien sûr !


Vague de jeunesse sur le parquet
De retour dans la salle, je slalomais dans la foule, de plus en plus dense. Les groupes de jeunes arrivaient par vagues. L’ambiance montait crescendo…Ça brillait de partout : paillettes, sacs scintillants, talons pour les filles et coiffures impeccables pour les garçons, chacun semblant avoir revêtu son costume de bal pour flamboyer sous les lumières.








Je me faufilais entre eux, l’euphorie était palpable : les copines se jetaient dans les bras les unes des autres en s’exclamant « Ah, t’es là ! Je suis trooop contente ! », tandis que les garçons discutaient, riaient et montraient fièrement leur style et leur coiffures du brocoli fade au textured Crop (pour ceux qui ne connaissent pas, comme moi vous ferez des recherches !) en passant par le mini- mulet (eh oui car, finalement les jeunes n’ont pas tout inventé !). La salle des fêtes devenait, au fil des heures, un véritable lieu de rendez-vous de tous les jeunes du territoire.

Les précurseurs du rythme
Au milieu de toute cette jeunesse, je croisais quelques discrets quadras et quinquas. Un verre à la main, ils se mêlaient à l’ambiance et participaient à leur façon à la fête, avec un sourire complice et parfois quelques pas de danse plus timides que téméraires.La musique combinée à l’effet bar commençaient sérieusement à réchauffer la salle . Le « Duo à deux » le groupe de première partie balançait quelques refrains bien sentis et les premiers pas hésitants se faisaient autour du bar.

DJ Sébastien B, maestro du tempo
Puis, passé 23 heures, DJ Sébastien B prenait le relais et la piste s’enflammait. Les premiers pas hésitants laissaient vite place à des mouvements plus audacieux, entrainés par des rythmes électrisants. Chef d’orchestre de cette énergie contagieuse Sébastien, revient pour la 3ème année, animer cette soirée à Moyrazès. Originaire de Rignac, le quadragénaire a fait ses premiers pas derrière les platines à l’Hélianthe il y a une vingtaine d’année. Alors la musique il la connait. résident de la discothèque le LOFT 89 où il fait vibrer les soirée étudiantes ruthénoises , Sébastien a depuis 2 ans fait de sa passion son métier à plein temps. Il mêle électro, son urbain, techno, et rythmes latinos, adaptant ses mixes à l’ambiance il pratique « l’open format ». Un œil sur la piste , une oreille sur l’ambiance voilà donc un des secrets de sa réussite !













Et la lumière fut
A ses côtés, Guillaume veillait aux lumières. Spots colorés, faisceaux mouvants, halos, tout avait été bien pensé pour accompagner les rythmes et magnifier cette soirée. Un atout certain pour l’ambiance,beaucoup moins pour mes photos !
Pour les fêtes, les conscrits mènent la danse
Mais derrière les paillettes et les spots, il y a aussi l’envers du décor. Installer, organiser, servir, veiller au bon déroulement puis ranger, balayer , démonter, nettoyer tout ne s’arrête pas quand la piste de danse se vide. Et c’est là que les conscrits se révèlent, il ne sont pas seulement adultes sur le papier. Avec leur engagement, leur énergie, leur bonne humeur, ils ont prouvé qu’ils ont aussi le sens des responsabilités. voilà qui leur donne les épaules légitimes et toute crédibilité pour porter la fête de votive fin mai prochain, ce qui n’est pas rien. Bref, à Moyrazès la jeunesse a trouvé son rythme et le bon. Derrière elle des parents, qui après cette longue nuit, ont, peut-être, eu quelques notes de retard sur leur cadence journalière…



