Quand l’art prend ses quartiers à Moyrazès à l’invitation des Ateliers de la Maresque

Hier à Moyrazès l’association « les Ateliers de la Maresque » inaugurait l’exposition « Rencontres artistiques », Espace Jean Mazenc. Entrée libre de 14h à 18 h jusqu’au dimanche 15 mars. Une initiative chaleureuse et appréciée qui, chaque année, rassemble amateurs et professionnels pour créer une belle alchimie artistique et qualitative au cœur du bourg ségali.

Des airs de quartier latin au cœur de Moyrazès

C’est devant un public nombreux et très éclectique que le maire Michel Artus et Nicole Ferlet, présidente de l’association, ont pris la parole, Karine Clément présidente de la Communauté de Communes étant excusée. C’était le moment de mettre en lumière les cinq artistes participants à l’évènement : JiCé : peintre, Sonia Privat : peintre, Rémy Teulier : sculpteur, Mariette Forges : céramiste et Prince Tordet :dessin au stylo bille .

Michel Artus a salué le travail de l’association et « sa capacité à faire partager sa passion ». Il a relevé « le plaisir de découvrir chaque année de belles surprises et des œuvres variées et de qualité ». Et de conclure, avec humour, dissimulant, à peine, une pointe de fierté et de chauvinisme : « Ce lieu devient un peu notre quartier latin ! »

Une équipe qui gagne ses paris

Nicole, présidente de l’association, a rappelé « les débuts modestes de l’exposition il y a une dizaine d’années, avec seulement quelques aquarellistes … » Elle a insisté sur le fait que l’exposition permet de rendre l’art accessible en milieu rural, tout en valorisant la diversité des participants, professionnels et amateurs confondus. « C’est un pari réussi! » lançait-elle, partageant son enthousiasme avec son équipe. Nicole mettait aussi en exergue ces personnes derrière les artistes et ces soutiens de l’ombre derrière leur association. Au rang desquels des bénévoles très impliqués, comme Serge Gabin, adjoint au maire, très engagé auprès des associations communales.

A chaque artiste, sa philosophie…

Mariette, céramiste professionnelle de Limoges, présente ses œuvres en terre, principalement des animaux. Elle confessait : « Notre atelier est pour nous tous , notre refuge » et ajoutait « on engrange plus de compliments que d’argent ». Mais forte de son expérience, elle assurait tout aussi joyeusement : »le partage donne aussi sa valeur à l’art, et, tout le monde s’y retrouve! » .

Sonia Privat, artiste aveyronnaise confirmée, a expliqué s’inspirer de ses rencontres, de ses voyages, de ses racines . Elle nous propose ici une petite escale en terres africaines…

JiCé a installé son atelier à Rodez. Sa renommée dépasse les frontières nationales. Sa définition de la peinture est inspirée d’une citation de Delacroix : « On parle à travers l’art. Un tableau dit ce que les mots ne peuvent plus exprimer. Il n’y a pas à expliquer un tableau… »

En amoureuse des lettres que je suis , je me plais cependant à penser qu’avec un vocabulaire bien fourni, les mots savent parfaitement relever ce défi !

Rémy, son art ne laisse personne de pierre

Rémy Teulier, sculpteur sur pierre, vit à Montbazens. Il fut d’abord tailleur de pierres, artisan de chantier, avant de devenir sculpteur sur pierre, artiste libre, une dizaine d’années plus tard, en 2015. Il travaille une pierre calcaire marbrière provenant de Puy -Lagarde. Parmi ses œuvres exposées à Moyrazès, une sculpturale bohémienne. Un buste qui a nécessité trois à quatre mois de travail ou encore “La Muse” née de sa dernière démonstration au Salon du Grand Palais. Exposition annuelle prestigieuse initiée par la société des Artistes français à laquelle il participe chaque année, tout comme au Salon Art et Patrimoine près d’Épinal. La finesse de son travail est remarquable : admirez le détail du tour de cou de la bohémienne… Je peux difficilement cacher mon coup de cœur pour cette œuvre. J’avoue avoir cherché quelques généreux mécènes toute la soirée pour me la faire offrir… En vain! Il faut croire que les gentlemen se faisaient discrets ce soir-là ou qu’ils n’étaient pas prêts à céder à mes caprices… culturels !

« J’expose, ici, pas mal de nus, mais, explique Rémy, ce n’est pas vraiment représentatif de mon travail. J’aime m’appliquer sur le détail les vêtements, les drapés, les cheveux … Je réalise mes pièces d’après modèles ou photos. »

Conscient également que ces belles créations ne sont pas à la portée de tous, le jeune sculpteur travaille sur de nouveaux projets. « Je voudrais créer des œuvres plus petites et les faire couler en bronze ». confiait-il.

Prince, le roi du portrait au stylo Bic

Qui de nous, un jour où l’autre – pendant un cours, une réunion, un appel téléphonique – n’a jamais attrapé un stylo pour tromper son ennui et griffonner quelques gribouillis. Prince Tordet transforme ce geste instinctif en véritables œuvres d’art qui ont subjugué le public. Prince, artiste amateur mais passionné, est originaire de Decazeville. S’il confesse dessiner depuis son enfance, il avoue s’être particulièrement intéressé au portrait au stylo pendant le confinement.

Avec un simple Bic et une feuille de papier Canson, il réalise des portraits et dessins d’une extrême finesse, capturant à merveille la lumière et la posture de ses modèles. Très modeste et discret, Prince peut compter sur son fils pour sa promotion. Haut comme trois pommes, l’adorable garçonnet joue à merveille le rôle d’ agent auprès de son père. Ce n’est là que le reflet d’une fierté légitime envers ce papa pétri de talent ! « Ce qui m’intéresse est de faire passer des émotions, transcrire fidèlement ce que j’observe » explique Prince. Dans le public, certains croyaient qu’il s’agissait de photos noir et blanc, c’est dire le réalisme ! Je vous livre un de ses secrets. « J’ai essayé d’autres marques mais je reviens toujours à Bic » s’amuse le dessinateur. Pas de doute, Prince est, incontestablement, le roi du Bic !

Regards curieux, échanges chaleureux

A l’issue des discours chacun a déambulé librement autour des œuvres, admiré les détails, échangé avec les artistes et apprécié la diversité des styles, dans une atmosphère des plus chaleureuses. La soirée s’est, ainsi, poursuivie autour d’un verre et de petits fours. Quelques gourmandises salées et sucrées préparés par les dames de l’Atelier de la Maresque, qui se révèlent aussi de fines cuisinières.

D’autres aventures artistiques à venir…

En juin, les membres de l’association proposeront, avec les conscrits, une nouvelle exposition au même endroit. Les ateliers de la Maresque accueilleront également la Biennale des artistes, dont le thème sera « Coquillages et crustacés », en novembre prochain… Mais, on en reparlera !

Cette exposition pourrait bien donner envie à certains de devenir des peintres du dimanche (s’il ne le sont déjà!), ou susciter des vocations artistiques.. Imaginez- vous, lundi matin au bureau, en train de croquer avec un simple Bic, et, beaucoup de malice – à défaut de talent – le portrait de votre patron et de vos collègues. Quel tableau !