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Vors, dimanche, le petit-déj’ et le « brunch » au Café Associatif, c’était, vraiment, le pied… de veau !

Niché dans son écrin de collines verdoyantes, Vors, est un village de jolies pierres et de maisons de caractères. Le clocher de l’église veille sur ces terres ségalies. A l’ombre de ce vieux gardien des temps passés, la place calme et harmonieuse complète ce tableau bucolique… Ici, il n’y avait plus de café depuis plus de 20 ans. Triste constat pour un village où l’on ne peut plus se retrouver autour du comptoir de zinc pour échanger les dernières nouvelles. Heureusement, depuis la création de l’Association d’animation de la Vallée de Lenne, les habitants se retrouvent désormais autour du bar en bois de la salle des fêtes.

La convivialité a repris ses droits dans le village

Ils y partagent repas et bonne humeur, comme ce dimanche. C’est aussi à l’initiative de cette association que la place du village a retrouvé sa superbe fontaine en son centre. Symbole d’un village où la vie s’écoule paisiblement.

Un agenda bien rempli

L’association d’ Animation de la Vallée de Lenne ouvre son café associatif tous les premiers vendredis du mois. Elle propose aussi, une fois par an, une soirée choucroute et le repas des voisins en juin. Cette année, le 4 juillet, on fêtera, ici, la Musique avec quelques libertés sur le calendrier mais pour la bonne cause : la vedette de cette soirée sera – excusez du peu !- un ancien candidat de The Voice : Manu Roig.

Des soirées et des thèmes

Les vendredis de retrouvailles, jeux de société, de cartes sont au programme et les occasions calendaires sont toujours prétextes à thématiser leur soirée. « On a fait Halloween et, récemment, la soirée crêpes pour la Chandeleur » témoigne Éléonore, une bénévole du groupe . « Et quand il n’y a pas de grignotage lors de nos soirées, on invite toujours un food-truck à s’installer devant la porte ! » ajoutent Julien et Grégory.

La Café Associatif tisse les liens en fil rouge

La salle des fêtes, elle- même, gérée par l’Association Animation Locale de Vors est pour la 4ème année, le quartier général du Café Associatif . Comme l’explique Grégory, le président « L’intérêt est de créer des liens intergénérationnels », des plus petits aux aînés de 90 printemps. « Cela permet, à tous, de côtoyer leurs voisins, de partager des moments de convivialité ». Bref, de renouer avec cet esprit village en souffrance depuis la disparition du café Trémouilles, il y a plus de deux décennies. « Sans aucun but lucratif, bien sûr ! » précise, très justement, Julien.

Compétences, idées, énergie

Tous ces rendez-vous festifs ne seraient pas possibles sans l’engagement des bénévoles. Le bureau de l’association qui coordonne ces animations est composé de : Grégory Pouget, président, Gabin Bony , vice- président, Emilie Trémouilles, secrétaire, Isabelle Cabot , vice-secrétaire , Pierre -Jean Taillefer, trésorier et Julien Bayol vice- trésorier. L’association compte une quinzaine de bénévoles actifs « et toujours des volontaires pour nous donner un coup de main » souligne Grégory. « On se relaie » précise Éléonore . Depuis samedi, le maximum des troupes avait été mobilisé pour préparer le petit déjeuner annuel.

Grégory, Isabelle, Stéphane, Julien et Eléonore

A table, chaud devant, chaud!

Du tout fait maison ! Au menu, ventrèche et farçous, pieds de veau, pommes de terre persillées, fouace perdue. Tout a été cuisiné, mijoté, patiemment touillé dans les coulisses de la salle des fêtes, depuis la veille… Les connaisseurs ne s’y sont pas trompés ils étaient déjà nombreux pour le premier service matinal et plus encore pour le second. Soit au total près d’une centaine de gourmands.

Parfums de festin et portrait d’ un gourmand

Dans ces effluves appétissants, mon petit déj’, pourtant très tardif, me paraissait déjà lointain. Je me faufilais entre les tables pour saisir l’ambiance et échanger quelques mots avec les convives.

Comme toujours, il y a toujours quelqu’un qui attire mon attention. Je jetais mon dévolu sur Pierre, accompagné de son épouse, Nathalie, Je ne tardais pas à comprendre que celui qui se présentait comme « un tarnais, mais tarnais bien du sud » avait, en fait, à Vors de profondes attaches familiales. Ses échanges avec ses voisins de table trahissaient, d’ailleurs, cette proximité.

D’un sourire malicieux, il me lançait « Il faut savoir changer d’abreuvoir ». Une formule, délicieusement drôle, pour me dire à quel point il se régalait. Voyant qu’il était démasqué le tarnais d’adoption capitulait « On est là pour retrouver les copains, la famille et passer un super bon moment !  » me confiait-il simplement.

Petite dégustation entre amis

Je poursuivais ma déambulation à travers les tables. Une dame m’interpellait :: Valérie. Face à elle , son mari, Philippe. J’ai déjà croisé ce monsieur quelque part…

Ah oui, il était vigile au bal des conscrits de Moyrazès. Le voilà donc, à grands coups de fourchette, en train de se refaire une musculature autour d’un plat de pieds de veau. Comment diable en est-il arrivé là ? Valérie, explique  : « Oui, on est de Moyrazès. Par WhatsApp on reçoit les informations sur Vors. C’est comme ca que l’on a su pour ce repas. C’est la première fois qu’on y vient. » Un couple de leur amis, Sonia et Christian, de Camboulazet les accompagnaient dans cette sympathique aventure gustative.

« Je n’avais jamais mangé de pied de veau de ma vie. C’est particulier, un peu gélatineux, mais le gratin, les farçous, le dessert… tout était délicieux. » commentait Valérie. Elle a également savouré l’ambiance, ce petit clin d’œil aux traditions rustiques.

Bruncher à l’Aveyronnaise, c’est tendance !

Je leur demande : «  Vous avez préféré venir au second service, comme ça, ça fait un peu repas de midi. »

«  Oui, c’est un brunch ! » me lance Christian

Un brunch ? Son ton, très naturel, me désarme complètement. Le prénom de Christian me laisse penser qu’il n’est pas tout à fait de « la génération brunch ». « Ah, mais j’ai des enfants !  », ajoute-t-il aussitôt, comme pour s’excuser de son écart linguistique générationnel !

Je laissais donc le quatuor  » bruncher » joyeusement et me glissait dans les coulisses. Les bénévoles s’affairaient à nettoyer, balayer, astiquer, récurer … A table, les convives prolongeaient leur conversations, savourant, leur café, à lentes gorgées . Il est de ces journées au parfum de bonheur simple qu’on ne voudrait jamais voir finir….