Cette année, le concours des Bœufs de Pâques de Baraqueville n’a pas eu lieu. Mais près de 200 personnes se sont retrouvées autour d’un repas convivial, sous un mot d’ordre simple, fédérateur et … très gourmand : « Manger du bœuf ! ». Un rendez-vous différent, mais fidèle à l’esprit de cette manifestation chère au monde agricole et au territoire.
Le temps des bœufs et des gourmands
Habituellement, ce concours national réunit éleveurs, acheteurs et plus de 300 animaux, Espace Raymond Lacombe. La tradition du bœuf gras est ancienne, liée à la fin du Carême. Après plusieurs semaines de restriction, la période de Pâques marquait, autrefois, le retour de repas plus généreux. Dans les campagnes, les éleveurs préparaient alors leurs plus belles bêtes, destinées à être présentées, vendues et mises à l’honneur. Une coutume qui, au fil du temps, a donné naissance à ces concours agricoles devenus incontournables.

Un rendez-vous suspendu par solidarité
Cette année, pourtant, la manifestation a été volontairement suspendue. L’association des Bœufs de Pâques, présidée par Jackie Sérieys, a fait ce choix, en raison d’un contexte sanitaire qui aurait empêché de nombreux éleveurs d’ Occitanie et d’ailleurs, de participer.
« La manifestation aurait pu se tenir, effectivement. Mais par solidarité avec ceux qui n’auraient pas pu être présents, nous avons préféré ne pas la maintenir. » souligne la présidente. Ce concours devait célébrer, cette année sa 27e édition.




Reconnaissance et récompenses, mais sans podium
Alors, les belles aux croupes rebondies, n’ont pas paradé cette année, elles sont sagement restées à l’étable ou dans les prairies verdoyantes. Elles n’ont pas été oubliées pour autant. Les éleveurs, dont les animaux avaient été sélectionnés pour le concours, ont reçu des plaques pour chaque bête. « C’était important pour nous de maintenir cette reconnaissance du travail accompli et de la qualité des animaux présentés », explique Jackie Sérieys.

Le bœuf, vedette gourmande des tables
Une autre manière de valoriser le savoir- faire des exploitations et la qualité de la viande était d’en proposer au menu. Réunis sous le mot d’ordre « Manger du bœuf » près de 200 convives ont prolongé la tradition du concours, autrement. Dans ce même élan plusieurs restaurant de Baraqueville avaient, eux aussi, joué le jeu en mettant cette viande persillée à l’honneur dans l’assiette.

Nicolas Andrieu, solidaire, tout simplement
Parmi les convives quelques visages bien connus, des habitués, des fidèles , des éleveurs, des acheteurs… Nicolas Andrieu en faisait partie. Initiateur de ce concours, s’il en a aujourd’hui laissé les rênes, il garde, toujours, un œil attentif sur son évolution.
« Vu les mesures sanitaires que subissent nos collègues du Tarn, des Pyrénées… on compatit. On a l’habitude de se retrouver ensemble sur ce concours. Ne pas maintenir la manifestation c’était aussi montrer notre soutien. Chaque bête qui avait été retenue sera quand même valorisée. Et on repartira encore mieux l’an prochain ». Il insistait, aussi, sur l’importance de ce type de rendez-vous : « C’est important de perpétuer ce genre de manifestation. Ça permet de ne pas rester enfermé dans nos fermes. Et puis c’est aussi une façon de se challenger, parce qu’il y a toujours de très belles bêtes présentées. C’est du circuit court, Il faut continuer à valoriser tout ça. »

Au cul des vaches…
Sur cette terre agricole du Ségala, le concours est avant tout un lieu de rencontres et d’échanges entre éleveurs, acheteurs et grand public. On déambule dans les allées, on fait le tour des bêtes, on les observe de près, « On tâte le cul des vaches », on s’extasie devant des formes généreuses et des croupes charnues, avant de se retrouver à la buvette pour partager un verre ou sous le chapiteau pour un repas.

Christophe Sudriès, une exigence qui ne faiblit pas
Un lien, une ambiance qui ont manqué cette année. Ce que souligne Christophe Sudriés, éleveur à Lédergues, habitué de la manifestation. « Ce qui va surtout manquer, c’est le contact avec les bouchers, avec les acheteurs. » Et si cette belle vitrine agricole lui a fait défaut il insiste: le travail a lui été bien mené. « Nous avons préparé nos bêtes avec la même exigence ».

Maison Alary: le lien est essentiel sur le terrain comme à table !
Une exigence partagée par les acheteurs, comme , la maison Alary, bouchers à Albi, fidèle de ce rendez-vous et cliente de l’élevage Sudriés. « Oui, bien- sûr, ce qui va manquer cette année, c’est le relationnel. Au-delà des achats, ces moments permettent aussi de comparer, d’échanger et de garder un regard sur le travail des autres professionnels. Mais cette soirée nous permet de nous retrouver dans une ambiance conviviale et nous sommes heureux d’y participer. »

Jean- Pierre Issolan, heureux d’être là, malgré tout
Un sentiment partagé par Jean-Pierre Issolan, éleveur-négociant à Montauban, qui avait tenu à faire le déplacement.
« C’est regrettable que cette manifestation n’ait pas lieu. Mais on ne peut rien changer à tout ça. On subit c’est comme ça » commente-t-il avec une pointe de fatalisme. « Mais c’est important de voir des amis et ça fait du bien d’être là, ce soir » ajoutait-il avec un large sourire.

Jacques Barbezange, du monde, du bœuf et du lien
Une soirée sous le signe de la convivialité et de la résilience
Le maire de Baraqueville, Jacques Barbezange, venu, lui aussi, déguster une belle pièce de bœuf a salué l’initiative.
« Je suis très content que cette soirée ait lieu. elle témoigne de la résilience des organisateurs et des éleveurs; C »est une richesse de pouvoir se retrouver, dans une ambiance conviviale et de soutenir la filière en mangeant du bœuf. » assurait le premier magistrat.

En cuisine, entre effervescence et parfums gourmands
Côté cuisine, « les Coquelicots » restaurateurs, traiteurs de Moyrazès étaient à l’œuvre, avec Laurent Bastide et son équipe, une dizaine d’extras était aux, ou autour des fourneaux. Au menu : du bœuf bien sûr, et des gourmandises salées et sucrées aveyronnaises. À l’extérieur, les effluves de truffade qui s’échappaient des poêles et les généreux sucs de viande embaumaient le quartier. A l’intérieur, serveurs et petites mains s’activaient. Qui pour préparer, qui pour servir les assiettes, qui pour déboucher le Marcillac…. »C’est très agréable de travailler dans de telles conditions » soulignait le cuisinier.




Objectif, faire un effet bœuf en 2026
Derrière cette organisation, la présidente Jackie Sérieys et son équipe ont su maintenir le cap avec brio et bonne humeur, malgré les circonstances.

L’engagement et le dynamisme de Jackie ont été salués par tous. Tous en sont convaincus, cette énergie collective permettra de repartir de plus belle, l’an prochain, et de prendre, une fois de plus, le taureau par les cornes.

