Du 9 au 13 septembre, Rieupeyroux prend la clé des champs pour cinq jours de cinéma, de rencontres et de découvertes. Pour sa 29e édition, Rencontres à la campagne met les jeunes talents à l’honneur et déroule un programme de 25 films, ponctué d’animations et d’apéros-concerts.
Un scénario qui se réécrit chaque année
Le premier clap de la 29e édition des Rencontres… à la campagne a résonné hier soir mercredi, au cœur de Rieupeyroux. Cinq jours durant, jusqu’à dimanche, le bourg du Ségala se retrouve tête d’affiche d’une manifestation -devenue au fil des ans – un événement phare de l’automne.
Le scénario de ce festival est écrit chaque année par l’association rieupeyrousaine éponyme. Sa richesse ? Une programmation cinématographique éclectique et un esprit festif. De quoi générer une ambiance des plus conviviales. Les cinéphiles y apprécient les projections et les échanges avec les invités du festival. Des professionnels du 7e Art qui partagent aussi leur regard et leur expérience. Ainsi, hier à l’initiative de la jeune association « Aveyron Ciné » réalisateurs, techniciens, maquilleurs costumiers…étaient invités à participer à un après- midi dédié aux métiers du ciné et de l’audiovisuel. En famille ou entre amis, on se retrouve autour du chapiteau, dans la salle où le cinéma déroule ses histoires sur grand écran.

Second rôle de premier plan
L’association ne compte qu’une salariée Jocelyne Carde, coordinatrice. On imagine bien que derrière ces quelques jours de projection et d’animation, c’est un travail de longue haleine. Sans compter que depuis 2001 l’association assure également, la programmation du cinéma.
Ce festival est, incontestablement, un mélange des genres et des sensibilités. Et cela fonctionne, sans doute parce que certaines rencontres y sont programmées et que d’autres sont parfaitement impromptues. Certes, c’est un festival mais …ne cherchez pas le tapis rouge : ici, les acteurs de premier plan sont les bénévoles.

Ils s’affairent sur le site dans la salle comme sous le chapiteau. Férus de ciné, attachés à leur territoire, leurs motivations sont diverses, mais dans un foisonnement d’enthousiasme et d’énergie, ils impulsent l’esprit si particulier de ce festival, de leur festival.
Traveling sur l’ouverture de la manifestation
Mercredi soir, à 20 h 30, la salle de cinéma Espace Gilbert Alauzet était pratiquement pleine pour l’ouverture officielle de cette édition 2026. Pour l’occasion, les discours se sont déroulés directement sur la scène, salle du cinéma, permettant à ceux qui ne connaissaient pas encore cet équipement de le découvrir et aux habitués de profiter du confort qu’il offre.

Dans l’assemblée, plusieurs représentants des communes voisines avaient fait le déplacement, parmi lesquels Paul Marty, maire de La Salvetat-Peyralès. À l’extérieur, le premier apéro-concert avait déjà commencé à donner le ton.

Tifenn Bouillard accueillait les élus à la tribune. La jeune femme est l’une des quatre responsables qui assurent, depuis 2024, la gouvernance collégiale de l’association, avec Charles Sève, Serge Marty et Babeth Maurel. Elle a évoqué cette « aventure collective et même intime », dans laquelle chacun se laisse entrainé par la magie du cinéma, portée cette année encore par « une ribambelle de films ».

Elle a également fait le lien avec l’édition précédente et le regard alors posé sur la communauté Rom, notamment à travers la programmation de Tony Gatlif. La disparition toute récente du cinéaste donnait une résonance particulière à ce souvenir. « L’an dernier déjà, il s’agissait de poser des regards sur ce que l’on ne regarde pas » soulignait- elle. Une démarche que les Rencontres poursuivaient cette année avec le film choisi en ouverture du festival , Les Éléphants dans la brume, d’Abinash Bikram Shah.

Plein écran sur le territoire
Pour Jean-Luc Thémines, maire de Rieupeyroux, cette ouverture avait une saveur particulière. Il a rappelé qu’il était de coutume que le maire ouvre le festival. Pour lui, c’était donc à la fois « une première » et « un grand plaisir » confessait-il.
Il a surtout tenu à remercier ceux qui rendent possible cette aventure : « rassembler autour et amener le cinéma à la campagne : les bénévoles, dont l’engagement participe largement à la notoriété de Rieupeyroux. » Il adressait aussi ses remerciements, « aux partenaires et, bien sûr, au public.«

Jean-Eudes Le Meignen, président de la Communauté de communes Aveyron Bas Ségala Viaur, avait annoncé la couleur en promettant, lui aussi, de respecter la consigne : faire court. » Une 29e édition, c’est extraordinaire », s’enthousiasmait-il, alors que nous ne sommes « ni une métropole ni une grande ville ».

Et pourtant, les Rencontres sont devenues « un événement phare de l’automne ». « La communauté de communes, assurait-il, continuera d’accorder toute sa confiance au festival et de faire vivre les alliances qui l’accompagnent…Car, il importe de préserver les bases d’un rendez-vous qui fonctionne tout en continuant à le faire évoluer. »
Il s’est également réjoui de la gouvernance collégiale mise en place depuis 2024. « Une évolution qui permet de poursuivre l’aventure sans perdre ce qui en constitue les fondations. »
Gros plan sur la liberté
Autre dimension mise en avant : l’éducation à l’image. Jean-Eudes Le Meignen a insisté sur « l’importance de former les spectateurs de demain« , en leur donnant les clés nécessaires pour développer leur esprit critique et gagner « en liberté de pensée et en liberté tout court ».

Une réflexion qui trouvait un écho particulier dans les propos de Brigitte Mazars, conseillère départementale. Elle aussi a rappelé que venir aux Rencontres était chaque année un plaisir et que « la culture, c’est la liberté », mais aussi « le partage et la diversité. »

« Une culture nécessaire au vivre-ensemble » et qui, pour elle, ne peut qu’être encouragée. Elle a rappelé l’engagement du Département, de son président et de l’ensemble des conseillers départementaux aux côtés de nombreux dispositifs culturels. Car de telles manifestations sont aussi, selon elle, « un enrichissement, des rencontres et un plaisir partagé ».

Les projecteurs sur les bénévoles
Pascal Mazet, conseiller régional, exprimait « sa fierté d’être présent pour la deuxième fois » à l’ouverture de ce festival . Il soulignait la chance de disposer à Rieupeyroux d’une « superbe salle », offrant, même en milieu rural, « la possibilité d’aller au cinéma dans de très bonnes conditions ». Il a rappelé très justement que cette place accordée à la culture est le choix des élus d’aujourd’hui, mais également de ceux qui les ont précédés, à l’image de Gilbert Alauzet dont cet espace culturel porte le nom. La Région, a-t-il rappelé, accompagne, elle aussi, les événements culturels. Puis, son regard s’est surtout tourné vers ceux qui, dans l’ombre, font vivre le festival. La cinquantaine de bénévoles a eu droit à ses remerciements et à ses félicitations. Et Pascal Mazet de conclure avec enthousiasme : « l’ambiance est super, et j’ai même l’impression qu’il y a plus de monde que l’an dernier. »

Dernier plan : place au cinéma
Sur ces paroles enthousiastes, les Rencontres… à la campagne ont officiellement ouvert leur 29e édition. Il ne restait plus qu’à laisser place au septième art. Les lumières se sont éteintes. Les derniers arrivants ont pris place. Le cinéma prend désormais sans complexe la clé des champs pour les Rencontres… à la campagne, toujours plus surprenantes et inattendues. Sur l’écran noir de ses nuits blanches, Rieupeyroux est prête à faire tout un cinéma et pas seulement sur grand écran ! Tout un programme, ci -dessous résumé en photo. Pour plus de détail retrouvez le programme complet en cliquant sur le lien en-dessous.

Pour un programme détaillé, cliquez sur le lien ci-dessous
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