Mariage gourmand à Rieupeyroux : l’album souvenir des invités aux noces de la pomme de terre avec le veau d’Aveyron et du Ségala

Le mariage du veau d’Aveyron et de la pomme de terre a été largement consommé, ce premier dimanche d’août, à Rieupeyroux. Des noces gourmandes qui, année après année, continuent de rassembler les amoureux du terroir et les touristes. Péché de gourmandise n’est pas mortel et c’est heureux ! Gourmets et gourmands étaient nombreux autour du marché couvert pour célébrer dignement cette délicieuse union.

Les maîtres d’oeuvre de la noce

C’est, donc, là que les convives avaient rendez-vous. Producteurs, artisans, associations et bénévoles avaient mis les petits plats dans les grands pour faire de ces noces, un moment aussi aussi gourmand que festif. C’est la municipalité qui avait endossé, comme il est d’usage en telles circonstances, le costume de maître de cérémonie.

Le maire Jean-Luc Thémines avait des raisons supplémentaires de savourer ce rendez-vous annuel inscrit dans la tradition communale. Il s’en confiait à la tribune, juste avant le vin d’honneur :

« C’est une grande fierté d’être là, pour la première fois en tant que premier magistrat, pour cette manifestation qui a toujours été portée par la municipalité de Rieupeyroux. »

Une union née de l’histoire …et des hommes

Une fierté nourrie, aussi, par une histoire, plus personnelle. D’abord, à travers le souvenir de son père, René Thémines, producteur de pommes de terre, ambassadeur historique du tubercule ségali. René comptait parmi les initiateurs de cette manifestation aux côtés, entre autres, de Gilbert Alauzet, alors maire de Rieupeyroux.

Ensuite parce que l’histoire continue… Son frère, Patrick, boucher de métier, contribue, lui aussi et au quotidien, à faire rayonner l’autre vedette de cette fête : le veau d’Aveyron et du Ségala.

Depuis 1993, dans les différentes enseignes tenues par la famille, de Rieupeyroux à U Express Rignac aujourd’hui, Patrick n’a jamais cessé de porter haut et loin les couleurs de ce fleuron gourmand. Toujours avec le même enthousiasme. Toujours avec la même passion.

Jean-Luc Thémines et Daniel Carrié, quand un maire rencontre un ancien maire…

Ce dimanche, dans les allées de la fête, on pouvait croiser Daniel Carrié, ancien maire de Lunac et surtout Président fondateur de l’Interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala (IRVA). Lui aussi fait partie de ceux qui ont contribué à écrire de belles pages de l’histoire de cette filière.

Des serveurs triés sur le volet pour le vin d’honneur

Des conseillers municipaux étaient, sur le pont, depuis la veille pour préparer l’évènement et sa mise en place logistique. A la clôture des festivités, les mêmes étaient encore à pied d’oeuvre.

Entre-temps, chacun avait pu découvrir quelques talents insoupçonnés au sein de cette équipe municipale. Jean-Louis avait visiblement trouvé sa vocation derrière le comptoir, avec une aisance de serveur chevronné.

Valérie et Sophie, elles, distribuaient autant de sourires que de verres de kir. A croire, d’ailleurs, que certains visiteurs avaient des verres percés tant ils revenaient régulièrement refaire le plein.

Alexis veillait quant à lui au ravitaillement des plateaux de chips et de cacahuètes. Leur contenu semblait avoir une fâcheuse tendance à disparaître presque aussi vite qu’il était renouvelé.

Michèle – dans son élément : les foires et marchés – supervisait l’approvisionnement des breuvages autour de ce bar municipal éphémère.

La buvette de la fête prenait ensuite le relais, tenue par l’équipe du Grill, selon le principe d’une rotation annuelle entre les bars du village.

La farandole gourmande des producteurs de pays

Le marché des producteurs de pays avait quitté la place de la Poste pour prendre ses quartiers autour du marché couvert. Et qui dit mariage des saveurs, dit forcément joyeuse farandole. Celle -ci était avant tout gourmande. Mais, ici, on ne faisait pas que passer. Ça discutait. Ça échangeait. Ça plaisantait d’un étal à l’autre. Dans les allées on s’arrêtait quelques instants sur le stand coloré de créations textiles, appréciant un savoir-faire.

On croisait quelques connaissances: « Tiens, bonjour, ça va ? Ça faisait longtemps, dis donc…! » On savourait un verre proposé à la dégustation… Et puis on repartait, un petit bout de Ségala dans le cabas.

Les habitués retrouvaient leurs producteurs de pays, présents chaque dimanche durant la saison estivale, et remplissaient en toute confiance leurs paniers de trésors. Les touristes, eux, goûtaient, volontiers, des échantillons de spécialités locales, s’accordant un préambule papillaire avant de rejoindre les tables dressées sous le marché couvert.

Le veau d’Aveyron et du Ségala, un très bon parti

Les premiers effluves d’escalopes de veau grillées sur les planchas embaumaient les abords du marché couvert à l’heure du déjeuner. Mais, les éleveurs de Veau d’Aveyron et du Ségala étaient là, dès les premières heures de la matinée, derrière leur stand. « Ces Gars là régalent » ont échangé avec les visiteurs autour de cette viande d’exception, partageant bien plus qu’un savoir-faire : une véritable passion pour leur métier.

Les demoiselles d’honneur révèlent une mariée à croquer

Et qui dit mariage dit mariée… Elle n’était, évidemment, pas bien loin. La pomme de terre du Ségala, prénommée Anaïs, pouvait compter, pour l’accompagner dans ce grand jour, sur ses trois jeunes demoiselles d’honneur : Anaïs, Lucie et Manon Rivière, filles d’Anne et Bruno, producteurs de pommes de terre au Py.

Les trois sœurs connaissent cette mariée un peu mieux que quiconque, cette pomme de terre-qui partage son prénom avec l’une d’elles-fait partie de leur quotidien. Elles ont grandi ensemble, au rythme des saisons et des travaux dans les champs familiaux. Toute la matinée, les trois demoiselles d’honneur n’ont pas ménagé leurs efforts pour présenter la mariée sous son meilleur jour.

Les allers-retours se sont succédés entre leur stand et leur réserve : un 4×4 stationné juste en face, où s’entassaient les sacs de pommes de terre. Les trois jeunes rieupeyrousaines ont aussi veillé à la mise en beauté de la mariée : quelques bains d’huile pour dorer sa peau et la rendre craquante. Gageons que le Veau d’Aveyron et du Ségala ne soit pas trop jaloux : sa pulpeuse promise a attiré, ce jour-là, bien des prétendants…

Deux couturiers pour une robe… des champs

Une mariée qui avait, bien-sûr, revêtu sa plus belle robe… des champs. Une tenue que Jean-Louis et Daniel prenaient un malin plaisir à lui retirer. Après un bain chaud, dans la marmite fumante des deux compères, la précieuse pomme de terre était prête pour un effeuillage aussi malicieux qu’indispensable. Elle s’ offrait alors simplement parée de quelques diamants de sel.

Jean-Louis et Daniel ne manquaient pas de répéter à qui voulait l’entendre que l’effeuillage – pardon, l’épluchage – des patates est une tâche qu’ils maîtrisent parfaitement et pratiquent régulièrement à la maison. Une affirmation que leurs épouses respectives Martine et Sylvie pourraient, si elles le souhaitent, confirmer ou peut-être nuancer, dans les pages de la Gazette !

De vénérables mécaniques pour cortège nuptial

Il fallait bien un cortège pour accompagner ce mariage et constituer une haie d’honneur. Ici, point de voitures rutilantes, mais de vénérables tracteurs anciens, sagement garés, aux portes de la fête. Ils roulaient des mécaniques, non sans fierté, pour rendre hommage à ce beau couple de mariés.

Un pied dans le passé, l’autre dans l’avenir

Certes, ce mariage avait des allures rustiques et champêtres et il les affichait dans les moindres détails… Pas question pour Raymond de rester les deux pieds dans le même sabot, en ce jour de fête : fidèle au rendez-vous, le passionné façonnait, une nouvelle fois, sous les yeux des visiteurs, ces chaussures d’un autre temps. Raymond creusait, grattait, affinait la matière avec une précision impressionnante, faisant revivre un geste ancestral. À ses côtés, Clément l’assistait aux machines, preuve que ces savoir-faire d’autrefois continuent de se transmettre. De quoi impressionner les touristes et pas seulement « Je suis sûre que mon père en a porté pour aller à l’école » me glissait Babeth de Vabre Tizac.

Un nid d’amour tout douillet pour la mariée

La pomme de terre, mariée du jour, pouvait aussi prétendre à son petit nid d’amour. D’ailleurs Bernard, mettait tout son cœur pour le lui confectionner. Sous ses mains expertes naissaient les fameux paillassous, ces petits paniers de seigle carrés, ronds ou ovales.

Des brins de paille savamment assemblés par à des liens de ronces. Une paille de seigle si intimement liée à notre territoire qu’elle l’a baptisée de son nom : le Ségala.

Une terre que Bernard foulait fièrement ce dimanche, sabots aux pieds, un lit douillet de cette même paille faisant office de semelle à l’intérieur.

Le mariage au rythme des traditions

Il fallait bien de la musique aussi pour rythmer la journée. Elle avait pris un fort accent rouergat avec Los Bentres Negres de Rieupeyroux, qui accueillaient La Pastourelle de Rodez et Lou Pastourios, de Haute-Loire. Les groupes ont entrainé le public dans une véritable escapade au cœur des traditions, entre musique, danses et costumes régionaux. « Il y a dix ans, Rieupeyroux était venu chez nous. Dix ans plus tard, c’est à notre tour », racontait une danseuse de Haute-Loire, rappelant ces liens d’amitié qui unissent les groupes folkloriques bien au-delà des frontières départementales.(Vidéo si -dessous)

Une fête qui a fait jeu de tout bois

.Quelques animations avaient également été imaginées pour amuser petits et grands. Des jeux en bois, loués par la municipalité, ainsi qu’une initiation de quilles au maillet, invitaient à renouer avec les plaisirs simples d’autrefois.

La discipline des quilles au maillet connaît, aujourd’hui, un véritable engouement en Aveyron, où le nombre de pratiquants dépasse même celui de son département d’origine, le Gers. Le Maillet Rouergat, basé à Onet-le-Château, rassemble 220 joueurs et 18 arbitres. Ouverte à tous, la pratique séduit de 7 à 92 ans, âge du doyen aveyronnais de la discipline. Le 22 août prochain, Baraqueville accueillera son championnat de France par équipes.

De joyeux et sympathiques rieupeyrousains ambassadeurs du jeu de quilles au maillet… en pause !

Cette journée en plus de ses petits à-côtés (rando, visites et découvertes…) aura finalement réuni tout ce qui fait le charme de notre territoire : des produits d’exception, des savoir-faire, des habitants fiers de faire vivre leurs traditions, de partager leurs richesses et de transmettre leurs passions.

Il ne reste plus qu’à souhaiter, selon la formule consacrée, à ce beau couple ségali : la pomme de terre et le Veau d’Aveyron et du Ségala, de vivre heureux, longtemps, très longtemps et d’avoir beaucoup… de gourmands !

En savoir plus sur La Gazette De Notre Ségala

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture