A Baraqueville, Tristan Gonzalez, qui en connait un rayon, lance sa boutique de cycles Passion Vélo 12

Les cyclistes petits et grands, amateurs comme passionnés redonnent volontiers du braquet avec les beaux jours. Et, à Baraqueville, un nouveau point de passage vient s’ajouter à leur itinéraire : la boutique-atelier de Tristan Gonzalez, Passion Vélo 12, installé depuis un mois dans le bourg.

Dans la roue des cyclistes du Ségala

Sur les routes du Ségala, sous le soleil printanier, on les croise en petits groupes ou en solitaire . Le casque bien vissé et les mollets en action, ils sillonnent les départementales en VTC, VTT et VAE… Enfin, plus simplement, sur leur vélo !

Ce sont ces cyclistes qui roulent-sans autre ambition-que celle de profiter de leur balade, avec la sagesse d’un Poulidor. Ou ceux – plus proches de Pogacar, dans l’intention – qui investissent la chaussée comme s’il disputaient une échappée du Tour de France. Ils laissent souvent, derrière eux, des automobilistes contraints et résignés, suiveurs malgré eux.

Ceux qui m’amusent le plus, arborent fièrement leur maillot jaune comme si la couleur avait des vertus presque magiques dans l’effort.

Coup de pouce dans le peloton

Mais une nouvelle catégorie de cyclistes est entrée dans le peloton ces dernières années : les adeptes du VAE, comprenez vélo à assistance électrique. « Ce n’est qu’un coup de pouce. Il faut quand même pédaler » . C’est en tout cas ce qu’affirment Marie-Ange et Bernard (pour ne pas les citer!) convertis à la discipline . Deux sportifs du dimanche, de Moyrazès, qui, malgré cette petite assistance, n’ont rien perdu de leur panache !

Tristan Gonzalez propose plusieurs modèles électriques et observe, lui aussi, l’engouement pour ces deux roues. « C’est un vrai plus pour le grand public, dans une pratique plus accessible au quotidien. Mais il a aussi trouvé sa place chez les professionnels, qui l’utilisent notamment pour les reconnaissances de parcours ou certaines phases d’entraînement », explique-t-il.

Des souvenirs…à la gomme!

Le vélo ne se résume pas à une pratique sportive. Il accompagne les déplacements du quotidien, les balades en famille, les premières sorties entre copains. Et c’est pour cela qu’il traverse les générations et les usages. C’est cette réalité que Tristan a voulu retrouver dans son magasin : un lieu ouvert à tous, du simple promeneur aux passionnés…

Qui n’est jamais monté sur un vélo ? Dans l’atelier, les parfums de gomme et de caoutchouc réveillent instantanément les souvenirs. Même moi, avant de découvrir les talons aiguilles, je m’y suis essayée. Quelques traces sur mon front en témoignent encore… mais ça, c’est une autre histoire.

Toujours en garder sous la pédale…

Tristan grandit très tôt dans l’univers du deux-roues… motorisé : l’enduro, aux côtés de son père, Philippe. Une chute importante , à 11 ans l’ a contraint à interrompre ce sport. C’est là qu’il découvre un autre univers : celui du vélo. En observant un club cycliste s’entraîner, il change de terrain de jeu. « Finis les chemins de traverse, les sous-bois, place à l’asphalte et aux routes. C’est une autre manière de découvrir le monde ! » s’amuse Tristan. Bien sûr, son rêve ultime est de devenir cycliste professionnel. Mais il le sait : »beaucoup de candidats et peu d’élus. » Il suit donc, sagement, les conseils de ses parents, qui l’encouragent tout en lui conseillant d’en garder sous la pédale.

Il fait des études, consciencieusement.

Un solide bagage pour aller de l’avant

Enfant du pays, Tristan, 22 ans , a suivi sa scolarité à Baraqueville. Fort d’un bac professionnel commerce au lycée Louis Querbes à Rodez, il a enrichi sa trajectoire à chaque étape de son parcours.

Il obtient un bachelor en marketing management du sport à Pau, en alternance chez Décathlon à Rodez. Parallèlement, il se forme au métier de technicien cycle. Il poursuit sa route par une formation spécifique au vélo à assistance électrique, à L’Isle-Jourdain (Gers), tout en travaillant dans une usine d’assemblage de vélos. En 2024/25, il intègre Intersport à Avignon. Comme il en connaît déjà un rayon, il travaille, naturellement, dans l’univers des cycles.

Avec une étonnante maturité Tristan avance ainsi entre idées et concret. L’enfant qui jouait au marchand et l’adolescent passionné de vélo ont grandi. Et une évidence va s’imposer, réunir ses deux passions : ouvrir une boutique de cycles. Mais Tristan n’est pas de ceux qui foncent tête dans le guidon. Il réfléchit, étudie, calcule, mûrit son rêve. « Où quand comment? »

L’étape décisive de Tristan à Baraqueville

Baraqueville apparaît, vite, comme le choix incontournable et stratégique, « C’est chez moi et puis c’est un véritable carrefour de territoires » souligne Tristan. Une étude de marché le confirme : l’offre est bien présente autour de Rodez mais plus rare voire inexistante en Ségala. « Le dernier magasin de cycle à Baraqueville a fermé en 2003 » confirme-il, « non par manque de travail, mais faute de repreneur. »

Tristan présente son projet au maire, Jacques Barbezange. Ancien rugbyman et avec son équipe municipale, particulièrement attaché aux valeurs du sport, celui-ci accueille la démarche avec grand intérêt. Quelques conditions sont toutefois posées, notamment sur la question du stationnement, jugée essentielle pour l’accueil de la clientèle.

Derniers réglages avant le départ

Mais qui cherche trouve, en octobre 2025, Tristan reçoit reçoit les clés, de son local. Quelques aménagements suffisent : panneaux muraux, coin accueil, espace atelier. « L’atelier est petit. Le plus petit qu’on puisse faire”, dit-il avec humour, « mais parfaitement fonctionnel ». Tristan conserve l’esprit du lieu : simple, naturel et convivial, à son image. Sa famille s’investit discrètement. Sa mère apporte la touche déco, son grand-père ponce les planches qui mettent en valeur les vélos exposés…

Un départ à la bonne cadence

Dans ce décor, presque familier, Tristan Gonzalez s’est, officiellement, mis en selle le 4 avril dernier. Une date choisie avec soin : début de la saison cycliste professionnelle, retour des beaux jours et reprise des sorties pour les amateurs. « Cela me laissait aussi le temps de me préparer pour la foire. » ajoute-t-il. Foire, dont il tire, d’ailleurs, un premier bilan très positif.

Une chaine d’approvisionnement bien huilée

Dix-sept vélos aux cadres flambants neufs et aux pédales rutilantes sont exposés dans le magasin VTC, VTT, VAE musculaires ou électriques. Un seul modèle enfant, pour l’instant trône au milieu de ses grands frères. Les prochains vont arriver !

Tristan est indépendant : il choisit les marques avec lesquelles il travaille. Dans une logique de qualité et de proximité qu’il défend, il privilégie les fabricants français et européens. « Leur délai de livraison sont courts » ajoute-t-il. Pour les pièces détachées, les circuits d’approvisionnement sont plus larges et moins maitrisables.

De l’équipement au ravitaillement

On y trouve également tous les consommables : chaînes, pneus, chambres à air, plaquettes, patins… Mais aussi ces petits plus utiles à la sécurité et au confort : éclairages, sacoches, antivols, rétroviseurs, housses de selle et produits d’entretien. L’ espace nutrition sportive est alléchant, orienté entre récupération et équilibre. Et- excusez du peu !- avec des recettes élaborées par un chef du guide Michelin.

Sur les portants, inutile de chercher le maillot jaune: ici, on est plutôt dans la pratique que dans la conquête des podiums !

Vous souhaitez vendre votre vélo ? Apportez-le à Tristan. Il le révisera, le photographiera, se chargera de le proposer à la vente, et vous mettra en relation avec des acheteurs. Il accompagne également ceux qui recherchent un modèle d’occasion, en les guidant dans leur choix. Il propose aussi le nettoyage des vélos pour ceux qui ont tendance à négliger cette étape.

Un arrêt au bord de la route

L’idée d’un lieu plus vivant commence elle aussi à prendre forme avec l’arrivée des beaux jours. Sur sa terrasse, déjà très verdoyante (!), Tristan va installer table et tabourets pour offrir aux cyclistes une pause bienvenue. Pour partager un café , comme le font déjà les voisins du jeune commerçant, le matin, ou simplement un moment de repos après l’effort, face à une curiosité locale : l’église de Baraqueville et son clocher singulier, posé à côté du bâtiment et non sur le toit!

Sur le bon pignon

Tristan le répète avec le sourire tout au long de notre conversation : « maintenant que je suis patron ». Un petit gimmick qu’il laisse revenir, comme pour intégrer pleinement et se convaincre de cette nouvelle réalité.

Dans son coin atelier, une plaque en laiton marque cette étape. Une présence discrète, presque poétique, qui dit simplement : « L’atelier du rêve ». Celle d’un rêve devenu concret.

Une devise accompagne Tristan « A vélo aucun frein, tout à l’instinct » . Le braquet est enclenché : Tristan trace désormais sa route, seul en tête. Un parcours qui le mènera, au fil des étapes au bout de ses rêves….