Labastide l’Evêque : De la Ferme « Les Mamours » à l’émission de télévision « Les As du Jardin », Corine et Pascal dévoilent leurs atouts

À la Crouzette, commune de Labastide -l’Évêque, la ferme les Mamours respire le calme et la tranquillité. Depuis onze ans , Corine et Pascal Rambeau y cultivent, patiemment, une vie au rythme de la nature, entre jardin et chambres d’hôtes. Un quotidien à mille lieues des projecteurs et pourtant… Corine a, récemment, participé aux tournages du programme de France Télévision : Les As du Jardin. Découvrons l’univers de cette passionnée qui a plus d’un atout, dans sa brouette.

Au fil d’une route de campagne

« Chambre d’hôtes La Crouzette » le panneau m’invite, clairement, à bifurquer sur une petite route qui mène à un hameau. Elle s’engouffre insidieusement dans la campagne profonde, serpente entre collines et paysages verdoyants, ici un petit étang, là trois maisons. Elle se resserre peu à peu, devient plus discrète. C’est, maintenant, presque un chemin tout ourlé de végétation dense, comme une haie d’honneur. « Vous avez atteint votre destination » me lance le GPS, mettant fin à mon voyage bucolique.

Dans l’écrin de la cour

Dans la cours, Oxo, le chien de la maison vient à ma rencontre. Il prend les devants, descend quelques marches et m’invite à le suivre. Mes talons crissent sur la petite allée de gravillons. Me voilà au cœur d’un écrin végétal. Les feuillages se superposent, s’enchevêtrent dans une chorégraphie harmonieuse. Les branches ondulent, les tiges dessinent et épousent des lignes souples. Mon regard circule sans se perdre, jusqu’à cette ouverture au fond de la cour, comme une respiration vers les champs. Je regarde. J’écoute. Je m’attarde.

Des touches de couleurs sur le tableau champêtre

La couleur se déploie avec parcimonie, une fleur ici, une nuance là , des roses s’épanouissent, doucement aux prémices de la belle saison. Des bancs de bois, des fauteuils de rotin invitent à la rêverie et la contemplation. La ferme Les Mamours ne se visite pas : elle se raconte, elle se ressent.

Sous le petit auvent de bois accroché à la façade de pierres, un carillon suspendu tinte discrètement. Des chaussons sont posés sur la marche d’entrée, comme deux traits d’union entre intérieur et extérieur. De la porte entr’ouverte s’échappe un joyeux « bonjour! » lancé de concert par Pascal et Corine.

Un retour à l’essentiel

Il y a onze ans, le sympathique couple quittait Narbonne et de bonnes situations professionnelles pour s’installer ici. Une rupture choisie, un retour à l’essentiel pour vivre simplement et se suffire. En juillet 2015, ils investissaient cet ancien corps de ferme. Le charme était là, mais tout était à construire : défricher, rénover, réinventer. Aujourd’hui, le lieu a retrouvé sa superbe. Corine et Pascal, leur équilibre.

Une philosophie au rythme du vivant

« On travaille avec la nature, pas contre elle » résume Corine. D’ailleurs même dans ses mots la nuance est nette: « Il n’y a pas de mauvaises herbes, seulement des indésirables. »

A La Crouzette, la nature vit, mais elle est accompagnée, orientée mais toujours respectée. Le jardin devient alors un écosystème vivant, en mouvement permanent.

Des saisons pleines de vie

Au fil des saisons, la ferme produit, transforme, invente et s’invente. Pommes, poires, sureau, pêches, abricots, noix, fruits divers… rien ne se perd. Tout se transforme en confitures, sirops, vinaigres ou apéritifs. L’été, les marmites en cuivre bouillonnent de mille sucs et les parfums envahissent la cour.

Ces animaux qui ont la clé des champs

Les trois ruches livrent un miel doré aux reflets ambrés . Dans la basse-cour, les poules caquettent joyeusement et pondent parfois de surprenants œufs bleus. Les canards arpentent les abords d’une démarche chaloupée. Les brebis et les agneaux se délectent dans les pâtures du Ségala sous l’œil amusé des deux ânes de la maison.

Un jardin aux mille richesses

Un premier potager laisse peu à peu place à un jardin fleuri. « Il donnait peu. Alors nous en avons crée un second sur une ancienne pâture, un sol naturellement plus fertile » se réjouit Corine. Comme le premier, il sera enrichi d’un bassin. « Pensé au départ pour l’arrosage » précise-t-elle en souriant. Il est, finalement, devenu le repaire de carpes, de salamandres et de colonies d’insectes aquatiques qui en ont fait leur pied-à-terre.

Le jardin déploie fièrement toute sa richesse. Les aromatiques y poussent en abondance : thym, menthe, estragon, fenouil, pimprenelle, coriandre… Et puis, il y a aussi ces légumes perpétuels aux noms un peu déroutants : chou Daubenton, poireau vivace, glycine tubéreuse… Des présences discrètes qui s’inscrivent dans le temps long, du jardin.

« Je ne cultive aucun légume racine, ni carotte, ni pomme de terre » s’excuserait presque Corine. Un choix assumé, un brin complice dans ce Ségala rieupeyrousain, berceau de la pomme de terre. Ici, on préfère la mettre au menu plutôt que dans le potager !

Dans le silence feutré du jardin secret

On peut aussi pousser la porte d’un jardin plus secret, à l’abri des regards. dans une ancienne étable. Des champignons de Paris prennent l’accent aveyronnais. Ils grandissent, sagement, dans leur bac à sable et dans la fraîcheur des pierres. Des endives, toutes aussi discrètes, nacrent leurs feuilles dans une pénombre apprivoisée.

Accueil et saveurs à la ferme

La ferme Les Mamours est aussi un lieu d’accueil. Deux chambres d’hôtes permettent de recevoir les visiteurs. Le matin, le petit déjeuner donne le ton : pain, brioche, miel, confiture… tout est fait maison,bien sûr et avec des produits locaux, notamment la farine de Chez Marty (Moulin du Castagnié à Moyrazès). La table d’hôtes prolonge l’expérience (hors juillet et août), autour d’une cuisine simple et sincère, avec tous les produits de la ferme.

Pour les plaisirs sucrés du matin, brioches et pains, Corine met la main à la pâte. Pour les repas c’est Pascal qui prend le relais aux fourneaux. Il jongle avec les produits de saison pour composer au piano sa partition gourmande. Même si, sur les réseaux sociaux il séduit bien des fins palais avec ses réalisations, la table d’hôtes reste, malheureusement, réservée aux visiteurs séjournant dans les chambres.

La boutique des savoir-faire

Et puis il y a la boutique. Installée dans une ancienne étable, elle ressemble à un cabinet de curiosités rural : outils anciens, objets chinés, appareil à carder la laine… et les productions de la ferme, mêlées à des créations d’artisans locaux. Un lieu où l’on prend le temps, encore.

Le téléphone sonnera deux fois

Et parfois, le quotidien s’ouvre sur des horizons inattendus. Tout est parti l’an dernier d’un appel d’une maison de production : «  Accepteriez-vous de participer au programme de France Télévisions, Les As du jardin ? » Corine croit à une plaisanterie. L’aventure s’arrête là : le casting est finalement clos sans elle. Mais le récit rebondit cette année. En février, elle est à nouveau sollicitée et, cette fois-ci, la ferme Les Mamours intègre le casting. Reste à savoir qui de Pascal ou de Corine partira en tournage. « Le choix se fait naturellement », confirme Corine, plus à l’aise pour échanger, un brin plus volubile, comme elle le souligne, elle-même.

Dans les coulisses du tournage à Montpellier

Elle s’est donc prêtée au jeu. Le tournage a eu lieu en avril, sur une semaine, à Montpellier, dans le cadre exceptionnel du château de Flaugergues. L’émission sera présentée par Ariane Broglié et Marcelarium, influenceur jardin. Les candidats étaient huit : Valentin, Éliane, Emmanuel, William, Nathalie, Dimitri, Manon et notre aveyronnaise. Tous d’âge et d’horizons très différents.

Très vite, Corine découvre un monde où tout respire la bienveillance. L’équipe, les échanges entre candidats, les repas, le lieu lui-même… tout participe à une même philosophie : créer, jardiner, mais surtout partager dans un esprit d’ouverture et de respect. On leur explique le principe de l’émission : une compétition certes, mais avant tout une invitation à donner envie de jardiner, à créer et à transmettre. D’ailleurs, la règle du jeu est claire: s’il existe bien un classement, aucun candidat n’est éliminé.

Du rythme et des couleurs

Les journées s’enchaînent dès 8h30 : réglages, plans séquences, mise en place des défis… Un univers totalement inconnu pour Corine. Elle s’attendait à plus de distance, parfois même de froideur. Il n’en fut rien. L’ambiance était très familiale et colorée. Car pour relever leurs défis journaliers, les candidats étaient équipés de salopettes multicolores, d’outils et de chaussures adaptées. Corine portait une tenue orange – et on l’espère – a porté haut et fort les couleurs de notre Ségala !

La caverne d’Ali Baba pour jardiniers

Le cœur du dispositif était un immense barnum. Là étaient rassemblés profusion de plantes vertes, fleurs de toutes variétés, vases, pots, matériaux et décorations en tout genre. Tout ce qu’il faut pour réaliser les projets les plus fous, relever les paris les plus incroyables. Aux dires de Corine « un endroit extraordinaire ! » . À chaque défi, les candidats y venaient avec leur brouette “faire leurs emplettes”… sans passer à la caisse. Corine reste encore émerveillée par cet espace, comme Ali Baba devant sa fameuse caverne. « On pouvait vraiment prendre ce que l’on voulait ! » répète-t-elle encore incrédule.

Si Corine s’interroge d’abord sur sa légitimité, consciente d’avoir été repérée à travers les images diffusées sur les réseaux sociaux, elle ne se sent pas pour autant plus experte qu’une autre. Une impression de doute l’accompagne au départ.

La bienveillance qui fait pousser la confiance

Mais très vite, cette bienveillance qu’elle découvre partout s’impose comme une évidence : dans les gestes, dans les échanges, dans le rythme des journées. Peu à peu, elle oublie ces interrogations initiales et trouve naturellement sa place dans le groupe. Elle découvre, teste, apprend.

Les idées continuent de fleurir

Riche de cette expérience, Corine garde une belle dynamique après le tournage.. Les idées affluent. Elle décore une brouette. Elle transforme un vieux lit de fer forgé en support à plantes. Elle imagine de nouveaux aménagements. « Ça m’a donné plein d’idées… envie de tout faire. »

Mais le retour à la réalité en pépinière et jardinerie aveyronnaises fut, disons , un peu plus terre à terre. Plus de brouette magique, chaque plante avait son étiquette et… son prix ! De quoi tempérer un peu l’enthousiasme du « tout est possible » plaisante Corine.

Les rencontres aussi restent fortes, à l’image de l’expérience partagée avec les autres candidats. Et quand est venu le moment de partir. « On a eu du mal à se quitter… » Elle sourit et confesse avec une pointe d’émotion :  » Je n’aime pas les au revoir. »

Saison 1, le 7 mai, un rendez-vous à ne pas manquer

Corinne sera, comme nous, devant son écran pour découvrir la saison 1, disponible à partir du 7 mai sur la plateforme France TV. Comme souvent pour ce type de programme, le succès de cette première saison pourrait conditionner une diffusion plus large, notamment sur France 2, pour la saison suivante en octobre dans laquelle vous retrouverez Corine.

Cet hiver, Corine retrouvera, comme elle le fait depuis plusieurs saisons, sa tenue d’hôtesse de caisse à Intermarché Rieupeyroux. Certains clients clients lui glisseront : « On vous a vu à la télé ! » Au delà de cette reconnaissance fugace, Corine espère faire germer à travers ce programme, convivial et inspirant, des envies et des vocations dans les jardins de notre Ségala et… bien au delà !