Baraqueville : l’association Oriental Passion, Jessica et ses danseuses, en gala le 13 juin, entre féérie orientale et escales enchantées

Un souffle chaud, chargé de poussières d’or, envoûtera le Ségala, et plus particulièrement la salle du Fauteuil Rouge à Baraqueville, samedi 13 juin dès 20h15. Entre les contes des Mille et Une Nuits et l’univers du cinéma, Jessica Ninot, professeur de danse orientale et ses élèves présenteront leur spectacle de fin d’année. Une danseuse de danses tahitiennes et une danseuse de flamenco viendront également enrichir cette belle escapade artistique.

Entrer dans la danse… par la lucarne

Dans nos contrées, la culture musicale est plutôt portée par les flonflons de l’accordéon que par les rythmes envoûtants de la danse orientale. Jessica, 24 ans, a grandi à Camboulazet et pourtant c’est bien là, au cœur du Ségala, que cette enfant du pays, découvrira la danse orientale.

Et même dans son salon, via le petit écran, elle avait 13 ans. Une émission, un reportage peut-être, elle ne s’en souvient plus. Mais, l’effet est immédiat :« Je vois cette danse et je me dis : c’est ça que je veux faire. » raconte Jessica. Son enthousiasme est débordant elle en parle aussitôt à sa mère, Valérie. « Elle cherche des cours dans les environs et fini par trouver à la MJC de Rodez, où Anaïs était professeur de danse orientale. » poursuit Jessica.

La jeune fille délaisse, alors, le modern’jazz qu’elle pratiquait depuis plusieurs années à Baraqueville, et découvre une tout autre manière de danser, de bouger, de s’exprimer.

Ellle poursuit son apprentissage pendant plusieurs années auprès de ses professeurs successifs, toujours à la MJC : Anaïs, Maissane, Virginia. Jessica affine sa pratique.

Répétitions

Quand Jessica mène la danse…

Ses études en communication entre Albi et Toulouse l’éloigneront, ensuite, un temps des parquets de danse. Mais de retour en Aveyron, elle renoue naturellement avec sa passion. Peu à peu, une idée prend forme: Jessica aimerait, à son tour, donner des cours de danse orientale. Forte de ces années de pratique, elle en a la compétence. Elle échange, se nourrit des conseils de Virginia et esquisse les premiers pas de son projet. Jessica prend ensuite contact avec la mairie de Baraqueville pour disposer d’une salle . « Il me fallait une structure, j’ai donc créé mon association », explique-t-elle. Elle la baptise Oriental Passion. L’aventure débute en septembre 2025.

Un rythme qui s’installe, un groupe qui s’étoffe

Côté communication, ses études lui ont bien servi. Elle a créé un site, réalisé des affiches, s’est investie sur les réseaux sociaux… « J’ai tapissé Baraqueville d’affiches », résume-t-elle avec un large sourire.

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Mais, elle reste convaincue que le bouche à oreille est la meilleure des publicités. Les faits lui donnent d’ailleurs raison. Portée par l’élan de la première année, la fréquentation de ses cours a nettement progressé cette saison. Une dizaine d’ adultes y participent désormais et un groupe d’ adolescentes s’est ajouté à celui des enfants (dès 6 ans).

Adultes, enfants, ados…. tous en scène !

Sortir des clichés, pas à pas

Cette dynamique participe aussi à faire évoluer le regard sur la danse orientale, encore trop souvent réduite à des clichés. Vous croyez que je ne vous ai pas vu sourire en coin? « Ah, la danse du ventre… » Et vous pensiez que c’ est de cela dont il est question… Eh bien, non, pas du tout!

En répétition…

Je le concède cette danse est fluide, envoutante, parfois mystérieuse et sensuelle, mais elle n’en reste pas moins une discipline exigeante, codifiée qui repose sur des techniques précises. Un art à part entière. La danse orientale ne demande ni âge particulier, ni silhouette idéale. « Tout le monde peut pratiquer », insiste Jessica.

Chez les adolescentes, cette danse fait particulièrement écho. « À un âge où le rapport au corps peut être plus délicat, elle permet peu à peu de gagner en confiance, d’apprivoiser ses mouvements, de se sentir plus à l’aise » confirme Jessica.

Les cours se déroulent dans une tenue confortable, legging ou jogging, avec parfois une ceinture ornée de petites pièces pour accompagner les mouvements, sans que cela soit obligatoire. La danse peut également se pratiquer avec des accessoires, comme les voiles ou les éventails, qui viennent enrichir les chorégraphies. Tout au long de l’année, les élèves ont ainsi travaillé et répété en vue du gala de fin d’année, point d’orgue de leur apprentissage.

La danse orientale, son âge d’or sur grand écran

La pratique de la danse orientale ne date pas d’hier. Originaire d’Égypte elle s’est développée au début du XXe siècle, notamment au Caire, avant de se diffuser dans le monde arabe puis à l’international. Elle se décline aujourd’hui en plusieurs styles, entre danse classique traditions folkloriques et formes plus contemporaines. Le cinéma lui a offert son âge d’or elle a, alors, gagné en visibilité et reconnaissance.

Samia Gamal dans Ali baba et les quarante voleurs

Les amateurs de cinéma des années 50 et 60 s’en souviendront sans doute : à cette époque, le 7e art faisait la part belle à ces danses venues d’ailleurs. Ainsi dans Ali Baba et les Quarante Voleurs, Fernandel partage, l’écran avec la danseuse Samia Gamal.

À la même époque, une voix s’impose et traverse les générations : celle de Oum Kaltsoum. C’est une artiste incontournable. « J’ouvrirai le spectacle avec sa chanson Enta Amri. » dévoile Jessica.

Une passion au fil des escales et des rencontres

Mais Jessica a souhaité que ce voyage se prolonge au-delà des portes de l’Orient, jusqu’à Tahiti, et fasse aussi une halte en terre ibérique. Comme une errance musicale entre cultures et rythmes.

Sur scène, Marina de Rodez apportera cette couleur « flamenco », tandis que Chrystina de Decazeville naviguera entre danse orientale et danse tahitienne. Toutes deux enseignent, bien-sûr, leur art. Ces collaborations artistiques sont nées des rencontres et des stages partagés, où leurs disciplines et leurs styles se croisent et s’enrichissent. On appelle cela des fusions. Jessica continue à se former régulièrement, participant à des ateliers, des festivals ou des journées de rencontre qui se concluent par des spectacles, des scènes ouvertes ou des moments de partage entre danseurs. Pour elle, c’est aussi une façon d’approfondir sa technique et de diversifier ses cours.

Jessica Ninot

En solo sur scène, entourée en coulisses

Jessica développe également son activité en solo, à travers sa micro-entreprise, se produisant régulièrement dans un restaurant du ruthénois, mais aussi lors d’événements privés, anniversaires ou enterrements de vie de jeune fille… Autour d’elle, l’entourage n’est jamais loin. Thomas, son compagnon, veille. Il l’épaule et la soutient dans cette aventure. L’an dernier, il assurait le son du spectacle, cette année, il en sera le vidéaste. Coralie, maman d’une jeune danseuse, prendra en charge la partie son, tandis que des photographes viendront immortaliser la soirée. Une aventure presque familiale, portée par une passion partagée.

Des Mille et Une Nuits aux horizons d’ailleurs

Au cœur du spectacle, il y aura cet Orient qui fascine. Celui des contes des Mille et Une Nuits, des nuances ambrées, des couleurs flamboyantes, des lumières dorées, des tissus irisés, des voiles qui ensorcellent.

Un univers fait de mystère et de chaleur, de gestes délicats et de rythmes envoûtants. Un monde à la fois lointain et proche, où les regards racontent autant que les mouvements et où chaque danse semble porter une part de rêve. Le temps d’une soirée, salle du fauteuil Rouge à Baraqueville c’est tout cet imaginaire qui viendra habiter la scène… comme une porte qui s’entrouvre sur un autre monde.

Et peut-être suffira-t-il, ce soir-là, d’un simple et magique « Sésame, ouvre-toi «  pour entrer dans cet univers de lumière et d’enchantement. Un de ces voyages artistiques, dont on revient le regard illuminé de poudre d’or et la tête pleine de rêves.

Réservations et tarif voir affiche ci- dessous