Moyrazès, lieu-dit Bel Air, entre mécanique capricieuse et mécanique bien huilée

Aujourd’hui, c’est une histoire de mécaniques que je vais vous raconter. Rouler des mécaniques sur les routes du Ségala n’est pas donné à tout le monde. Et certains visiteurs néerlandais croisés sur mon chemin, ce lundi après-midi en ont fait l’expérience…

Tout roule pour Mimo

À la sortie de Moyrazès en direction de Baraqueville, au lieu-dit Bel-Air, il en est une qui “roule des mécaniques” avec une constance imperturbable. Nombre d’automobilistes qui passent par là, l’ont d’ailleurs remarquée. Mimo, la tondeuse robot de Marie-Hélène et Michel, est infatigable. Elle parcourt la pelouse en allers-retours aléatoires mais efficaces d’un bout à l’autre du terrain. Elle contourne les obstacles, longeant sagement son terrain de jeu avec une régularité presque hypnotique, Elle coupe les brins d’herbe avec une rigueur impressionnante…

Rencontre avec des aventuriers neerlandais

Ce lundi après midi, quelques dizaines de mètres plus loin, deux véhicules bardés d’autocollants, aux allures de voitures de rallye, s’étaient manifestement arrêtés dans l’urgence sur le bas-côté. Capot ouvert, quatre hommes étaient penchés sur le moteur d’une des voitures. Par curiosité journalistique, je m’arrêtais. « Bonjour! », « Hi! », me répondait le groupe. Je comprenais vite que ma maîtrise de la langue de Shakespeare allait m’être utile pour tenter de satisfaire ma curiosité.Présentation faite, je me trouvais face à Duncan, Ron, Bram et Patrick, venus des Pays-Bas.

Le Megarun, 3000kms d’improvisation…organisée !

C’est avec un enthousiasme débordant qu’ils me racontaient leur participation à la MegaRun, une aventure entre amis, loin des courses chronométrées et des rallyes classiques.
Ici, pas de classement ni de chrono : les équipages parcourent entre 2 000 et 3 000 kilomètres à travers plusieurs pays européens, avec une particularité qui en fait tout le sel : l’itinéraire n’est pas connu à l’avance. Chaque matin, ils découvrent le programme de la journée et le cap à suivre. Leur destination finale les mène vers l’Espagne, via l’Andorre.
Dans les voitures, pas de pilotes professionnels non plus, mais des amis. Frigoriste, carrossier, créateur de stickers, conseiller en téléphonie… chacun a son métier, sa vie, et met tout cela entre parenthèses le temps de quelques jours d’aventure.

Une pause contrainte mais admirative en Ségala

Cet équipage rencontrait manifestement un petit souci de liquide de refroidissement. Rien de grave, m’expliquait le groupe, alors que Patrick remplissait consciencieusement le réservoir d’eau de son véhicule
Une pause forcée, mais appréciée, pour admirer aussi la splendeur des paysages ségalais.  » C’est beau France« , me confiait-il Ducan dans un français approximatif, allégé de ses articles; « Beau ici! » insistait-il les yeux rivés sur les vallons ségalis pour affirmer sa conviction. L’incident mécanique n’avait pas entamé leur bonne humeur. Elle trouvait aussi écho lors du passage des autres concurrents, qui ne manquaient ni de klaxonner ni de saluer au passage.

Chacun sa route, chacun son chemin…

Comme pour les narguer, à quelques dizaines de mètres seulement, la tondeuse robot Mimo poursuivait son travail avec une régularité presque insolente, sans faillir, sans jamais s’arrêter. Imperturbable. Je ne manquais pas, par pur esprit de taquinerie, de le leur faire remarquer. En guise de réponse,ils faisaient aussitôt ronfler leurs moteurs, pouces levés, fiers et souriants. « It’s OK », m’assuraient-ils. Pendant ce temps, les autres concurrents continuaient de passer en klaxonnant et en saluant au passage. Ce défilé de véhicules colorés n’est pas passé inaperçu dans Moyrazès. D’aucuns auraient même pu se demander si la date du rallye du Rouergue n’avait pas été avancée. Il n’en est rien : le rendez-vous incontournable du mois de juillet aura bien lieu comme chaque année.

Parce que le Ségala et Moyrazès, en particulier, sait rouler des mécaniques. Pour preuve entre l’étape mythique du rallye du Rouergue et Mimo la discrète et vaillante tondeuse robot de Michel et Marie-Hélène à Bel Air, toutes les mécaniques semblent, ici, parfaitement huilées !