Il y avait mille raisons d’être à la fête de Moyrazès, le week-end dernier. Ce rendez-vous incontournable de l’année était l’occasion de s’associer joyeusement à la vie de la commune. Musiciens, élus, bénévoles, randonneurs… la Gazette est allée à leur rencontre.
Le Duo La Purée a donné le bon tempo dès l’apéro
La musique du groupe « le Duo La Purée » – David, à la guitare et au chant et Jean-Marc à la batterie – s’est mêlée, dès le début de soirée, samedi, au brouhaha autour du bar extérieur. Les verres circulaient et les premiers accords musicaux se glissaient naturellement entre les conversations sans vraiment les interrompre…

Un riff, un refrain, parfois quelques secondes à peine suffisaient à accrocher l’oreille. Car, avec Le Duo La Purée, les titres s’enchaînent comme des respirations : quelques accords, un refrain qui surgit, puis, déjà une autre mélodie qui prend le relais. On passe d’un souvenir à l’autre, sans rupture, dans un flux continu où la chanson française et le rock international se croisent élégamment : Souchon, Cabrel, Bashung, Bauer, Police, les Stones… la chanson française flirte avec le rock populaire. Avec David et Jean-Marc, la musique ne s’installe pas, elle circule.

C’est dans cet esprit que le groupe s’est construit en 2005, sous l’impulsion de David Nattes et Pierre-Jean Susini donnant naissance à la formation : la Purée de Piedav. Jean-Marc a rejoint l’aventure à la batterie en 2010, avant que Pierre-Jean ne quitte le groupe pour s’installer en Pays Basque. Né au cœur des parenthèses festives du Ségala, le groupe a peu à peu fait résonner son répertoire bien au-delà du territoire, jusqu’à parcourir aujourd’hui toute la région Midi-Pyrénées. Depuis 2016 La Purée poursuit donc sa route en duo.
Aujourd’ hui David et Jean -Marc, avec la même passion et la même énergie, transforment chaque soirée en longue suite de refrains familiers. Un répertoire large, pensé pour les fêtes de village, les soirées en plein air et les publics mêlés. À Moyrazès, cette mécanique festive a parfaitement fonctionné : une ambiance qui ne s’impose pas, mais qui s’est discrètement installée, jusqu’au moment où le DJ prenait le relais.
Damien et Gaël, voisins de Lax en terrain connu… ou presque
Venus en voisins de Lax, Damien et Gaël faisaient partie des VTTistes de la rando gourmande du samedi. Des habitués des chemins de traverse et pour cause: ils organisent eux-mêmes, dans leur commune, des sorties où ils accueillent marcheurs et cyclistes des environs. Participer à la rando gourmande de Moyrazès c’était donc aussi pour eux « une manière de rendre la pareille au village voisin » sourient-ils.

Le matin, ils avaient pris le départ de la boucle VTT d’environ 32 kilomètres. « Tranquille » assurent-ils, au cœur de la campagne ségalie. Un itinéraire qui leur a également permis de découvrir des coins qu’ils ne connaissaient pas encore. A l’arrivée, leurs compagnes, les attendaient. Tous se sont retrouvés autour de la table, dans l’ambiance conviviale du repas servi sous chapiteau. Un aligot saucisse bienvenu pour remettre les compteurs à zéro. Rendez- vous est pris pour leur rando le 12 septembre prochain à Lax.

Marie-Ange, à la découverte des champs… lexicaux en Ségala
Installée à Moyrazès, depuis quatre ans, Marie-Ange fait partie de ces nouveaux habitants qui ont trouvé leur place sans perdre leur personnalité. Son accent picard est toujours bien présent, mais son sourire et sa bonne humeur lui ont permis de s’intégrer rapidement. Elle s’efforce, aujourd’hui, d’adopter les usages du Ségala, même si quelques ajustements restent encore nécessaires…
Nouvelle adepte du vélo à assistance électrique, elle avait laissé sa monture de côté pour participer à la randonnée… à pied, le samedi. Un parcours qu’elle égraine en citant les noms des lieux dits traversés, parfois mieux que les habitants du coin.
Très investie dans la vie locale, Marie -Ange donne un coup de main à la bibliothèque, participe aux activités du centre social et s’implique dans les associations du village et les animations dès qu’une occasion se présente ou qu’un projet se profile. Très dynamique, elle entretient aussi son potager avec la même énergie.

En revanche, il est des expressions locales qui continuent encore de lui réserver quelques surprises. Alors lorsqu’elle a entendu parlé de « la plantation des mais »- coutume locale destinée à honorer les élus municipaux- elle a pensé qu’il s’agissait d’une activité agricole. D’ailleurs, volontaire comme toujours elle était prête a enfiler sa cote pour aller planter des épis dans un champ!
Et si son accent picard fait encore sourire, lorsqu’il se frotte au “farçou” ou à l’aligot-saucisse, elle défend ces découvertes culinaires avec un enthousiasme certain… et une conviction qui ne souffre aucune contestation.

Benjamin, engagement en tête et ballon au pied
Parmi les visages de la fête, celui de Benjamin Palous rappelle une autre réalité du village : celle d’une jeunesse engagée. À 28 ans, il est le plus jeune conseiller municipal de Moyrazès.
Originaire de la Vayssière, où son père et un de ses oncles exploitent une ferme bovins viande, Benjamin est, aujourd’hui, commercial. Mais, le jeune homme garde en tête un objectif clair : reprendre, un jour, l’exploitation familiale. Son parcours , une formation agricole, du lycée La Roque à Bernussou, confirme de son ancrage profond au monde rural.
Son engagement municipal s’est construit dans la réflexion et l’échange, avec des élus plus expérimentés, dont un de ses oncles, et, d’autres jeunes investis dans des communes voisines. Aujourd’hui, il siège dans plusieurs commissions : la voirie, les associations et l’environnement. Benjamin a, malgré son jeune âge, l’habitude de prendre des responsabilités dans son quotidien: il s’occupe du syndic de sa résidence. Une expérience qui lui a permis d’appréhender, concrètement, la gestion collective.

Un engagement qu’il prolonge sur les terrains de foot où ballon au pied, il défend les couleurs de Moyrazès. Il incarne cette génération qui s’implique à la fois dans les instances et sur le terrain. S’il a été gentiment chambré par ses copains lors de son élection, il en sourit aujourd’hui. Convaincu de l’importance de la présence de jeunes dans les conseils municipaux, Benjamin se veut avant tout dans une démarche d’apprentissage avec l’envie de représenter sa génération. Il n’a pas manqué la fête de son village, fidèle à ces rendez-vous où se mêlent engagement, convivialité et attachement au territoire.

Au final, ces quelques portraits disent peut-être l’essentiel : une fête n’est jamais seulement une fête. C’est un carrefour où les chemins se croisent, où les générations se rencontrent, et où, chacun à sa manière, contribue à faire vivre le village.

