Derrière chaque fête de village, il y a des hommes et des femmes qui offrent de leur temps, de leur enthousiasme, de leur savoir-faire et souvent même quelques heures de sommeil. À Rieupeyroux, ils étaient nombreux à se mobiliser tout le week-end, comme ils l’ont été en amont et en aval, de cette belle parenthèse festive.
Membres du comité des fêtes, bénévoles, sympathisants, producteurs, commerçants ou simples habitants, tous avaient un objectif commun : mettre en valeur leur village, ses richesses et sa singularité. Ils ont tous été les acteurs et les artisans de cette formidable dynamique collective.

Les jolies sentinelles de la buvette
Samedi, au pied de l’église Saint-Martial, Laurie et Inès sont aux premières loges… sans jamais, vraiment, profiter du spectacle. Installées derrière la caisse de la buvette, les deux Rieupeyrousaines enchaînent les encaissements et rendent la monnaie à un rythme soutenu. Les serveurs défilent, les pièces changent de mains, les billets s’empilent. Un poste discret mais indispensable, où il faut garder le sourire tout en restant concentré. Pour Inès, ce rôle est une nouvelle manière de s’investir. Ancienne vice-présidente du comité des fêtes, elle poursuit aujourd’hui l’aventure comme bénévole. Laurie, elle aussi, donne de son temps pour le village. Toutes deux partagent la même conviction : « pour que le comité continue à faire vivre ces traditions, il faut des bénévoles prêts à s’investir ».

Une organisation parfaite et… à la carte
Ici, rien n’est laissé au hasard. Avant la fête, chacun remplit un questionnaire pour indiquer ses disponibilités et les postes où il souhaite donner un coup de main. Une organisation bien rodée qui permet de répartir les missions sur les quatre jours de festivités.

Ces jeunes qui apportent leur bonne humeur
« On est les survivants ! » m’assuraient-ils dimanche soir. La formule fait rire tout le monde. Justin, Raphaël, Elie, Celyal, Joris, Corentin et Marius affichent des mines un peu fatiguées, mais des sourires qui en disent long. À peine les cours terminés, la fête de Rieupeyroux marque, pour eux, le véritable début de l’été. Pas question de manquer ce rendez-vous. Ils suivent les animations, retrouvent les copains, refont le monde entre deux éclats de rire et profitent de ces quatre jours qui rythment la vie du village. Cette année, ils ont préféré regarder les jeux plutôt que d’y participer, mais l’essentiel est ailleurs : être ensemble. À peine 17 ans pour la plupart, ils représentent cette jeunesse qui fait aussi vivre les fêtes de village. Leur présence, leur enthousiasme et leur bonne humeur donnent à ces journées une ambiance particulière. Car une fête réussie, ce n’est pas seulement une organisation bien huilée : ce sont aussi ces bandes de copains qui en écrivent les souvenirs.

Une mascotte qui a la patate
À Rieupeyroux, il y a des symboles qui ne trompent pas. Ici, la pomme de terre fait partie de l’histoire du village et du Ségala. Alors, quoi de plus naturel qu’elle soit devenue la mascotte du comité des fêtes ? Tout au long du week-end, cette drôle de pomme de terre a suivi les festivités comme un bénévole à part entière. On l’a retrouvée au pied de l’église Saint-Martial, sous les halles du marché couvert et sur les différents lieux qui faisaient battre le cœur de la fête. Impossible ou presque de la manquer. Silencieuse mais toujours présente, elle a prêté son sourire aux photos, amusé petits et grands et rappelé, avec une bonne dose de malice, que Rieupeyroux reste indissociable de ce tubercule qui a façonné son identité. Une mascotte à l’image de la fête : simple, efficace, conviviale et profondément attachée à son territoire.

Quand la jeunesse revient au village
Ils ont grandi à Rieupeyroux. Aujourd’hui, leur vie professionnelle les a conduits un peu plus loin, mais le rendez-vous du premier week-end de juillet reste inscrit dans leur calendrier. Thomas, Maxime et Anaël et un autre Thomas étaient heureux de se retrouver dans cette ambiance entre copains. Samedi soir, ils étaient présents pour la retransmission du match, profitant pleinement de cette soirée intergénérationnelle. Dimanche, on les retrouvait autour du repas des producteurs. Ils avouent volontiers avoir préféré le rôle de supporters plutôt que de compétiteurs pour les jeux inter-villages. Mais l’essentiel était ailleurs : être là, retrouver des visages connus et continuer à faire partie de cette histoire collective. Ils mesurent, aussi, le travail réalisé en coulisses. À leurs yeux, le comité des fêtes fait « un boulot formidable, exceptionnel même ! ». Ils estiment : « qu’on ne les remerciera jamais assez ». Parmi eux, certains ont même une histoire familiale particulière avec le village : deux, sont fils de maire, l’un de l’ancien édile, l’autre de l’actuel. Un clin d’œil qui rappelle que l’ attachement à Rieupeyroux est viscéral et peut- être aussi un peu génétique !

Une œuvre collective, en quelque sorte
Pour Angel, membre du bureau du comité des fêtes, la réussite de ce week-end tient en quelques mots : « Tout le village se bouge ». Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette édition et que les chiffres confirment. Vendredi, les animations proposées autour des cafés-restaurant ont attiré beaucoup de monde. Samedi soir, 600 repas ont été servis et la soirée s’est prolongée dans une belle ambiance jusqu’à 3 heures du matin. Dimanche, les rendez-vous se sont poursuivis avec les jeux sous les arbres, portés par l’énergie d’un public nombreux, et par un speaker, Christophe Delpérié, qui, selon Angel : « aurait sa place pour commenter jusqu’au Stade de France, tant il a su mettre de l’ambiance ». Le soir venu, 550 repas étaient encore servis. Mais plus encore que les chiffres, « c’est l’implication de tous ceux qui font vivre la fête qui mérite d’être saluée » insiste Angel. Au rang desquels, ces ainés, leurs parents, anciens du comité, des membres d’autres associations…« Leur expérience, leur disponibilité, leur capacité à gérer les imprévus et leur investissement sont essentiels » insistait Angel. Il citera aussi les forces vives du village : les producteurs et les artisans qui régalent gourmets et gourmands. Sans oublier les commerçants qui contribuent également à rendre possibles certains temps forts, comme le feu d’artifice. Pour Angel, la conclusion est évidente : cette fête n’est pas seulement l’œuvre du comité, c’est, en quelque sorte… une œuvre collective.

Guillaume, un retour aux sources
Guillaume Frouin a grandi à Rieupeyroux. Il est maintenant installé à Vabre-Tizac. Aujourd’hui, c’est avec ses farçous qu’il est revenu sur ses terres natales, une spécialité salée qu’il fait découvrir lors de différents rendez-vous sur le territoire. On peut notamment le retrouver lors des marchés dominicaux et nocturnes de Najac. Il participe aux quatre marchés nocturnes de l’été à Rieupeyroux. Il sera également présent en septembre à « Rencontres à la campagne ». À la fête de Rieupeyroux, ses farçous n’ont pas laissé les gourmands indifférents. Les assiettes vides et les sourires affichés après dégustation suffisaient à mesurer l’engouement suscité. Angel m’encourageait à les vanter : « Ils sont exceptionnels ! » me soufflait-il. Une recette simple et généreuse qui a fait l’unanimité et qui illustre parfaitement ce bel élan autour de la fête : ceux qui participent à son succès ne sont pas seulement ceux qui vivent au village toute l’année…

Les artisans du bon goût … sucré
À Rieupeyroux, certaines Maisons racontent aussi l’histoire du village. La pâtisserie Mouly en fait partie. Depuis quatre générations, cette entreprise familiale perpétue un savoir-faire artisanal une fabrication entièrement maison. et toujours la même envie de partager la gourmandise. Pour la fête, Vincent avait préparé la dernière note sucrée du repas dimanche soir : des croustades aux pommes. La pâtisserie Mouly, c’est tout un univers de douceurs à explorer, rue de l’Hom : pâtisseries, chocolats, fouaces, gâteau à la broche… Parmi les incontournables, la rissole aux pruneaux tient, bien-sûr, une place particulière. Elle est une ambassadrice sucrée du territoire. En participant à la fête, Vincent Mouly et sa compagne Émilie prolongent, jusqu’aux papilles, cette belle dynamique collective.

L’aligot, le grand classique des tables de fêtes
À table, certains plats sont la signature de tout un terroir. L’aligot, incontournable de la gastronomie aveyronnaise est de ceux-là. Pour la fête, il était proposé par Laurent Railhet qui a repris la partie traiteur de l’entreprise bastidienne La Roselle. Avec le geste précis des habitués, et son plus beau sourire, Romane servait un aligot généreux, bien chaud et joliment filant, ce qui fait toujours son petit effet. L’aligot est le synonyme, par excellence, de convivialité et de partage.

La parfum des crêpes, l’âme de la fête
Derrière les crêpières aussi, il y avait des belles histoires. Évelyne, Marie-Pierre et Magalie… Elle connaissent bien le comité des fêtes et les rouages de la manifestation. Elles y ont donné de leur temps pendant des années, certaines y ont même assuré des responsabilités. Aujourd’hui, elles ont laissé les rênes à une nouvelle génération, mais certainement pas leur envie de s’investir.

Le temps d’un week-end, elles ont repris leur poste, entourées d’Anaïs, Émeline et d’autres jeunes venues leur prêter main-forte. Elles ont enchaîné les fournées dans la chaleur des plaques, les parfums sucrés et les volutes jusque tard dans la soirée de samedi. Mais leur engagement ne s’est pas arrêté là…

Les chevilles ouvrières du dimanche matin
Après les crêpes de la veille, certaines bénévoles avaient eu une nuit courte. Dès 7 heures, le dimanche matin, elles étaient déjà à pied d’œuvre à la Maison pour Tous pour préparer et servir les tripous, plusieurs membres du club des marcheurs nordiques les avaient rejoints.


Une quinzaine de bénévoles mobilisés pour assurer ce rendez-vous gourmand, qui demande une organisation bien rodée et une bonne dose d’énergie. Et cette année, il a fallu composer avec un imprévu de taille : un four tombé en panne. Dans l’urgence, l’équipe a dû trouver des solutions, s’adapter et poursuivre le service avec des réchauds. Une situation qui aurait pu perturber le déroulement du repas, mais qui a été gérée avec efficacité et sang-froid. Comme le soulignaient les jeunes membres du comité, cette équipe mérite largement un coup de chapeau.

Le veau d’Aveyron et du Ségala, une fierté
À Rieupeyroux, la pomme de terre et le veau d’Aveyron et du Ségala sont bien plus que de simples produits du terroir : ce sont deux fleurons gourmands du territoire, auxquels les habitants sont profondément attachés.
Pendant la fête, Philippe, Jean-Luc et Florian, trois éleveurs, étaient aux commandes de la cuisson des 550 escalopes de veau d’Aveyron et du Ségala préparées à la plancha et servies aux convives, le dimanche soir.
Autour des plaques, entre les effluves de cuisson et le ballet du service, c’est tout un savoir-faire qui s’exprimait. Une viande rosée, tendre et savoureuse, qui rappelait toute la qualité de cette production issue du territoire.
Cette mise à l’honneur était aussi un avant-goût du rendez-vous attendu le premier week-end d’août. Un événement qui rassemble chaque année les habitants du secteur, mais aussi de nombreux visiteurs et touristes : la fête du veau d’Aveyron et de la pomme de terre.

Deux artisans de la montée en D1
Dimanche soir, Noa et Louan se prêtaient volontiers au jeu des photos et je ne savais pas qu’ils avaient déjà fait la Une de la Gazette. Après un week-end de fête bien rempli, les lois de la gravité faisaient qu’ils se maintenaient encore debout. Malgré des traits quelque peu marqués, ils affichaient en façade toute la dignité nécessaire pour revendiquer leur statut sportif : « On est les artisans de la montée en D1 du FSRS ». Une victoire déjà largement célébrée, mais qui trouvait encore, au cours de ce week-end prolongé, une nouvelle occasion d’être fêtée. Car Noa et Louan incarnent aussi cette jeunesse rieupeyrousaine qui s’investit. De sympathiques sportifs qui ont, eux aussi, vibrer le village et qui porte fièrement ses couleurs, sur les terrains comme dans les moments de rassemblement.

Quand la fête est finie, ils sont toujours là
Dimanche soir, alors que les derniers convives quittaient peu à peu la fête, Noémie, Alban et Inès étaient encore derrière la caisse de la buvette. La fatigue se lisait sur les visages, mais pas question de baisser les bras. Entre deux derniers encaissements, ils acceptaient volontiers de résumer ce week-end, hors- normes, en quelques mots. Pour Noémie, le week- end fût « rigolo », avec une « bonne équipe » et beaucoup de « bénévoles ». Alban, lui, le résumait en deux mots : « convivial » et « smile ». Quant à Inès, après ces quatre jours bien remplis, un seul suffisait : « fatiguée ! ».

Puis le rideau est tombé…
Puis, les derniers fêtards sont repartis… Les jeunes du comité et les bénévoles étaient encore et toujours là pour ranger, nettoyer et remettre les lieux en ordre. Le rideau est tombé sur l’édition 2026 et déjà ils imaginent la suivante. Alors, il faut saluer tous ceux qui ont contribué à cette réussite : les plus jeunes comme les moins jeunes, ceux qui étaient visibles comme ceux qui œuvraient dans l’ombre. Tous, à leur manière, ont apporté leur temps, leur énergie, leur compétence et leur enthousiasme pour faire vivre cette fête qui appartient vraiment à tout un village. MERCI.


