Le deuxième marché gourmand de l’été a, une nouvelle fois, transformé mardi soir les abords et l’arrière de l’église Saint Martial de Rieupeyroux en un haut lieu de convivialité et de gourmandise. Entre les stands des producteurs, les airs entraînants de la Carriole, les tables prises d’assaut, les touristes de passage et les retrouvailles en famille ou entre entre amis, la soirée n’a pas manqué de saveur. Je vous emmène déambuler dans les allées de ce marché estival où, vous allez le voir, j’ai moi-même fait quelques bêtises… derrière l’église !

Michèle veille à la bonne marche des marchés
« Tu viendras , mardi faire quelques photos et un petit article sur notre marché gourmand? »
L’invitation venait de Michèle Auréjac, conseillère municipale qui entame son quatrième mandat. Depuis le premier, Michèle est investie dans la commission foire et marchés. Elle en est, aujourd’hui, devenue responsable et référente. Une mission qu’elle mène avec constance et enthousiasme porté aussi par son attachement sincère à sa commune.

« Il se tient ou?
–Place de l’église. »
J’arrivais donc, mardi soir, à Rieupeyroux, vers 19h30. Je descendais la rue du Balat, passais devant l’église … et rien. Pas un stand, pas une table. Pourtant des familles, des groupes d’amis convergeaient tous dans cette même direction. Je finis par interpeller une dame :
-« Le marché gourmand, c’est où ?
–là, juste là derrière l’église« , me rassurait-elle d’un large sourire.
A cet instant- allez savoir pourquoi- le célèbre refrain d’Annie Cordy m’est revenu en tête : « J’fais qu’des bêtises derrière l’église, j’peux point m’en empêcher… »

Un petit méa culpa …
Des bêtises, j’en ai fait, je le confesse ! Je repense aujourd’hui à ces personnes qui m’ont saluée, ce soir-là, avec tant de chaleur que j’ai répondu avec le même enthousiasme… et aujourd’hui je cherche encore à mettre un nom sur certains de ces visages !

Je me suis aussi laissée portée par l’ambiance. A l’invitation de la Carriole – ce musicien bien connu des marchés et des fêtes du secteur – j’ai apporté ma petite contribution musicale à coups de klaxon… une courte prestation qui n’a pas, toutefois, pas réveillé une éventuelle vocation de musicienne !
Mais revenons au marché gourmand…

Entre ombre et coulisses…
Sous les grands marronniers qui déployaient leurs branches comme une voûte végétale, le marché avait trouvé son cadre idéal. Sous cette ombre bienvenue, les tables s’alignaient, déjà toutes occupées, tant et si bien, qu’il fallait en ajouter au fur et à mesure des arrivées. Une affluence qui récompensait aussi le travail réalisé en amont par les agents techniques de la commune. Dès six heures du matin ils aménageaient le site.

Dans l’après-midi, les premiers producteurs arrivaient à leur tour pour installer leur stands, effectuer les branchements et prendre possession des lieux avant le début de la soirée.

Déambulation gourmande autour des stands
Pour composer son menu, il fallait déambuler entre les stands, se laissant guider autant par les effluves que par ses envies.

Derrière son stand, Guillaume avait revêtu les couleurs de son entreprise et servait, sans relâche, les gourmets. Bien connu à Rieupeyroux où il a grandi, il proposait, ce soir-là, une version encore plus gourmande : des farçous accompagnés de crudités.


A côté, quelques saveurs venues d’ailleurs invitaient au voyage. Un ticket gourmand pour s’offrir une petite escapade gustative tout en gardant les pieds bien ancrés dans le terroir ségali.

Sur le stand de la maison Piprel « Découp’ Aveyron », Fabien présentait ses spécialités charcutières pour vous titiller joyeusement les papilles. A quelques pas, un producteur de Marcillac ventait les couleurs et les arômes de son vignoble.


Devant le stand de Claire, de la Ferme de l’Orme à Colombiès, la file qui s’allongeait disait à elle seule le succès de ses glaces artisanales préparées avec le lait de l’exploitation familiale.

Juste à côté, Stéphanie de Crespin régalait avec des crêpes. Exploratrice de saveurs autour des plantes elle suggérait, en plus des garnitures classiques, une plus originale et très estivale : le sirop de lavande, maison bien sûr !

Les volutes de fumée guidaient naturellement les visiteurs vers le stand voisin de « Dom de Terre », où les frites doraient, au fil de nombreuses commandes.(Nous reviendrons dans la prochaine édition plus en détail sur ce producteur atypique.)

Un autre stand méritait aussi que l’on s’y attarde : celui du GAEC Vallée du Jaoul, installé à La Salvetat-Peyrales. Là, le canard se déclinait en trésors gourmands : foie gras, confits, rillettes… au cœur de cette belle vitrine du savoir-faire local.

Le veau d’Aveyron et du Ségala (Ces Gars Là) était installé entre les frites et l’aligot. Une association qui annonçait déjà le mariage gourmand que le veau d’Aveyron célébrera, comme chaque année, avec la pomme de terre lors de leur fête institutionnelle ce dimanche 2 août à Rieupeyroux (animations le matin, repas à midi)


Une parenthèse d’insouciance
Une fois l’assiette composée, restait à trouver une place à l’ombre des grands marronniers. Il fallait se frayer un chemin entre les tables où les conversations allaient bon train, où les applaudissements répondaient aux airs de la Carriole, tandis que les enfants se faufilaient gaiement entre les bancs.

Tout respirait, ici, insouciance des soirs d’été et cette douce impression d’être un peu en vacances. Certains l’étaient vraiment. Les autres avaient presque oublié- le temps de cette belle soirée- que nous n’étions que mardi !

Sylvie et Didier, dans mon viseur …
Çà et là, je reconnaissais des personnes que je n’avais pas croisées depuis bien longtemps. « Bonjour Didier, bonjour Sylvie ! » Leurs sourires faisaient écho à tout un pan de ma mémoire. « Ça me fait plaisir de vous revoir ! ».

Sylvie et Didier Bourgeois ont longtemps fait partie du paysage rieupeyrousain. Commerçants, en haut de la rue de l’Hom, Didier était photographe et Sylvie accueillait les clients dans la boutique. Beaucoup d’entre nous ont laissé quelques souvenirs entre ces murs : des portraits, des photos d’identité, mais aussi les photos de mariage ou classe de nos enfants. Une boutique qui a malheureusement fermé, comme tant d’autres, lorsque la rue de l’Hom a peu à peu perdu nombre de ses commerces. Le couple était parti dans le Tarn, mais à choisi de se revenir en terres aveyronnaises, à l’heure de la retraite. Sylvie est originaire de La Salvetat- Peyrales et c’est d’ailleurs là, qu’ils ont, désormais, posé leurs valises. Dans ce village où ils ont trouvé tout ce qu’ils recherchaient : la proximité, les services et surtout le plaisir de vivre au calme. Didier, toujours passionné de photographie, a bien sûr, jeté un œil sur celle que je venais de prendre. Il m’a donné son accord pour la publier, je mesure toute son indulgence… Merci!


Quand l’accent picard chante en terre Ségalie
Dans ce genre de manifestation, il y a donc ceux que l’on retrouve, mais aussi ceux que l’on découvre. Au milieu des conversations, mon oreille s’arrêtait sur un accent venu d’ailleurs. Quelques mots suffisaient pour comprendre que Marie-Claude et Pierre n’étaient sont pas originaires d’ici.. D’ailleurs, au fil de notre conversation, une particularité de leur accent me faisait gentiment sourire : quelques voyelles se faisaient discrètement la malle… Ils m’ ont alors raconté leur histoire, celle d’une famille venue de Picardie rejoindre l’Aveyron.

Leur fils Patrice, « Le Fournil de nos Campagnes » à Rieupeyroux, avait découvert l’Aveyron, quelques années plus tôt. Parti en vacances, du côté de Millau avec sa compagne, le couple avait eu un coup de cœur pour notre département. Il y a cinq ans, ils franchissaient le pas et venaient s’y installer.
Dès lors Patrice n’a eu de cesse de vanter les charmes de l’Aveyron, et plus particulièrement du Ségala, auprès de ses parents : Marie-Claude et Pierre. Ces derniers avaient envisager de les rejoindre, un jour : « Mais on pensait attendre encore deux ou trois ans… » commente Pierre. Finalement, le projet s’est concrétisé bien plus vite que prévu : trois mois seulement après leur fils, ils posaient leur valises en terres rieupeyrousaines.
Aujourd’hui, il leur est toujours difficile de cacher cet accent « pointu », comme on dit ici. Mais, leurs sourires et leur aisance au milieu des habitants racontent une autre réalité : celle d’Aveyronnais d’adoption qui ont fait de ce coin de Notre Ségala leur nouveau paradis.

Aveyronnais un jour, Aveyronnais toujours
Il y avait aussi, au marché gourmand, des personnes que la vie professionnelle a conduits, longtemps, bien loin de leur terre natale aveyronnaise. Mais, à l’heure de la retraite, le retour au pays s’est imposé, à eux, comme une évidence. Claude en est un bel exemple. Installé aujourd’hui à Saint-Salvadou, il n’a rien oublié de ses racines. Lorsque le musicien de la Carriole lui a tendu le micro, il a entonné avec fierté, en patois, une ode aux burons. Un peu la partition de son bonheur, tout simplement.
Après quelques notes de bourrée et de crouzade, c’est l’Aviron Bayonnais qui a résonné sous les marronniers de Rieupeyroux. L’occasion de consacrer une salve d’applaudissements aux sapeurs pompiers mobilisés en Gironde mais aussi et malheureusement partout en France.
Ainsi s’est écoulée la soirée, au gré des gourmandises, des notes de musique, des rencontres improvisées et des conversations qui s’éternisent. Puis est venu le temps de ranger. Des membres de l’APEL des écoles privées du bourg qui avaient tenu la buvette lors de ces deux premiers marchés de juillet , allaient maintenant s’activer au nettoyage du site. Pour les deux prochains marchés d’août, des bénévoles du club de foot du FSRS prendront ce relais.

Les éco- cups de Monique cousues de jolis souvenirs
Au moment de partir, chacun récupérait ses affaires, et, notamment, son éco-cup, gobelet réutilisable, incontournable des fêtes. Monique en avait elle une belle collection . Elle était venue en famille avec son mari Didier. Si vous ne voyez pas de qui il s’agit, je vous donne un indice : c’est le petit moustachu. Leur fils Michaël, sa compagne et leurs deux petites filles avaient fait le déplacement depuis le Tarn voisin. Le marché gourmand tombait à pic pour une sympathique réunion de famille. L’une des deux fillettes devait passer quelques jours de vacances chez ses grands-parents à Rieupeyroux ; ses parents étaient donc venus l’y déposer. L’occasion était toute trouvée pour partager ce repas avant de reprendre la route.

« Bon, on y va ? » s’impatientait déjà le petit moustachu. « Oui oui ! » lui lançait Monique qui vérifiait une dernière fois que sa collection d’éco-cups était bien complète. Car Monique n’était pas venue les mains vides. Et dans ces marchés gourmands, mieux vaut prévoir ses éco-cups, en l’occurrence cette fois-ci, c’était pour toute la famille. Au fil des manifestations auxquelles elle participe, elle en a, patiemment, constitué une belle collection. Certains portent le souvenir des sapeurs-pompiers, d’autres celui de Rieupeyroux et de sa chapelle ou encore celui d’un mariage. Bref, derrière ces verres réutilisables sérigraphiés, ce sont autant de fêtes, de rencontres et des moments partagés qui se racontent.

Tout le monde connaît Monique à Rieupeyroux. C’est une enfant du pays. Elle a longtemps tenu un atelier dans le village : « Monique couture », à tel point que ceux qui ne la connaissaient pas, avant, pensaient parfois que « Couture » était son nom de famille. Mais Monique restera toujours Monique : souriante, dynamique, généreuse, drôle, pétillante et pleine de bonne humeur qui la caractérise. Une de ces copines que l’on est heureuse et fière d’avoir dans son carnet d’adresses.

Puis, doucement, les guirlandes se sont éteintes, les producteurs ont plié leurs stands, le quartier de l’église a retrouvé son calme. Chacun est reparti avec quelques souvenirs de plus, un sourire aux lèvres et une rengaine dans les oreilles. Les prochains rendez-vous des marchés gourmands sont fixés les 12 et18 août prochains dès 19 heures. Il y aura d’autres gourmandises, d’autres chansons, d’autres rencontres et encore de beaux moments à partager …







