Bernard Vaurs s’en est allé discrètement, comme il a vécu. Pendant des décennies, il aura œuvré pour ce village devenu sien, par ses engagements, ses compétences et cette attention constante qu’il portait aux autres. Aujourd’hui, ceux qui l’ont connu lui rendent hommage avec des mots simples à l’image de l’homme qu’il était…
« ll était plus Rieupeyrousain que certains Rieupeyrousains ». Cette phrase de Régine résume parfaitement, en quelques mots, le sentiment de beaucoup quand ils ont appris la disparition de Bernard Vaurs. Des mots simples qui, pourtant, résonnent avec une grande force. Ils racontent ce lien profond qui unissait cet homme à ce village, devenu le sien. Un bourg qui aujourd’hui se sent orphelin d’un de ses enfants adoptifs.
Bernard, un rieupeyrousain de cœur
Pourtant, Bernard n’est pas né ici. Il a vu le jour à Villefranche-de-Rouergue. Il y a 87 printemps. Mais comme le rappelle Daniel, son histoire avec le village ségali avait commencé bien avant son installation définitive. Dès la sixième, Bernard était déjà là, pensionnaire en culotte courte, au CEG de Rieupeyroux. Après avoir intégré l’école EDF, Bernard est d’abord muté à Saint-Affrique, avant d’obtenir dans les années 60, son poste d’agent à Rieupeyroux. Et très vite il va, naturellement, prendre part à la vie du village…
Au lendemain de sa disparition, les souvenirs affluent. Car Bernard n’a pas seulement vécu à Rieupeyroux. Au fil des années, il a accompagné la vie du village, laissant son empreinte dans de nombreuses associations, dans des petits moments du quotidien, comme dans les grands rendez-vous qui ont marqué l’histoire de la commune.
Un homme de tous les terrains
Il aura d’abord usé ses crampons sur les pelouses pour porter haut les couleurs de Rieupeyroux. Mais Bernard n’était pas un homme de bord de terrain. Il était un homme de terrain. De tous les terrains. Partout où il pouvait apporter son aide,, il répondait présent Au comité des fêtes, dans les associations, à la Foire Expo, pour donner un coup de main logistique dans une manifestation ou une autre. Il mettait ses compétences, son savoir- faire et son sens du collectif au service des autres. Car Bernard était aussi un bricoleur hors pair souligne Daniel. Réparer, installer, arranger… rien ne semblait lui poser problème. Son implication au Syndicat d’Initiatives, notamment, pour le camping, reste un épisode marquant de son engagement pour le village.
« Il a fait, tellement ! »
Quatre mots, quatre mots qui disent ce qu’il est difficile, impossible même, d’énumérer : les services rendus, les heures passées, les choses réalisées.
Et lorsque on le remerciait, sa réponse sourit Régine, était toujours la même « C’est normal, ça me fait plaisir ».
Parce que rendre service n’était jamais, pour Bernard, une obligation, encore moins une manière de se mettre en avant. C’était simplement sa façon d’être…
Plus qu’un ami, un copain…
Dédé a perdu un copain. « Pas un ami, un copain ». Et la nuance est de taille. Le copain, c’est celui avec qui on partage des journées, des moments, des repas, des joies, des peines, des coups de main, des chantiers, des discussions, des souvenirs… Celui, avec qui, les choses se font sans façon, sans chichi, naturellement. Et Bernard était, tout simplement, de ces hommes- là.
Daniel, lui aussi, cherche les mots pour parler de son copain, Bernard. Il en retient trois : serviable, discret et altruiste; « Il a rendu service à tant de monde » résume -t-il.
Pour Christian : « Bernard avait Rieupeyroux dans l’âme. Il était l’homme de toutes les situations. Un homme hors normes, qui va manquer à beaucoup de monde ».
Des images dans l’album souvenir
Ce dimanche, alors que la fête du veau et de la pomme de terre battait son plein autour et sous le foirail, beaucoup de rieupeyrousains me confiaient avoir une pensée pour Bernard… Sous ce marché couvert – où se sont écrites tant de pages de la vie locale- les souvenirs revenaient forcément. Les miens aussi. Je revoyais Bernard, à la Foire Expo en train de monter ou de démonter les stands, de s’affairer avec les autres à mesurer, visser, scier, trouver des solutions ingénieuses pour répondre à l’urgence… Présent partout, mais toujours discret, sans bruit. Efficace, mais jamais en avant.
Deux copains, un peu plus près des étoiles
Bernard et son copain Antoine Moleiro ont souvent tutoyé les étoiles depuis leur nacelle pour illuminer Rieupeyroux, ses rues et sa chapelle… Aujourd’hui, j’aime à imaginer que Bernard a retrouvé Antoine, que les deux copains sont à nouveau réunis, quelque part, un peu plus près des étoiles. et qu’ils veillent ensemble sur ce village qu’ils ont tant aimé…
Un dernier hommage sera rendu à Bernard Vaurs,vendredi à 10 heures en l’église Saint-Martial de Rieupeyroux, suivi de son inhumation au cimetière de Villefranche-de-Rouergue. La Gazette adresse ses pensées émues à sa famille, à ses proches, à ses copains et à tous ceux qui ont eu la chance de croiser, un jour, son chemin. Au revoir Bernard…
Sylvie

