A Moyrazès, tous les chemins mènent à de belles rencontres

Samedi, 8 heures sonnaient au clocher de l’église et, déjà, plus d’une quarantaine de bénévoles étaient rassemblés sur la place du village. Armés de leurs outils et de bonne volonté, Ils étaient prêt à livrer bataille contre les caprices de Dame Nature. Ils répondaient, ainsi, à l’invitation des chasseurs pour une journée de nettoyage de chemins sur la commune. Une initiative largement soutenue et encouragée par la municipalité.

Les chasseurs avaient montré la voie

Une mobilisation en nette hausse : « Nous étions 30 l’an dernier, plus de 40 cette année… on espère bien franchir le cap des 50 la prochaine fois », glissait, Claude Garrigues, le président de la chasse, tout sourire.

Après un hiver marqué par le vent et la pluie, les dégâts étaient nombreux sur les chemins. Les chasseurs avaient d’ailleurs pris les devants, le mois dernier, en s’attaquant aux plus gros obstacles.

Depuis deux ans, avec le soutien de la municipalité et le relais du bouche-à-oreille, la mobilisation a pris une autre dimension, bien au-delà du seul cercle des chasseurs. Un effort collectif qui offre aux randonneurs, cyclistes et autres cavaliers, des chemins entretenus et agréables.

En route, joyeuses troupes!

Très vite, les équipes se sont organisées en joyeuses troupes. Les secteurs les plus exigeants ont été confiés aux plus aguerris, « les gros bras » du chantier. Sur des portions plus accessibles les participants, plus âgés, s’investissaient pleinement dans un travail tout en minutie. Un véritable ouvrage de dentelle végétale. Le ton était donné, la cadence rythmée par la bonne humeur et un enthousiasme contagieux.

Des profils différents, un même élan

Car c’est bien cette diversité qui a fait la force de la journée. Jeunes, moins jeunes, habitués et nouveaux venus, habitants de la commune ou des environs : tous ont trouvé leur place, et bien plus encore. On citera Hervé de Druelle chasseur à Moyrazès, Marie-Line et Thierry qui ont eu un coup de cœur pour la commune et s’y sont installés, ou encore Thierry, tout nouvel arrivant qui a acheté une maison au cœur du village. N’oublions pas non plus les jeunes comme ce sympathique couple Jérémy et Céline… Chacun apportant son énergie, son savoir- faire, sa bonne volonté et ses outils.

Des chemins qui serpentent sous les coups de serpe

Dans les chemins, le travail ne manquait pas. Les ronces s’accrochaient, les branches basses barraient le passage, comme d’ultimes signes de résistance à cette armada en marche. Il fallait tailler, dégager, tirer, parfois contourner. Ici, une tronçonneuse ouvrait le passage, là un sécateur s’attaquait aux repousses les plus tenaces. Au fil des coupes et des tailles, les bénévoles voyaient leur motivation grandir à chaque coup de serpette victorieux. Encouragés par cette dynamique , ils voyaient le terrain se libérer peu à peu. Au détour d’un talus, une couleuvre, surprise par toute cette agitation, s’éclipsait subrepticement entre les herbes hautes. Une apparition qui n’a pas non plus manqué de dérouter quelques “ouvriers du jour”. Ainsi , peu à peu les chemins se redessinaient…

Les risques du métier

Ceux qui avaient opté pour les manches courtes s’en souviendront. Ronces et branchages, avant de capituler, ont laissé des marques. Qu’importe : les valeureux ouvriers exhibaient leurs griffures comme des trophées, récompensant leur engagement de terrain !

Malgré les aléas, l’ambiance restait légère. On plaisantait d’un bout à l’autre du chantier, on s’interpellait de talus en talus. Le nettoyage de chemin est, incontestablement, un travail sérieux- mais avec cette subtilité propre aux bénévoles- le faire sans se prendre au sérieux !

Une armada sur tous les fronts

Côté arsenal, la joyeuse armada était venue équipée : taille-haies, sécateurs, tronçonneuses, et même perches tronçonneuses pour intervenir en hauteur. Les troupes au sol avaient déployé une logistique d’arrière-garde : des tracteurs et remorques chargé d’évacuer les déchets végétaux.

A l’heure du déjeuner cette armada de valeureux bénévoles quittait le terrain des hostilités pour retrouver celui, plus paisible, de la convivialité et de la gourmandise.

Après l’effort, le réconfort

Sous un soleil printanier, à l’ombre des grands arbres, des tables avaient été joliment dressées. Dans ce cadre à la fois bucolique et ombragé, les bénévoles allaient savourer le repos du guerrier et le repas bien mérité !

Offert par la municipalité, le menu du jour était simple et généreux : apéritif, quiches, pizzas, apéritif, salade de riz, charcuteries, viandes froides, fromages et tarte.

Nicole, Christine, Françoise et Odile ont assuré la mise en place gourmande et le service avec efficacité et leur plus beau sourire. Elles avaient passé la matinée à l’étage, à la bibliothèque, à trier ranger, réorganiser les rayonnages , avant de se consacrer au repas. Bref, une organisation bien huilée. A leur image.

Le sel et les saveurs des conversations

L’apéritif ouvrait la partition gourmande et chacun gagnait progressivement les tables… Rapidement les discussions partaient dans tous les sens, et c’est bien cela qui faisait le sel du moment. On parlait du village, d’une maison, d’un souvenir, d’un chemin justement… On se découvrait des histoires communes, des passions partagées, des affinités insoupçonnées…Rires et sourires fusaient. Et ce moment s’inscrivait comme une parenthèse un peu hors du temps où l’on mesure combien les échanges simples et naturels sont précieux.

Autour des tables, les histoires, les accents se croisaient et se répondaient. Un peu de Picardie avec Marie- Ange, un soupçon de Normandie avec Vincent et son calvados et une bonne dose de notre parler chantant et chaleureux s’accordaient dans un joyeux concert phonique.

Allez, on y va, et deux heures après…

Le temps s’étirait. On débarrassait, on rangeait, mais personne ne semblait vraiment pressé de partir. Les groupes se reformaient dehors, sous les arbres, ou à l’intérieur, autour du bar du local des chasseurs, à refaire le monde. Les conversations se prolongeaient, les rires aussi. On sentait que des liens s’ étaient créés, que quelque chose s’était joué.

Des remerciements à la pelle, pour les ouvriers forestiers

Les remerciements ont été adressés a table entre la poire et le fromage. Le président de la chasse, Claude Garrigues, a salué l’engagement des élus, des habitants, associations, voisins. « Il y a eu du boulot de fait », se félicitait-il. « Et bien fait! » relançait aussitôt un convive.

Nicole Ferlet, adjointe au maire , s’est elle aussi réjouie de cette dynamique, relevant que l’initiative suscite déjà l’intérêt d’autres communes. Carole, conseillère municipale, également présente sur le terrain, a partagé cette même satisfaction.

Ainsi, la page s’est, doucement, refermée sur cette journée, hors des sentiers battus, à la croisée des chemins et au détour de quelques belles rencontres…