Dans la salle des mariages, mairie de Moyrazès, des unions un peu particulières étaient célébrées ce samedi après-midi. Dans un va-et-vient enjoué, des jardiniers amateurs étaient venus sceller, à leur manière, des alliances végétales. Des dizaines de jeunes pousses en godets, en pots ou de simples brins soigneusement enveloppés passaient de main en main, prêts à trouver de nouvelles terres d’accueil.
Le jardin en partage
Sur les tables, un joyeux bric-à-brac verdoyant : plantes potagères déjà bien enracinées, fleurs en devenir, aromatiques aux parfums affirmés, quelques vivaces au long cours…. aguichaient les regards.



« C’est aussi l’occasion de découvrir et de perpétuer des variétés anciennes« , soulignait Françoise, organisatrice de cette animation sous le couvert de l’association de la Maresque. On troquait, on échangeait, on comparait et parfois on adoptait un peu à l’aveugle sur la foi d’un sourire ou d’une explication. « Tu verras, ça donnera cet été, avec de jolies fleurs jaunes c’est superbe! ». Pour les plus patients, quelques sachets de graines venaient compléter les échanges, de quoi préparer déjà les jardins de demain.

Quand on a du pot …
Marie-Claude, venue de Colombiés avec sa voisine, est arrivée avec quelques plants sous le bras. Mais les tentations étaient nombreuses : chèvrefeuille, pied de mélisse, plants de salade… Sa voisine, insatiable, trouvait toujours une nouvelle plante à ajouter à son cageot. Toutes deux sont reparties les bras bien chargés et la verdure luxuriante débordait jusque sur les sièges arrière de la voiture. Toutes deux étaient enthousiastes à l’idée de mettre rapidement leurs trouvailles en terre.

Récolter conseils et expériences
Des trouvailles certes, mais encore fallait-il leur donner un nom pour savoir comment s’en occuper. Tous les plants n’étaient pas toujours clairement identifiés. Des séances de recherche étaient organisées. Téléphone en main, on consultait, on comparait, on tentait de mettre un nom sur ces boutures prometteuses. Une botanique version 2.0 où Google venait prêter main verte aux jardinières.

Un échange qui déborde du cadre
Christine, elle, était venue à vélo, sans ambition débordante au départ, pensant rester raisonnable sur ses choix. Mais elle s’est vite laissé convaincre par l’adoption de quelques godets et autres découvertes du moment. Heureusement, ses voisines avaient vu plus large. Moins sportives, elles étaient venues en voiture, et une véritable logistique de transport s’est mise en place pour répartir les plants et organiser leur livraison !

Impatients de prendre racine
Dehors, le soleil printanier invitait à autre chose qu’à rester enfermé. Ces petits trésors de potager et d’agrément, tout juste sélectionnés, semblaient déjà attendre avec impatience leur coin de jardin, leur bout de terre et surtout un petit arrosage salvateur. Et cette même envie de passer à l’action gagnait aussi les jardiniers impatients de repartir gratter; biner, creuser, planter…








Le maire de Moyrazès, Michel Artus, en tenue de cycliste et lunettes noires, sans son écharpe d’élu et moins élégant qu’à l’habitude, s’est prêté, tout sourire, au jeu de ces « unions végétales », avant de donner un coup de balai final !

Un troc végétal où chacun a récolté des conseils. Des échanges ont, ainsi, fleuri tout au long de l’après-midi. Une convivialité simple qui a fait germer quelques idées et devrait porter ses fruits…
