A l’approche de la 71e foire au matériel agricole, ce dimanche 3 mai à Baraqueville, le centre bourg déjà animé en temps normal voit l’effervescence monter d’un cran. Des camions ici et là ralentissent la traversée, des nacelles s’élèvent dans le ciel, pendant qu’au sol, les agents municipaux et bénévoles tracent, mesurent, organisent. Les entreprises s’activent, les allées se dessinent, et chacun semble connaître sa partition dans ce ballet bien réglé.

Les forains prennent leurs quartiers
Une effervescence qui monte, discrète d’abord, puis de plus en plus palpable. Et puis, comme un avant-goût de fête, un autre décor vient d’être planté. En contrebas du collège, les forains ont pris leurs quartiers dès ce mercredi matin. Un peu plus tôt que d’habitude, profitant des vacances, ils ont commencé à installer leurs attractions. En tout début d’après-midi, tout n’était pas encore complètement en place… et pourtant.

Baraqueville entre dans le rythme
À 14 heures, les premiers sons se font entendre. Une musique encore timide, puis ces fameux “boum-boum” qui résonnent et attirent immanquablement les jeunes et les enfants. Comme un appel. Comme un signal. Les premiers curieux arrivent, on s’approche, on regarde, on tente. La fête commence déjà, doucement.

Les auto-tamponneuses tournent les premières. Incontournables. Elle deviendront vite le point de rendez-vous des adolescents. On s’y retrouve, on s’y observe, on s’y heurte aussi, volontairement. Entre deux collisions, les rires fusent déjà , et j’ai pu observé les premiers jeux de regards ….




Un petit tour des attractions
Un peu plus loin, le stand de tir ouvrait ses portes, pendant que les plus petits prenaient place sur le manège. Voitures, avions, moto, personnages colorés, le choix de la monture n’est jamais anodin et peut s’avérer stratégique ! Les premières mains se tendent, et le fameux pompon passe, repasse, encore et encore.
Ils font vivre la fête
Derrière chaque attraction, il y a des forains. Et souvent, des histoires de famille et beaucoup sont aveyronnaises.
Attrapez la chance avec Raymond !
Raymond, installé derrière son stand de pinces à peluches. Assis d’un côté ou de l’autre, suivant la course du soleil, cherche l’ombre. Il observe avec calme et bienveillance. Pour lui, la fête est une habitude, presque une seconde nature. Fidèle au rendez-vous, comme tous ici. Il vient pour la cinquième année.

Un Raymond peut en cacher un autre…
Il ne faut d’ailleurs pas aller bien loin pour retrouver les siens. Aux auto-tamponneuses, Florence veille, aux côtés de son mari… Raymond. Le fils de Raymond. Une affaire de famille, jusqu’au prénom. Avec humour, la génération suivante a su éviter la confusion . « J’ai mis Raymond en second prénom pour notre fils » s’amuse-t-elle.

Florence, le plaisir comme moteur
Florence, elle, est l’exception qui confirme la règle, ses parents sont agriculteurs pas forains. Originaire du Lot, elle rencontre Raymond lors d’une fête de village. C’était il y a 20 ans, heureux parents de deux enfants depuis , il sont installés en Tarn-et-Garonne, où ils ont aussi une activité de location de structures gonflables. Elyne avec sa maman, tout sourire depuis son poste de contrôle, a ce petit privilège des tours de manège gratuits. « Voir les gens s’ amuser, les enfants heureux, rencontrer plein de monde » voilà ce qui motive Florence. C’est ce qui donne du sens à ses longues journées. Même leurs tarifs s’adaptent à cette philosophie. Le tour d’auto-tamponneuse est à 3 euros. Un choix assumé : rester accessible; permettre au plus grand nombre de profiter. « Quitte à en faire un peu plus pour que la fête soit partagée » assure Florence.

Philippe et le pompon magique
Un peu plus loin, le manège des tout-petits tourne paisiblement sous l’œil de Philippe, qui s’excuserait presque d’être venu en voisin : « Je suis de Bertholène, c’est pas loin! ». Là, pas de vitesse, mais un rituel immuable. Les enfants guettent, se dressent, tendent le bras… et quand le pompon est enfin attrapé, les visages s’illuminent. Autour, les parents applaudissent avec un enthousiasme parfois débordant. Un peu trop, peut-être. Mais totalement sincère.

Raphaël, au fil des générations…
Du côté de la pêche aux canards, Raphaël supervise les opérations, exceptionnellement éloigné de son habituel stand de tir. Membre de la famille Soulayrol, longue lignée de forains,bien connue en Aveyron, il incarne, fièrement, la cinquième génération. Une histoire qui remonte loin, jusque dans les années de guerre. Dans ses bras, le petit Jayson observe. La relève semble déjà toute trouvée.

Michaël entre plaisir et raison
Un jeune papa, Michael accompagne sa petite fille, concentrée sur sa ligne, bien décidée à attraper, un à un, tous les canards qui passent à sa portée. Ici, on gagne à tous les coups… et elle ne compte pas s’arrêter de sitôt. Lui regarde, amusé, mais lucide. « Il faut savoir freiner un peu, glisse-t-il avec le sourire. La fête ne fait que commencer, et il faudra tenir jusqu’au dimanche. » Entre l’envie de faire plaisir et celle de ménager quelques pièces pour les jours à venir, va falloir veiller aux cordons de la bourse !

Les jetons et leur petit manège…
Juste à côté, un autre jeu capte déjà les regards, presque malgré lui : le Casino Dolby. Derrière sa vitre, les jetons s’accumulent, avancent lentement, poussés par un mouvement régulier. Le cliquetis est discret mais entêtant. On regarde tomber les pièces… ou presque tomber. Car tout est là : dans cet équilibre fragile, ce moment suspendu où tout semble prêt à basculer. Ce sont aussi des forains aveyronnais qui tiennent ce stand…

Athéna, tirer sans se dégonfler !
Juste à côté, Athéna la maman de Jayson et compagne de Raphaël, accueille les premiers tireurs. On vise les ballons avec application, on ajuste, on tente sa chance. Parfois ça touche, parfois non. Et on retente sa chance !
Les saveurs de la fête à venir
Les stands gourmands, eux, se feront encore un peu attendre. Barbe à papa, sucettes , boissons et autres douceurs n’ont pas encore totalement pris leur place. Il faudra patienter encore un peu pour que les odeurs sucrées viennent compléter le tableau. Mais déjà, tout est en train de se mettre en place.
En ce mercredi après-midi, le démarrage restait encore timide : quelques familles, des enfants curieux , des ados impatients. La fête s’installe doucement. Mais tous le savent : le rythme va s’accélérer.
Les forains seront présents jusqu’à dimanche, ouverts chaque jour, et même en soirée si l’affluence est au rendez-vous. Du côté des auto-tamponneuses notamment, on se tient prêt : si les as du volants répondent présents , promis la fête se prolongera jusque tard. D’ici là, chacun prend ses marques. On ajuste, on teste, on attend. Et déjà, derrière cette douceur du mercredi, se dessine la promesse d’un week-end très animé qui connaitra, dimanche, son apogée à Baraqueville.

