Il est des endroits qui vous transporte sans prévenir. À Moyrazès, au détour d’une rue bordée de vieilles pierres et de toits de lauzes, un petit morceau de Provence semble avoir, discrètement, pris racine…
Jeux de couleurs et de soleil
Au pied des vieilles pierres aveyronnaises, solides et rassurantes, témoins silencieux du temps qui passe, un massif de lavande violette danse sous le soleil. Sur le pas de porte d’Anthony Gallego et Aurélie Francés, c’est une Provence rêvée, sensible, presque instinctive, qui s’exprime sans jamais forcer le trait. Rien de spectaculaire. Quelques mètres carrés, à peine…

Entre pierres et lavandes
Devant leur maison, un petit carré de jardin s’ouvre comme une parenthèse. La lavande s’y épanoui, dense, vivante, traversée de violet et de lumière. Au milieu, un petit moulin de pierres… comme un ailleurs, posé là, au cœur du Ségala. Quelques graviers ocres rappellent les terres du Midi. Les portes et volets bleutés de la façade semblent avoir emprunté leur couleur au ciel de Provence.

Le souffle des contes provençaux
Il y a là quelque chose de touchant, une simple évocation de couleurs, de parfums et de lumière, juste assez pour nous faire rêver. Le regard se pose sur le petit moulin et l’imaginaire fait le reste… Le secret de Maître Cornille, affleure, en écho aux récits d’Alphonse Daudet. Nous voilà dans ces paysages où le soleil réchauffe la pierre, où le mistral colporte les histoires, où les souvenirs restent accrochés un peu plus longtemps qu’ailleurs.

La petite musique de l’été
Les papillons effleurent joyeusement les brins de lavande. A défaut de cigales, ce sont les bourdons et les abeilles qui tiennent concert. Ils butinent de fleur en fleur et, de leurs battements d’ailes, nait une douce musique d’été.

Quelques notes suffisent à nous emporter vers d’autres horizons, d’autres histoires, vers ces collines de Provence, chères à Marcel Pagnol.

Une correspondance oubliée…
Entre Moyrazès et Marcel Pagnol il est une histoire que peu connaissent. Un habitant du village, Jean Mazenq, instituteur- dont le souvenir reste profondément lié à l’histoire locale – avait entretenu une correspondance avec l’écrivain et cinéaste provençal. Il lui avait adressé textes et scénario, au début des années 50. Marcel Pagnol lui avait répondu. Certaines de ces lettres sont, d’ailleurs, conservées à la mairie de Moyrazès.

La plume et la mémoire
Il y a, donc, ici, une empreinte de la plume de Pagnol, de ces mots simples qui disent, avec justesse, la palette des sentiments . Ces mots se sont ancrés en notre Ségala. Des mots qui, en silence, habitent encore les tiroirs d’un bureau de la mairie…. Ce jardinet coquet, embaumé de lavande, se fait, sans le savoir, le doux reflet de cette si belle histoire…

Il devient une belle histoir

