Il est des soirs où le football dépasse le cadre du terrain.
Des soirs où l’on ne vient plus, seulement, pour un match, mais pour vivre un grand moment. Un vrai. Samedi soir, au stade René Fabre, Mickaël Chauchard disputait son dernier match. Il mettait un terme à son parcours footballistique. Et comme toutes les grandes histoires, celle-ci ne pouvait pas se terminer autrement que sous les projecteurs… du Ségala.
Une fidélité sans faille au jaune et noir
C’est à sept ans que Mickaël a officiellement taquiné ses premiers ballons sur la pelouse du stade. Il donnait là, sans le savoir, le coup d’envoi à une carrière footballistique hors norme. Il a grandi avec ce ballon, saison après saison des équipes de jeunes au niveau sénior. Les années ont défilé, les entraineurs se sont succédés, les générations aussi, mais lui est resté fidèle au même maillot, fiers de porter haut et loin les couleurs rieupeyrousaines . Et dans les travées du stade, son surnom s’est naturellement imposé « Chauche ». A Rieupeyroux c’est un peu leur « Zizou ». Avec les années, ses qualités se sont affirmées, mais il n’a jamais cédé au mercato local. Et pourtant à 43 ans, toujours solide sur les terrains, il a choisi de mettre un terme à sa carrière.

Mickaël Chauchard, c’est plus de 35 saisons sur les terrains du Ségala et du département. Une longévité qui, dans d’autres sphères, lui aurait sans doute valu une série documentaire, au moins deux autobiographies et une tournée d’adieux mondiale. Ici, il a eu mieux : un stade René Fabre en pleine émotion.
Un dernier frisson sur penalty au stade René Fabre
Les grands joueurs choisissent leur sortie. Les très grands en écrivent le dernier chapitre, eux-mêmes. Ce samedi soir, alors que le score tourne largement à l’avantage du FSRS (12-1), le match est largement plié… L’attention est déjà ailleurs, reléguant ce score mirifique au second plan…Dans la tribune chacun retient son souffle, le regard fixé sur le ballon posé sur le point de penalty.

“Chauche” s’avance. Silence (ou presque). Et but !
Le dernier de sa carrière, comme un élégant point final : une frappe propre, nette et efficace.
Dans la foulée le public se lève comme un seul homme. Les applaudissements nourris résonnent dans les tribunes, les cris de joie se mêlent aux sourires. Le stade René Fabre rend un dernier hommage à son champion, comme il se doit.

L’après match : la grande famille du FSRS
Après le coup de sifflet final, direction le club-house, devenu théâtre des célébrations et des retrouvailles. Supporters, joueurs, joueuses, éducateurs, dirigeants, famille : tous s’étaient donné rendez-vous autour du héros du jour. Un homme discret peu habitué aux honneurs et apprécié de tous.


Jean-Luc Thémines a pris la parole, non sans émotion, et ce à double titre. D’une part en tant qu’oncle de celui qu’il surnomme affectueusement « Mika », d’autre part en tant que président du FSRS. Son intervention s’accompagnait d’un clin d’œil familial à René Thémines, figure historique du club et grand-père de Mickaël. Dans la salle, les regards se croisaient, passant tour à tour du sourire à une émotion plus retenue.


Au premier rang, Marie-Claude et André, les parents de Mickaël, vivaient l’instant avec cette intensité contenue mais très touchante. Une émotion nourrie par les souvenirs et une pointe de fierté bien légitime. A leurs côtés, Nadège et Tessa, épouse et fille du joueur rieupeyrousain laissaient entrevoir, dans un discret sourire, une tendresse faite de complicité et d’une certaine admiration.

Et autour, tout un club, sa seconde famille !
Le beau geste du club
Pour marquer son départ, le FSRS a offert à Mickaël un maillot floqué du numéro 43, ainsi qu’un bon cadeau pour un restaurant étoilé en famille. La soirée s’est poursuivie tard, très tard, comme pour retarder, encore un peu, le moment de tourner une belle page de l’histoire de ce club.

Une légende du FSRS ou… presque !
« Chauche » n’aura sans doute pas de statue, ni de tribune à son nom, encore moins de film à sa gloire. Mais, il aura son quart d’heure de célébrité dans la Gazette de Notre Ségala, où sa légende restera gravée. Et nombre de supporters rieupeyrousains seront fiers de dire : “Moi, j’ai eu cette chance : je l’ai vu jouer !”

