Nuit magique du Valadier à Rodez : rendez-vous samedi 19 septembre pour une soirée « comme à l’époque »

Il était une fois… Le Valadier

À Sauveterre-de-Rouergue, dans l’écrin de la vallée du Lézert, il y eut une discothèque de légende : le Valadier. Je vous parle d’un temps … De la fin des années 70 aux portes des années 2000, ce haut lieu festif fut le refuge ou le repère des danseurs, des timides, des copains, des copines, des audacieux, des amoureux… Des rôles qui pouvaient être interchangeables selon l’heure, l’ambiance et parfois la quantité de breuvage absorbée!

C’était un temple de la musique, du flirt et de la clope qui piquait les yeux, où se sont formés plus de couples que sur les applis de rencontres, où quelques amours éternelles ont vu le jour au détour d’un slow et où des amitiés indéfectibles se sont bâties…

Aujourd’hui, grâce à l’association Le Valadier, présidée par Roger Vermande, figure mythique du lieu, portée par Nicolas Foltzenlogel et une armada de bénévoles, cette mémoire ne sommeille pas seulement dans les albums souvenirs, Une fois par an- lors d’une Soirée Retrouvailles mémorable- elle reprend vie. Ce sera ce samedi salle des fêtes de Rodez à partir de 19 heures. Pour participer à la fête, il faut réserver entrée et (ou) repas.

Roger, le patron qui assurait les nuits

Roger Vermande est la figure incontournable du Valadier. Avant de rejoindre le monde de la nuit, il travaillait dans les assurances. En 1978, il prend la direction du Valadier, puis la gérance. Au fil des années, il agrandit la discothèque et crée même une piscine extérieure, une première dans le secteur. Pour les clients, il était le patron. Pour les membres de l’association aujourd’hui, il reste simplement « Rodge ». Un surnom affectueux qui témoigne de la proximité qu’il a gardé avec ceux qui ont partagé les trente glorieuses du Valadier. Durant cet âge d’or, il a vu défiler des milliers de fêtards venus de l’Aveyron mais aussi du Tarn. L’établissement situé aux confins des deux départements, s’imposait, en effet, comme une sorte d’incontournable poste frontière de la fête et de la joie de vivre et de la musique.

Quand les vedettes faisaient escale

Dans ces murs Roger et ses équipes ont aussi vu passer nombre d’artistes. Des têtes d’affiches du moment : Jean-Pierre François, Gérard Blanc, Jacky Quartz, Spagna, Indra… Sans oublier quelques prestations plus improbables. Comme ce sosie de Johnny Hallyday, arrivé complètement saoul et incapable d’assurer son spectacle. Nicolas Peyrac, lui, avait atterri aux café des Colonnes à Rodez après avoir raté son avion. Quelques peu dépité, il avait demandé s’il n’y avait pas moyen de faire un petit concert dans la soirée. « On n’avait appelé… » s’amuse Roger. Quant à Zouk Machine, l’ancien patron du Valadier se souvient encore de leur passage. Après les balances de l’après-midi, les filles voulaient repartir vers Montauban. Il a fallu les convaincre de rester, avec la crainte bien réelle de ne pas les revoir le soir venu ! Quand le boys-band des G- Squad est venu les filles récupéraient leur mégots dans les cendriers, raconte encore Roger d’un sourire malicieux. Des histoires comme celles-là Roger en a à la pelle.

Les drôles de parfums du bonheur d’antan

Et puis il y avait cette ambiance. Les boules à facettes qui découpaient l’air en paillettes, les néons, les spots, les parfums mêlés aux effluves de gin, Malibu et autres Bailey’s qui s’échappaient des bars, les voix couvertes par le boum-boum des enceintes… On en sortait en sueur, les cheveux parfumés à la Gauloise et à la Marlboro. J’ai connu cette effervescence dans les années 80, âge d’or des discothèques. Alors forcément, en écrivant ces lignes, quelques souvenirs – mes souvenirs – ressurgissent. Mais je ne suis pas la seule, vous êtes nombreux, à y avoir accumulé des souvenirs..

Une nostalgie remise au goût du jour

Cette nostalgie ne doit pas rester lettre morte. Alors l’association s’attache à la faire revivre, à la remettre en scène, à la partager et la transmettre le temps de d’une soirée populaire, festive et intergénérationnelle. Des coulisses à la piste, des bars aux vestiaires, elle rassemblera ceux qui ont fréquenté le Valadier et ceux qui ne l’ont jamais connu.

A l’image de Valentin, 21 ans, ce jeune ruthénois, étudiant en école d’ingénieur est membre de l’association depuis trois ans. Il a naturellement rejoint l’aventure dans les pas de son père Xavier. Les grandes années du Valadier, évidemment, il ne les a pas vécues. Ce qui l’attire et le motive dans cet engagement, c’est justement, « cette découverte d’une autre époque, une autre ambiance, une autre manière de faire la fête. » Voilà, d’ailleurs une des plus belles réussites de l’association : transmettre une mémoire, sans la mettre sous cloche.

Une soirée comme à l’époque…ou presque !

Pour ce faire, ce samedi 19 septembre, à partir de 19 h, la salle des fêtes de Rodez va donc se transformer en Valadier géant. Jusqu’à 1 500 personnes sont attendues pour une soirée qui conduira les fêtards jusqu’à 3 heures du matin.

Pour l’occasion, le dress-code sera rouge et blanc, clin d’œil à la feria, thématique de la soirée. Mais rassurez-vous, si aucune de ces deux couleurs ne sied à votre teint les portes vous seront tout de même grandes ouvertes. A condition, bien-sûr, de ne pas oublier l’accessoire essentiel : votre bonne humeur !

Les maîtres du son : le retour

Ils seront une cinquantaine anciens employés ou clients, membres actifs de l’association pour gérer toute la logistique et les points stratégiques de la soirée. Les anciens DJ reprendront du service derrière les platines. On retrouvera ceux qui ont ambiancé les pistes au fil des décennies: Jean-Noël, Denis, Pierre, Stéphane, El Magnifico, les anciens de l’Héliante, Francis… Comme à la belle époque des goodies, des consommations seront à gagner.

Quand le Valadier tient salon

Tout sera fait pour replonger dans l’époque, comme se plaît à le répéter Nicolas : « Oui ce sera comme à l’époque! Piste de danse, deux bars, jeux tout au long de la soirée et goodies à gagner, écran géant » . A cette liste non exhaustive s’ajouteront visios, photos, affiches dans un décor digne d’un parfait retour dans le passé. Dans les espaces vintage, on retrouvera vieux ordinateurs, bornes d’arcade, consoles, mobylettes et autres objets qui ont marqué ces années-là. Même Scooby-Doo sera de la partie ! Et puis il y aura le photo room: un fauteuil du Valadier, une télévision, le vieux téléphone… Un petit décor désuet où se faire photographier, histoire de repartir avec de nouveaux souvenirs ! Côté repas : Charcuteries, poulet basquaise, riz pilaf et tarte aux pommes. De quoi prendre des forces avant d’investir la piste. Le repas est aussi sur réservation jusqu’au vendredi 18 septembre.

Une sacrée machine derrière les paillettes

L’organisation de cette soirée est impressionnante. Elle se chiffre en mois de préparation, en mètres de câbles,en kilos de matériel à installer, en décors à monter, en autorisations municipales, en tonnes de démarches administratives…Bref, pour quelques heures de fête, c’est une véritable machine qui se met en route pour cette belle parenthèse festive. L’association en fait sa plus belle vitrine même si d’autres rendez-vous plus intimistes permettent aussi, au fil de l’année, de maintenir la flamme, comme la soirée en février avec l’équipe du Saint-Just.

La quête des souvenirs continue

Mais l’association ne veut pas seulement refaire la fête, elle conserve et valorise aussi une collection d’affiches, flyers, enregistrements audio et vidéo, goodies. Elle s’est engagée dans un devoir de mémoire, doublé d’une véritable collecte patrimoniale.

Alors, si vos placards ou vos garages recèlent une cassette, une photo, un tee-shirt… Tous ces petits trésors estampillés Valadier peuvent venir enrichir cette mémoire collective. L’association peut les numériser et vous les rendre, ou les conserver si vous souhaitez en faire don.Car mis bout à bout, ces fragments de petites histoires racontent la grande histoire de cette discothèque de légende.

Liberté, liberté chérie...

Le Valadier a fermé, comme tant d’autres boîtes de nuit, début des années 2000. Une page s’est tournée. Les habitudes ont changé, les règles aussi. Les questions liées à l’alcool, à l’alcool au volant et à la sécurité mais aussi l’arrivée d’internet et des réseaux sociaux ont progressivement bouleversé les jours et surtout les nuits des nouvelles générations.

Pour Nicolas et ceux qui font vivre l’association, cette époque reste celle d’une liberté aujourd’hui disparue. Une liberté avec ses excès, certainement, mais aussi une formidable insouciance, perdue à jamais.

Les refrains d’hier pour les histoires de demain

Alors, le 19 septembre, Aveyronnais et Tarnais vont à nouveau se retrouver. Les anciens reviendront avec leurs souvenirs, les plus jeunes découvriront ce qu’était cette drôle d’époque. Roger croisera quelques-uns de ceux qu’il voyait autrefois franchir les portes du Valadier, le vendredi, le samedi, le dimanche.

Il y a fort à parier que samedi soir au détour d’un slow, devant une mobylette, un jeu d’arcane, nombreux seront ceux qui retrouveront un peu de leur jeunesse. Alors certes une page s’est tournée mais samedi un autre va s’écrire? entre deux générations, au rythme des vieux tubes, des rires et de nouvelles aventures.

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