On imagine Stéphane Bern, plus volontiers entrer dans une cour royale que dans un décor de chantier. Pourtant, c’est bien dans un palais que Stéphane Bern a fait son entrée ce mercredi midi, à Rodez : l’ancien palais épiscopal devenu Palais de l’Aveyron, à l’ombre de la cathédrale. Il est venu découvrir un site en pleine transformation au milieu des grues, gravats, des volutes de poussières et autres échafaudages. Rencontre avec cet ardent défenseur du patrimoine…
Les pierres, des écrins à secrets
Invité par Arnaud Viala, président du Conseil Départemental, Stéphane Bern a été accueilli par des élus ruthénois, parmi lesquels le maire de Rodez, Stéphane Mazars. A leurs côtés, se trouvaient également des historiens locaux, techniciens, responsables du chantier, artisans et ouvriers directement impliqués dans la rénovation et la réhabilitation des lieux.




Une délégation qui a accompagné la visite de chantier, plus confidentielle, dans une aile du palais, où les maçonneries mises à nues ont révélé quelques étonnantes découvertes. Dans les entrailles de ce palais du XVIIe siècle, se cachent ainsi les traces d’une histoire bien plus ancienne, avec, par exemple, des vestiges de thermes.

Au fil de la visite, Stéphane Bern observait, questionnait, écoutait. Visiblement émerveillé, le célèbre journaliste n’hésitait pas à sortir son téléphone pour photographier les détails qui retenaient son attention.

A l’heure des discours, il résumait son enthousiasme : « C’est impressionnant toutes ces strates d’histoire concentrées en ce lieu. J’ai l’impression d’avoir assisté à un cours d’histoire en accéléré », confiait-il.




Un palais resté trop longtemps fermé…
Arnaud Viala a d’abord souligné l’honneur de recevoir Stéphane Bern à Rodez, avant de rappeler : « L’ampleur de ce chantier. Une opération qui loin d’être ordinaire nécessite l’intervention de spécialistes et d’experts » Ici, les murs transpirent l’histoire. Cet ancien palais épiscopal est un lieu profondément marqué par l’histoire religieuse, mais aussi par l’histoire administrative du département puisqu’il a, à une époque, accueilli des préfets. « Ce fut un haut lieu de la vie du département » qui doit devenir selon le président du Conseil Départemental « un lieu phare de l’Aveyron »

Les travaux ont commencé en mars 2025 et doivent se poursuivre jusqu’à la mi-2028. Mais pour le président du Département, il ne s’agit pas seulement de restaurer des murs, quatre objectifs donnent aussi un cap à cette vaste opération.

Le premier est d’ouvrir enfin le lieu au public, notamment ses rez-de-chaussée et ses jardins.
Le deuxième est d’en faire une attractivité départementale forte, en y faisant dialoguer passé, présent et futur . Une réflexion est actuellement menée avec des scénographes.
Le troisième est d’en faire un espace vivant, avec une dimension culturelle et artistique et la possibilité d’accueillir des acteurs déjà présents sur le territoire.
Enfin, certains espaces pourront être privatisés pour accueillir des évènements. L’idée est de faire vivre ce site autrement que par le seul biais d’usages liés aux pouvoirs publics.

Des mécènes, des partenaires, des entreprises
Pour ce faire, le Département s’appuie sur de nombreux partenaires, parmi lesquels la Ville de Rodez, la DRAC, la Fondation du patrimoine, des mécènes privés ou des entreprises. La Fondation du Patrimoine accompagne d’ailleurs aujourd’hui le projet du Palais dans le cadre d’une collecte destinée à sa restauration.



Arnaud Viala a également loué le savoir-faire et les compétences des entreprises à l’œuvre sur le chantier, majoritairement aveyronnaises ou des départements voisins. « Le chantier sera, d’ailleurs ouvert à des jeunes et à des collégiens pour rendre visibles ces métiers liés au bâtiment et au patrimoine » glissait Arnaud Viala. Puis? avec une pointe d’humour, il se tournait vers Stéphane Bern : il ne s’agit pas de « faire la quête » le rassurait-il. « Mais votre présence peut contribuer à donner de la notoriété à ce projet et à ce futur lieu et nous vous en remercions. » concluait-il.
Stéphane Bern, un homme d’action et de terrain
La visite ruthénoise était en réalité la deuxième étape de la journée pour Stéphane Bern en Aveyron.
Le matin, il était à Clairvaux-d’Aveyron, où il a pu voir deux réalisations liées à la Mission Patrimoine : la tour de Clairvaux, sélectionnée en 2022 dont les travaux sont terminés depuis 2024 et l4église du château de Panat, sélectionnée en 2025 et qui doit être restaurée.

Une étape qui avait tout son sens pour Stéphane Bern. Comme il l’expliquait : « Il est important de montrer ce qui est fait avec l’argent collecté ». Cela passe bien-sûr par le constat des travaux une fois réalisé et le suivi de ceux à venir.
Sa venue fut aussi l’occasion d’encourager les maires et propriétaires privés à faire connaître les patrimoines qu’ils cherchent à préserver, « du plus modeste au plus remarquable » notait-il. Un appel du pied à tous ceux qui- selon son expression – « se saignent aux quatre veines » pour entretenir et faire vivre ces trésors locaux.

Après sa parenthèse aveyronnaise entre Clairvaux et Rodez, Stéphane Bern devait poursuivre sa route vers Albi pour participer aux Assises du Patrimoine.
Et l’Aveyron alors ?
A Rodez, les journalistes locaux avaient tous répondu présents et Stéphane Bern s’est gentiment prêté au jeu des micros, photos et vidéos.

L’incontournable pointe de chauvinisme, doublée du plaisir d’accueillir une personnalité en terres ruthénoises induisaient fatalement la question : « Que représente notre département pour vous? »
« Si on me demande de venir en Aveyron, je viens sans hésiter. » répondait-il tout sourire.« C’est Monseigneur Marty, qui fut archevêque de Paris, qui m’a fait connaître ce département. » Puis, Stéphane Bern de se laisser aller à quelques anecdotes et souvenirs plus personnels devant une caméra : « l’Aveyron c’est Conques bien sûr, mais aussi une séance d’accrobranche à La Couvertoirade, où j’ai croisé José Bové et Yann Arthus-Bertrand. » confessait-il d’un air malicieux.



La vraie richesse est humaine
Certes, il côtoie les grands de ce monde, les têtes couronnées et les belles demeures, mais lorsqu’il évoque son parcours, il ne renie pas ses origines « je n’oublie pas d’où je viens ». Voilà qui lui donne toute légitimité à une vraie proximité. « J’aime les gens, les rencontres » martèle-t-il. Il est une de ses émissions qui lui tient particulièrement à cœur « Le Village préféré des français »,justement parce qu’elle lui permet d’aller au plus près des gens, au plus près des villages et de leur histoire.

Dans les jours qui viennent, son actualité sera particulièrement chargée puisqu’il doit commenter plusieurs temps forts de la visite du pape Léon XIV en France. Interrogé sur cet événement, il y voit bien- sûr, un grand moment. Mais, que l’on soit croyant ou non, ce qui compte avant tout reste pour lui la rencontre humaine : « La vraie richesse, elle est avant tout humaine. »
Une phrase qui prend tout son sens lorsqu’on le rencontre…




Mon seul parti, le patrimoine
Stéphane Bern a également rappelé que sa mission autour du patrimoine lui avait été confiée par le gouvernement. Mais lorsqu’il parle de son engagement, il résume les choses avec une formule très claire : « Mon seul parti, c’est le patrimoine. »
Ce patrimoine, qui, pour lui, est aussi une affaire de beauté. « Et la beauté, ça fait du bien », enchérit-il. A cela s’ajoute l’idée de revitaliser, de faire vivre, de transmettre :« C’est une justice sociale ».
À Rodez, Stéphane Bern aura pris le temps de regarder, d’écouter et d’échanger. Aussi à l’aise au milieu des élus que des ouvriers, des techniciens ou des personnes venues à sa rencontre, il aura laissé l’image d’un homme particulièrement accessible et sympathique.
Derrière les murs de cet ancien évêché, gageons que Stéphane Bern aura été touché par ce patrimoine qui n’a pas fini de révéler tous ces secrets et convaincu par ces hommes et ces femmes, bien décidés à faire vivre les lieux, autrement. Gageons que ce sera assez pour faire délier les cordons de quelques bourses…






